Une trentaine d’escales concernées par la réduction du temps de travail

    samedi 22 août 2015

    C’est dans un climat économique contraint que la compagnie domestique Air Tahiti poursuit ses négociations avec les syndicats pour tenter de trouver les solutions qui permettraient à la compagnie aérienne de retrouver un bilan d’exploitation positif, alors qu’aujourd’hui le résultat net d’exploitation laisse apparaître un déficit de 96 millions de francs.
    C’est donc pour tenter d’enrayer les pertes que la direction d’Air Tahiti a lancé depuis plusieurs mois un chantier de négociations avec l’ensemble des syndicats représentatifs au sein de la société pour tenter de trouver un consensus sur des décisions qui pourraient remettre en cause certains acquis sociaux, ou dans le cas de réduction de temps de travail, diminuer sensiblement les revenus de certains salariés d’Air Tahiti, notamment ceux des personnels d’escales dans les îles. 
    Pour en savoir un peu plus sur les discussions, et sur les avancées des négociations, La Dépêche a demandé au directeur général, Manate Vivish, et au président-directeur général, Joël Allain, de s’exprimer sur le sujet.
    Pour Manate Vivish, directeur général d’Air Tahiti, les discussions en cours se déroulent dans un bon climat : “Les négociations se déroulent bien, elles avancent sur des sujets qui sont parfois difficiles mais qui doivent être néanmoins abordés. Il n’y a pas de sujet tabu et tout est mis sur la table.”
    En ce qui concerne les négociations sur les accords collectifs, le directeur général d’Air Tahiti confirme qu’elles ont bien lieu et qu’elles sont nécessaires : 
    “Dans le climat économique actuel, il fallait que nous discutions de tout, et notamment des accords collectifs qui devaient être mis sur la table. L’environnement économique a en effet changé et nous devons nous adapter à son évolution. Air Tahiti a subi de plein fouet la crise et ses effets depuis 2008. Dans un premier temps, nous avons pensé que cette crise ne serait que passagère, mais force est de constater qu’elle perdure et que nous avons l’obligation de nous adapter à cette nouvelle donne économique.”

    Pas de plan  de licenciement en perspective 

    Pour Joël Allain, P-DG d’Air Tahiti, il est incontestable que la situation économique actuelle d’Air Tahiti résulte du manque de passagers locaux. 
    “Ce sont les passagers locaux qui nous manquent le plus et qui nous font défaut aujourd’hui. Ils représentent toujours une part important par rapport aux visiteurs, mais malheureusement ce sont eux dont la part a le plus baissé ces dernières années. L’adaptation des programmes de vols à la baisse du nombre de passagers a été l’une de nos premières réponses à cette baisse de fréquentation depuis 2008.”
    Quant à une éventuelle réduction du personnel, notamment dans les îles, Manate Vivish est catégorique. 
    “Nous avons intégré les conséquences de la baisse de l’activité et à chaque fois qu’on a pu adapter la ressource pour tenir compte de ce facteur, nous l’avons fait par l’intermédiaire de départs à la retraite qui nous ont permis de diminuer sans douleur les ressources humaines. 
    Il se trouve que dans certains cas, le turn-over que nous avons à Tahiti n’existe pas dans les îles, ce qui nous oblige à avoir davantage de discussions avec ce personnel, d’incitations proposées. 
    Nous sommes confrontés à un impératif dans les îles, c’est d’avoir des personnes en poste capables de traiter les vols dans nos standards de qualité et de sécurité, mais nous n’avons pas nécessairement besoin d’avoir ces personnes sur les mêmes temps de travail qu’auparavant. 
    Le débat aujourd’hui concerne donc la réduction du temps de travail sans toucher aux emplois.”

    Une trentaine d’îles concernées

    Pour Joël Allain, la modification des programmes de vols a nécessairement des conséquences sur la fréquence des avions en escale. 
    “Lorsqu’il y a un avion tous les 15 jours dans certaines escales et qu’il faut deux à trois heures pour traiter un avion, on arrive à une durée de travail de six heures par mois. 
    Ce sont vraiment des situations très dures à vivre et cela d’autant plus qu’elles concernent des personnes qui touchent des petites rémunérations et se trouvent en première ligne sur le front de la réduction du temps de travail.”
    Pour le P-DG, la réduction du temps de travail fait suite à des études qui remontent à une année. 
    “Cela fait un an que nous travaillons sur ce dossier, à tous les niveaux de la chaîne de décisions. Nous allons rencontrer prochainement de manière individuelle toutes les personnes concernées par la réduction du temps de travail afin de prendre en compte toutes les conséquences de cette réduction, tant sur le plan humain que financier.”
    Ces réductions du temps de travail devraient être mises en place avant la fin de l’année, selon le P-DG d’Air Tahiti. 
    “Nous envisageons de réduire le temps de travail de manière progressive et humanisée, avec en tout état de cause une mise en route de la compagnie avec un nouveau schéma du plan de travail au début de l’année prochaine.” 

    Pascal Martin

    tari 2015-08-23 08:19:00
    Une baisse des locaux...évidemment les billets sont TROP chers !! rien que pour se rendre dans une seule île à deux c'est un salaire !
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