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Va’a – Le “King” Lewis Laughlin songe à un retour en compétition

jeudi 25 janvier 2018

LEWIS LAUGHLIN

Le peperu de Ra’i a également remporté le Te Aito a de nombreuses reprises dans les années 1990. (© archives LDT)


Surnommé le “King” avec ses dizaines de victoires aussi bien en individuel qu’en équipe, Lewis Laughlin pourrait bientôt reprendre la compétition. Le rameur de Faa’a puis de Ra’i se remet en effet progressivement d’un syndrome qui lui a causé des douleurs pénalisantes à l’épaule gauche. Après bientôt trois années de convalescence, le plus titré de l’histoire du va’a mondial recommence à ramer aussi bien en va’a qu’en kayak.

Si le nom de Laughlin est connu dans le monde de la chanson polynésienne, il l’est aussi dans celui du va’a puisque deux des fils de John Gabilou y ont excellé. Milton d’une part, qui officie toujours en tant que coach pour les jeunes au Fare Va’a de Vaitupa à Faa’a.

L’autre est une véritable légende vivante : autrefois surnommée le “King”, Lewis Laughlin a en effet remporté onze fois le Te Aito Tane ainsi qu’une dizaine de Super Aito.

Vainqueur de nombreuses courses de renoms telles que la Molokai sous les couleurs de Faa’a, ou la Hawaiki Nui sous celles de Ra’i, Lewis Laughlin avait ensuite bifurqué vers le kayak en remportant le titre de champion de Polynésie en 2007.

Son objectif était à l’époque de viser une carrière internationale étant donné que le va’a n’était encore à l’époque que peu développé à travers le monde.

Nommé ambassadeur polynésien du Défi pour la Terre en 2009, le champion a ensuite quasiment disparu de la scène médiatique durant plusieurs années. Cela en raison de ses choix personnels d’une part, et d’un problème de santé d’autre part, qui l’a privé de la possibilité de ramer.

Lewis Laughlin ne s’est pas pour autant détourné de l’actualité du va’a qui a été particulièrement riche l’an passé avec les championnats du monde de va’a précédés du Te Aito. C’est justement en remportant cette édition 2017 que Kevin Céran-Jérusalémy a égalé le record du nombre de victoires d’affilé que le King avait précédemment établi. Et cela à deux reprises, de 1991 à 1994, puis de 2001 à  2004.

 

“Records faits pour être battus”

 

“Les records sont faits pour être battus parce qu’on est censé évoluer dans le temps, de même que les techniques avec les modernisations et tout ça”, précise Lewis Laughlin.

Ce dernier indique également avoir été très agréablement surpris par la dernière édition de la Hawaiki Nui où les petits clubs n’ont pas tous été écrasés par les mastodontes des années précédentes.

“L’image de Hawaiki Nui, l’an dernier pour moi, je l’ai aimé, franchement. Cela redonne de l’espoir ! Sinon cela se partage entre trois clubs (Shell, EDT, OPT, ndlr) chaque année, et c’est fiu”, commente l’ancien peperu de Ra’i.

“Sur cette édition 2017, on avait Paddling Connection, la CPS, Team Tupuai, donc des clubs qui font vraiment des efforts conséquents. Cela fait trop longtemps que l’on voit les grosses entreprises dominer. Quand on va aux courses de pirogues, c’est toujours les mêmes qui sont en tête. Il y a une sacrée marge avec les petits clubs. Honnêtement, les petits clubs ont du mérite et je leur tire mon chapeau… Au lieu de s’intéresser toujours aux mêmes avec la même chose : l’argent, l’argent…”.

 

Syndrome de Parsonage et Turner

 

Frappé il y a quelques années par le syndrome de Parsonage et Turner, ou névralgie amyotrophiante de l’épaule, qui cause des douleurs violentes. 

D’apparition brutale et paralysant tous les muscles du membre supérieur gauche, elles lui ont interdit la rame. Mais temporairement seulement puisque le l’ancien champion de va’a et de kayak se remet progressivement à l’eau ces derniers mois dans le lagon de Faa’a.

Son retour en compétition sera-t-il prochainement à l’ordre du jour ? Sans doute pas cette année où il observera les prochains Mondiaux de vitesse depuis la plage, les tribunes ou à la télévision. Mais l’an prochain peut-être, le King pourrait s’aligner sur une ou plusieurs courses, sans pour autant envisager un retour dans l’élite.

“J’observe que les rameurs qui intègrent les grands clubs comme Kévin et les autres ont beaucoup plus d’avantages que certains autres qui sont bons, mais qui n’ont pas toute cette structure et ce soutien. Ils se doivent d’être au taquet parce qu’ils travaillent pour une compagnie ou un sponsor et il y a beaucoup d’enjeu pour eux, on attend beaucoup d’eux et ils doivent être bien entretenus, contrairement à ceux qui sont dans les petits clubs et qui n’ont pas tout cela. Les choses ont beaucoup changé, et ce que j’observe aujourd’hui, ce n’est pas nécessairement ça le va’a pour moi”, conclut Lewis Laughlin.

Ce dernier se contente pour le moment de “ramer un peu mais pour ma santé et mon plaisir personnel, mais sans pression, tout seul le matin ou l’après-midi”. Si vous ramez entre Punaauia et Papeete, il n’est pas exclu que vous rencontriez celui qui a régné sur le va’a pendant plus de deux décennies à la fin du dernier millénaire et au début de celui-ci.

En attendant un éventuel et souhaitable retour du plus grand champion de tous les temps. 

Jean-Marc Monnier

 

Lewis laughlin vaa

 

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