Va’a Spirit : l’esprit de la rame géolocalisée

    mercredi 9 août 2017

    matairii maire

    Regrouper des prestataires de service, faciliter la logistique et offrir des prestations “harmonisées” sont les clés de voûte du projet Va’a Spirit, proposé par Matairii Maire. (© Claire Allavena)


    Pour la seconde édition du concours pour l’innovation numérique de la direction générale de l’économie numérique (DGEN), seize idées ont retenu l’attention du jury. Le 18 août, les noms des gagnants seront dévoilés. En attendant, La Dépêche de Tahiti présente chacun de ces projets. Voici celui de Matairii Maire, une plateforme interactive qui met le va’a à l’honneur.

    “On est le pays du va’a et c’est cela que je veux développer”. Le ton est donné par Matairii Maire, amoureux de va’a et fervent défenseur de la culture polynésienne.

    Le projet qu’il présente pour la seconde édition du concours pour l’innovation numérique organisé par la direction générale de l’économie numérique (DGEN) est une sorte de Airbnb (location et réservation de logements de particulier à particulier) pour va’a.

    Comprenez une plateforme pour optimiser la gestion des pirogues et mettre en relation équipements et passionnés. Son projet, Va’a Spirit, est l’un des seize à être encore en lice pour le concours qui met à l’honneur l’innovation numérique, mais aussi la création de richesses et d’emplois pour le fenua.

    “Si je gagne ce concours, mon idée est de créer à terme une plateforme qui fonctionnera sur le principe des expériences Airbnb. On se géolocalise et on choisit ce que l’on souhaite faire : de l’initiation au va’a, de l’excursion loisir, de l’entraînement intensif, du stage local, du stage international et, pourquoi pas, du coaching en ligne”, énumère Matairii Maire.

    Un vaste programme que cet ingénieur de formation, passionné de va’a, souhaite construire par étapes. Loin de se vanter d’avoir eu l’idée du siècle, certains proposent déjà la location de va’a, il préfère rester dans l’initiative. “L’idée moteur, c’est de partager nos connaissances. Il faut asseoir la Polynésie comme le pays référent du va’a. Si on ne le fait pas rapidement, un jour des Allemands vont nous apprendre à ramer”, exagère-t-il en riant.

    Regrouper des prestataires de service, faciliter la logistique et offrir des prestations “harmonisées” sont les clés de voûte de ce projet.

    “Le film Vaiana a propulsé la pirogue. Les gens sont prêts à dépenser de l’argent pour vivre une expérience va’a, que ce soit pour prendre des photos, ramer, ou juste écouter des histoires sur la rame… Il faut profiter de cette aubaine”, liste-t-il avec enthousiasme. Mais difficile d’avoir un panel exhaustif des prestations au fenua, comme le soulève la stratégie de développement touristique de Polynésie française.

     

    Assurer une constance dans la pratique

     

    Vice-président de I-Mua nui va’a, un club de Moorea et consultant dans la création d’entreprises et de projets, Matairii Maire observe longuement ce monde du va’a aussi ludique et compétitif que culturel et international.

    “Je ne voulais pas faire qu’une prestation touristique. Pour moi, c’est un échange, c’est un partage… et je suis pour l’évolution du va’a, pour son ouverture aux autres”, précise-t-il

    Une ouverture qui découle aussi de la création d’événements. “Aujourd’hui, on a des difficultés à être dans la réalisation de projets dans le monde du va’a”, déplore-t-il.

    Courses, réparations, entraînements, équipements sont souvent négligés, faute de moyen.“J’ai été à Paris visiter le club de mon petit frère, qui a des vestiaires, un hangar… Et là, je me suis dit qu’on a un problème dans notre pays. Ces équipements, ce n’est pas du luxe. Ce sont juste des conditions décentes pour pratiquer notre sport sereinement. Et passionnés de rames et curieux pourraient alors se rencontrer”,  explique-t-il.

    Un constat qui pourrait être amoindri grâce à quelques ajustements, selon Matairii Maire. “La vie des clubs est très variable dans le temps pour plein de raisons, mais le financier aide à structurer un club. Ainsi, via des expériences  va’a, les clubs pourraient jouir de retombées financières plus stables, plus élevées et plus sexy que l’éternelle vente de poulets-frites”. Peut-être le gage d’une longévité de la culture de la rame.

    En attendant, rendez-vous le 18 août pour savoir si Va’a Spirit  a le vent en poupe. Dix récompenses sont en jeu qui vont de 3 500 000 F pour le 1er prix à  600 000 F.

    Claire Allavena

     

    Matairii Maire 1

        Edition abonnés
        Le vote

        Selon vous, que faudrait-il faire pour améliorer les transports en commun ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete