Va‘a – Championnats du monde de vitesse : Tahiti veut conserver son hégémonie

    mercredi 4 mai 2016

    La sélection tahitienne ainsi que des clubs s’envolent, ce matin, pour la Sunshine Coast en Australie afin de participer aux Championnats du monde de vitesse de va’a.  Les samedi 7 et dimanche 8 mai seront consacrés aux épreuves internationales V6 et V12 où Tahiti compte bien faire le plein de médailles d’or.  Les Championnats
    de clubs prendront le relais du lundi 9 au samedi 14 mai. Là encore, une razzia de médailles est attendue.

    Après Rio en 2014, où la délégation tahitienne avait brillé une fois encore en trustant les médailles d’or, c’est au tour
    de l’Australie d’accueillir ces 17es Championnats du monde de vitesse. Le lac Kawana, près de la ville de Maroochy sur la Sunshine Coast, a été retenu comme le site où pus de 3 000 athlètes, venus d’une trentaine de pays, s’affronteront en V1, V6 et V12 dans deux compétitions distinctes : les championnats élites entre nations et les championnats de clubs. Les deux premières journées de compétition seront réservées aux courses élites V6 et V12, les autres journées aux courses des clubs, mais aussi aux élites V1.

    Passer du lagon à un plan d’eau douce ne pose pas de problèmes aux rameurs tahitiens qui ont déjà prouvé leur capacité d’adaptation. Celle-ci sera d’ailleurs mise à rude épreuve car ils n’auront qu’une journée pour prendre leurs repères. En effet, entre les deux vols, via la Nouvelle-Zélande, les heures d’attente dans les aéroports et les deux heures de bus pour rejoindre le Maroochy Waterfront Camp où ils seront logés, les rameurs et rameuses n’arriveront que tard dans la nuit du 5 mai (jour de Tahiti), si bien qu’ils n’auront que la journée du 6 pour s’entraîner.

    Heureusement, les embarcations retenues en V1 et V6 ne leur sont pas étrangères, ce qui facilitera le travail des entraîneurs. Le lendemain sera consacré aux premières épreuves élites, soient les confrontations entre nations. La formule retenue est identique à celle des derniers Jeux du Pacifique à savoir un va’a par pays. La sélection a été rude sur le fenua pour ne pas revivre le traumatisme des Jeux de Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’année dernière, où deux médailles d’or avaient échappé à délégation tahitienne. C’est donc à la force des bras que chacun et chacune a gagné son billet pour l’Australie, le chrono faisant office de juge suprême.

    C’est donc une sélection très compétitive de 70 rameurs qui défendra les couleurs tahitiennes avec un seul mot d’ordre : “ramener de l’or” comme l’a déclaré Rodolphe Apuarii, le président de la Fédération tahitienne de va’a. En tout cas, autant qu’il sera possible de le faire sur les 47 courses programmées –17 en handisport où seul Patrick Viriamu sera présent pour Tahiti. Au total 22 médailles d’or hors handisport sont à glaner.

    Concurrence massive pour les clubs

    La concurrence sera rude pour les Tahitiens que tout le monde donne comme favori. Un statut assumé mais que tempère Rodolphe Apuarii : “Il faut se méfier de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande qui seront présents en masse avec environ 600 athlètes chacune. Si les Calédoniens seront moins nombreux, ils seront aussi dangereux car ce sont des nations qui bénéficient de l’aide de Tahitiens qui vivent sur place quand ils ne sont pas payés pour venir entraîner. On a pu voir dans le coup de rame de ces athlètes qu’ils ne sont plus loin de nos rameurs. On n’est pas à l’abri d’une déconvenue.”

    Si l’on attend beaucoup de la sélection tahitienne, vitrine du sport roi, on n’en attend pas moins des compétitions entre clubs. Ces championnats, auxquels plusieurs clubs tahitiens comme Ruahatu, Pirae ou Punaauia Va’a ont décidé de participer malgré les coûts, seront particulièrement relevés en raison de la forte présence étrangère. Les équipages tahitiens, renforcés par les sélectionnés qui en auront fini avec leurs compétitions, n’auront pas le droit à l’erreur pour rivaliser car ils seront bien souvent seuls dans leur couloir, alors que les locaux pourraient, et devraient, y être plus nombreux.

    Les sélectionnés tahitiens en V1 seront donc souvent mis à contribution pour renforcer leur club ou un autre, la répartition des rameurs ayant d’ailleurs déjà été actée. Les clubs participants à ces championnats ont beaucoup travaillé avec la fédération durant les sélectives pour monter leur projet. Ainsi, les compétiteurs qui étaient pris dans un club pour ramer en sélection permettaient d’alléger le budget du club.

    Après le retour, le 12 mai, d’une partie de la délégation élite sur Tahiti, le staff de la fédération restera sur place pour apporter tout son soutien aux clubs, avec notamment la présence du médecin, mais aussi afin d’intervenir en cas de problèmes avec la fédération internationale. Si deux entités vont participer à ces championnats, c’est bien un seul et même pays, uni derrière son sport, qui sera présent en Australie.

    Luc Ollivier

    Une fédération généreuse

    Ayant bénéficié d’une enveloppe de 11 millions de Fcfp de la part du gouvernement pour ces championnats, la fédération a dû s’employer pour boucler un budget de 30 millions de Fcfp. Fonds propres, vente de tee-shirts, de plats, partenaires et participation de chaque athlète et dirigeant ont permis de faire en sorte que toutes les inscriptions des élites et des clubs ont été prises en charge par la fédération pour un montant d’environ 1,9 million de Fcfp.

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