USA : Jeb Bush, frère de George W. Bush et fils de George H. W. Bush, candidat à la Maison Blanche

    mardi 16 décembre 2014

    Plus d’un an avant le début des primaires présidentielles de 2016, le républicain Jeb Bush a annoncé mardi qu’il se lançait dans la course à la présidence des États-Unis, prenant ses rivaux de court.
    « J’ai décidé d’explorer activement la possibilité d’être candidat à la présidence des États-Unis », a-t-il annoncé dans un message sur Facebook. Le terme « d’exploration » marque traditionnellement la première étape d’une candidature aux primaires, bien que Jeb Bush n’ait pas annoncé la constitution formelle d’un « comité exploratoire » auprès de la commission électorale fédérale.
    Jeb Bush, 61 ans, voyagera à partir de janvier à travers le pays, et commencera à lever les premiers des centaines de millions de dollars dont il aura besoin pour concrétiser son ambition.
    À ce stade très prématuré, les sondages le placent légèrement en tête des primaires républicaines, mais perdant dans un match contre la démocrate Hillary Clinton, qui n’a pas déclaré ses intentions, mais dont tout le monde est convaincu qu’elle le fera.
    Jeb Bush est le frère cadet de l’ancien président George W. Bush (2001-2009) et le fils de George H. W. Bush (1989-1993). Il a été gouverneur de l’État de Floride (sud-est) de 1999 à 2007, notamment lors de la présidentielle de novembre 2000, quand toute la nation était suspendue aux opérations de dépouillement dans son État.
    Depuis des mois, il disait ouvertement réfléchir à se présenter aux primaires, qui commenceront au début de l’année 2016. Il avait dit qu’il se déciderait d’ici la fin de l’année, et son grand-frère George l’encourageait publiquement à le faire.
    Il venait d’annoncer qu’il rendrait prochainement public quelque 250 000 e-mails rédigés du temps où il était gouverneur, « pour que les gens puissent se faire une opinion ».
    Le parti démocrate a immédiatement raillé l’annonce. « Je ne vois pas la différence entre ‘réfléchir à une candidature’, et ‘explorer activement’, je le soupçonne de vouloir garder son nom dans l’actualité », a commenté le directeur de la communication du comité national démocrate, Mo Elleithee.
    Contrairement aux primaires démocrates, où Hillary Clinton est aujourd’hui favorite, le champ est grand ouvert côté républicain.

    Campagne au centre ?
     
    Plus d’une dizaine de candidats sérieux envisagent de se présenter et sillonnent déjà le pays, notamment le gouverneur du New Jersey Chris Christie, celui du Wisconsin Scott Walker, l’ancien gouverneur de l’Arkansas Mike Huckabee, le chirurgien proche du Tea Party Ben Carson, et les sénateurs Rand Paul, Ted Cruz et Marco Rubio.
    Actuellement Jeb Bush mène en moyenne de 4 points dans les sondages républicains, mais perdrait un éventuel match contre Hillary Clinton, en moyenne de 9 points selon les calculs du site RealClearPolitics.
    Sans mandat depuis plus de sept ans, il dirige la Fondation pour l’Excellence Educative, qui milite pour une réforme du système éducatif américain, dont il dénonce le retard et le manque d’ambition.
    Dans ses discours, il se présente comme un républicain pragmatique, avec une vision « positive », notamment sur le thème de l’immigration, où il s’oppose à l’aile dure du parti républicain, hostile aux régularisations de sans-papiers.
    « Oui, ils ont enfreint la loi. Mais ce n’est pas un crime, c’est un acte d’amour », a-t-il dit dans le passé.
    Il a récemment déclaré que pour gagner la Maison Blanche, il faudrait être prêt à perdre les primaires. Une référence aux primaires de 2012, quand Mitt Romney avait engagé un virage excessif à droite pour battre ses nombreux adversaires, alors qu’il était plutôt considéré comme centriste avant de se lancer dans la course présidentielle. 
    Le positionnement vis-à-vis de son père, mais surtout de son frère, prédécesseur de Barack Obama, pourrait placer « Jeb » en position délicate.
    Dernier exemple en date : la tempête politique déclenchée par la publication du rapport du Sénat sur les méthodes d’interrogatoires violentes utilisées par la CIA après les attentats du 11 septembre 2001, sous la présidence de George W. Jeb Bush a opté pour une extrême discrétion sur ce dossier tout comme Hillary Clinton.
    Avec la candidature probable de la démocrate, l’année 2016 aurait pour les électeurs comme un goût d’années 1990, 24 ans après le match entre Bill Clinton et le président George H. W. Bush.

    AFP

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