Va’a – Championnats du monde de vitesse : décryptage d’une grande claque

    mardi 10 mai 2016

    Il n’y aura jamais de mots assez forts pour définir le sentiment qui a envahi la sélection de Tahiti au terme des finales disputées dimanche après-midi sur le lac Kawana de la Sunshine Coast en Australie.
    Rarement dans son histoire Tahiti avait perdu des médailles d’or en Championnat du monde de vitesse en seize éditions, alors en laisser échapper six a été vécu comme un véritable séisme. Le monde du va’a a vécu une révolution et cela n’est pas pour déplaire aux nations qui nous envient depuis tant d’années. La Nouvelle-Zélande est désormais la meilleure nation de rame au monde et Tahiti va devoir vivre avec cela pendant au moins deux ans. Si les responsables de la Fédération tahitienne de va’a avaient prévenu la veille que Tahiti était attendue au tournant, que rien ne lui serait pardonné, ils n’avaient pas pour autant prévu que c’est à la régulière que la rame tahitienne tomberait de son piédestal.

    À qui la faute ?

    Bien évidemment tout au long de la compétition, les déclarations allaient bon train pour tenter de justifier ce qui se passait et le soir au retour à l’hôtel toutes les conversations étaient tournées vers le même sujet. L’heure n’était pas à la rigolade dans les bus, mêmes pour ceux qui avaient tiré leur épingle du jeu comme les juniors hommes ou Patrick Viriamu en handisport et dans une même moindre mesure les open hommes tant ils savaient que le bilan global était mauvais.

    Au regard des résultats obtenus un premier constat s’impose : nos filles juniors ou open n’étaient pas au niveau en
    tout cas pas de celui des Néo-Zélandaises qui leur ont tout raflé et sans contestation possible. Car avant de jeter la pierre sur un tel ou un tel, il est bon de rappeler que la délégation néo-zélandaise forte de 600 athlètes s’est idéalement préparée avec de la salle de musculation depuis six mois. Les Kiwis avaient des ambitions. Ils y ont mis les moyens et en ont été récompensés. Bravo à eux !
    Du côté de Tahiti, les sélectives du mois de février semblent un peu légères en terme de délais de préparation. Tahiti a-t-il fait preuve de suffisance ? Certainement. Car le fameux “coup de rame” qui arrivait jusqu’à présent à faire la différence n’a pas suffi. Mais Tahiti paye aussi ses habitudes culturelles. Dans le pays où les marathons font loi, rares sont les épreuves de vitesse qui permettent de sortir des champions plus habitués à cet exercice.
     
    Si les hommes s’en sortent plutôt bien remportant quatre médailles d’or sur cinq, que dire du bilan féminin qui n’en compte aucune sur cinq ? Le va’a féminin est en difficulté même sur les épreuves marathon où les équipages se comptent le plus souvent sur les doigts d’une seule main. Et enfin, quand on envoie une sélection à l’étranger il serait bien de pouvoir compter sur les meilleurs éléments dont on dispose. La pré-sélection s’est faite avec les rameurs qui ont bien voulu y participer. Cela ne suffit plus non plus. Le sélectionneur doit pouvoir faire son choix parmi les meilleurs de chaque club, quitte à faire grincer des dents ; c’est en tout cas comme cela que ça se passe dans les autres sports.

    Trouver des solutions

    Si Tahiti organisera les premiers championnats du monde de marathon en 2017, elle aura aussi la responsabilité d’organiser l’année suivante ceux de vitesse. Il y a donc urgence à mettre une politique fédérale en place afin de se préparer dès maintenant à cette échéance ; à commencer par un calendrier intégrant des épreuves de vitesse. Sortir une sélection plus précocement, la faire travailler sur la technique mais aussi sur le physique comme ont su le faire les Néo-Zélandais est primordial.  Compter sur les meilleurs de Tahiti et leur redonner l’amour de la sélection que certains ont avoué ne pas avoir, préférant se battre pour leur club. Enfin, trouver des jeunes pousses chez les féminines doit être la priorité absolue. C’est au prix de ces efforts que Tahiti pourra à nouveau se retrouver sur le toit du monde.

    Luc Ollivier

    Lire aussi les réactions dans La Dépêche de Tahiti

    OTIA 2016-05-11 07:34:00
    ils n'ont pas assez prié….
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        Allez-vous voir Vaiana ?

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