Une journée rose mais encore des zones d’ombre

    lundi 19 octobre 2015

    C’est encore le cancer qui, en Polynésie, comme ailleurs tue le plus. Pourtant, dans 70 % des cas, le cancer du sein peut être guéri. Pourtant, la palpation pour détecter une anomalie dans la poitrine et le dépistage par mammographie à partir de 50 ans est loin d’être une évidence automatique pour les Polynésiennes. Seulement 30 % des femmes du fenua qui devraient se faire dépister le font vraiment. “Il y a beaucoup de choses qui freinent. Déjà, en dehors de Tahiti et Raiatea, c’est beaucoup plus compliqué. Il faut qu’elles viennent à l’occasion d’un voyage ou pour une évasan. Ensuite, il y a la peur, celle de révéler un cancer. Nous expliquons à ces femmes qu’elles ont le droit d’avoir peur, mais pas de rester à la maison”, explique Patricia Grand, la présidente de la Ligue contre le cancer, à l’initiative de cette journée de mobilisation qui a eu lieu hier, dans les jardins de Paofai avec l’Association polynésienne d’aides aux personnes atteintes de cancer (Apac) et le ministère de la Santé.
    Présent au lancement, le ministre de la Santé Patrick Howell a promis avoir signé une subvention pour aider l’association de Patricia Grand. Pour autant, cette dernière ne l’a pas forcément épargné au moment de prendre la parole. “La Ligue n’est pas seulement là pour faire joli, mais aussi pour intervenir auprès des pouvoirs publics pour essayer de faire avancer les choses. Je ne règle pas mes comptes, mais j’ai dit au ministre qu’il était incroyable qu’en 2015, en France, ils en sont à leur troisième plan cancer, nous, nous n’avons pas encore démarré le premier.” Hélas difficile pour le ministre de donner de l’espoir sans parler de moyens.
    “Le secteur de la santé nécessite énormément de moyens car nous vivons dans un monde où les populations sont de plus en plus exigeantes. Je peux tout faire si on me donne les moyens financiers. Il s’avère que nous sommes dans une situation à budget contraint avec une crise économique sur le dos”, a-t-il déclaré. Avant de se montrer plus positif : “Nous sommes dans l’obligation d’améliorer le système” , qui réside à privilégier “les missions de nos spécialistes dans les îles, de façon à ce qu’il y ait une couverture de ces îles et que cela coûte beaucoup moins cher”.

    “C’est mieux d’y aller quand c’est petit”

    “Mais il faut bien se dire que lorsque vous améliorez le dépistage, vous augmentez les coûts. Il convient que la collectivité soit également claire pour déterminer jusqu’à quel niveau la santé peut dépenser des budgets. Mais nous montons en puissance.”
    Les messages les plus efficaces viennent de celles qui ont vécu ou vivent ce cancer. Véronique, dépistée il y a deux mois, en est la preuve. “Il faut se faire dépister, c’est très important. Moi, au début, c’était trop petit et je ne voulais pas qu’on me le retire, mais petit à petit, je sentais que ça grossissait. Finalement, j’ai accepté qu’on m’opère. Heureusement, cela ne s’est pas propagé. Mais je le dis aux autres femmes, il ne faut pas être têtue, c’est mieux d’y aller quand c’est petit, ça se soigne vite.”
    Aussi, si l’oncologue du CHPF souligne les progrès à faire en Polynésie
    , un geste tout simple peut déjà améliorer les choses. “Tout simplement, il faut, une fois de temps en temps, faire une palpation du sein, voir si on sent une boule et consulter à ce moment-là. Trop de femmes viennent consulter quand elles ont un cancer trop avancé. C’est le premier message avant même de parler d’organisation sanitaire.”

    F.C.

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