Une légalisation du cannabis rapporterait 1,8 milliard d’euros à l’État

    vendredi 19 décembre 2014

    Sous les plants de chanvre, un sacré pactole. Face à l’ampleur de la consommation de cannabis en France et l’échec de l’arsenal répressif, une étude dévoilée vendredi préconise une légalisation très encadrée, qui renflouerait les caisses de l’État.
    Dans un rapport dévoilé par Le Monde, le groupe de réflexion proche du PS Terra Nova estime qu’une légalisation du cannabis, à prix majoré et dans le cadre d’un monopole public, rapporterait 1,8 milliard d’euros à l’État par an.
    L’équation est simple : les pouvoirs publics fixeraient un prix de vente 40% supérieur à celui pratiqué aujourd’hui dans la rue – estimé à 6 euros le gramme – et se délesteraient des dépenses publiques liées à la répression, estimées à 568 millions d’euros annuels.
    La production, la vente et l’usage sous contrôle de l’État, est la solution privilégiée par rapport à deux autres scénarios, également évalués dans l’étude : la dépénalisation et la légalisation dans un cadre concurrentiel.
    Cela « permettrait de fixer le prix à un niveau plus élevé qu’aujourd’hui », contrairement à la seule dépénalisation ou une vente libre confiée au privé, ce qui garantirait « une relative stabilité du nombre de consommateurs et du volume consommé », estime Terra Nova.
    Dans un premier temps, « pour assécher les filières clandestines », le think tank suggère de légaliser la drogue à un prix de vente proche de celui pratiqué au marché noir, « avant d’augmenter progressivement ce tarif pour réduire la prévalence ».
    En réduisant le niveau des interpellations, la légalisation permettrait de « libérer une part importante des ressources de la police et de la justice » qui pourraient se concentrer sur « d’autres missions de service public », anticipe Terra Nova, qui estime que plus de 13 000 emplois seraient créés pour commercialiser le produit.

    « Tournant idéologique et politique »
     
    « Ce sujet revient de manière cyclique à cause d’attardés de mai 68 qui pensent qu’on peut tout libérer », s’emporte Serge Lebigot, président de l’association Parents contre la drogue. Balayant la question des recettes fiscales espérées et des emplois, il a rappelé « les deux vraies questions : le cannabis est-il une drogue ? Oui. Est-il dangereux ? Oui. Alors, ça ne sert à rien de parler de légalisation ».
    La consommation de cannabis est strictement interdite en France par une loi de 1970, qui prévoit jusqu’à un an de prison et 3 750 euros d’amende, même si dans la pratique, l’emprisonnement pour usage est exceptionnel.
    Le député UMP Eric Ciotti a dénoncé des propositions « totalement irresponsables et scandaleuses ». Si ces préconisations devaient être appliquées par le gouvernement, « cela enverrait un message dévastateur pour la jeunesse de notre pays », ajoute l’élu des Alpes-Maritimes dans un communiqué.
    Dans un communiqué, l’ancienne Garde des Sceaux UMP Rachida Dati dénonce elle le « cynisme » de cette proposition, se disant ouverte à « revoir la législation mais en aucun cas à légaliser ce poison ».
    Le vice-président du FN Florian Philippot s’y est dit aussi « extrêmement défavorable » sur BFMTV, pour des raisons de « morale comme de santé. »
    « Je ne suis pas pour une dépénalisation mais pour une légalisation contrôlée », a déclaré sur la même chaîne le député Noël Mamère (ex-EELV) qui avait appelé par le passé à « sortir de l’hypocrisie », à l’instar du député PS de Paris Daniel Vaillant, auteur d’un rapport sur le sujet en 2011.
    Terra Nova justifie ce changement de politique car « la répression est en échec ». Avec 550 000 fumeurs quotidiens en France, la prévalence du cannabis « reste l’une des plus élevées d’Europe », souligne Terra Nova.
    Depuis Vincent Peillon qui, alors ministre de l’Éducation nationale, s’était fait rappeler à l’ordre en octobre 2012 par Matignon après s’être déclaré favorable à un débat sur la dépénalisation, les socialistes se montrent très silencieux sur ce sujet.
    François Hollande et Manuel Valls, qui avait reconnu en janvier avoir « peut-être fumé une fois » du cannabis, se sont toujours prononcés pour son interdiction.

    AFP

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