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Va’a – Un Tahitien vise le titre national

mercredi 23 août 2017

manuarii manutahi

Manuarii Manutahi, 27 ans, vit depuis dix ans à Vannes. (© Photos Ouest France)


Manuarii Manutahi, 27 ans, participe aux championnats de France d’ocean racing, en V1, du 23 au 26 août à Cherbourg. Il avait terminé deuxième l’an dernier et rêve de remporter le titre cette année dans les eaux de la Manche. Ce Tahitien de Vannes nous raconte ses entraînements dans le golfe du Morbihan et sa recherche de sponsors.

Manuarii Manutahi, un Tahitien de 27 ans habitant Vannes, participe aux championnats de France d’ocean racing (canoë, kayak, pirogue), à partir d’aujourd’hui à Cherbourg (23-26 août). Douzième en 2015, deuxième en 2016, il rêve d’un titre de champion de France en V1 cette année, et d’un soutien financier pour participer au Te Aito à Tahiti en juin 2018.

Dix ans qu’il vit en Bretagne, avec le va’a comme lien avec sa terre natale, lui qui ramait autrefois pour Jeunesse Afarerii à Papara : “Mes proches me soutiennent énormément, même si mon sport me demande beaucoup de temps, ils savent que pour moi le va’a est une passion et me rapproche de mon fenua, de ma culture.”

Aujourd’hui, il est licencié au club de canoë-kayak de Vannes : “Nous sommes deux en V1, les autres font du canoë ou du kayak. Je rame aussi en V6 occasionnellement quand des clubs ont besoin d’un barreur.”

Manuarii Manutahi s’entraîne deux heures par jour dans le golfe du Morbihan où “il pleut beaucoup comme à Papara”, selon lui. “Mes entrainements se passent très bien, par contre en hiver c’est plus difficile : la nuit tombe vite et la température peut atteindre -5 degrés.”

Il gère sa préparation seul : “J’arrive à m’auto-discipliner mais je vous avoue que ce n’est pas facile. Je n’ai pas de coach pour l’entraînement, j’utilise juste mon expérience et parfois je demande des conseils à des copains de Papara.”

 

Dans le plus fort courant d’Europe

 

L’autre difficulté pour ce Tahitien de Vannes, c’est de sortir du golfe du Morbihan où il s’entraîne le plus souvent, pour faire de longues distances. “Si tu as envie de faire plus de kilomètres, tu es obligé de passer dans le courant de la Jument pour sortir du golfe. C’est vraiment dur.”

Dur, et surtout dangereux : le courant de la Jument est le plus fort d’Europe, il peut aller jusqu’à neuf nœuds ! “Ne vous inquiétez pas, mes sorties sont calculées. Le week-end pendant mes entrainements, je sors toujours à marée montante. Si j’ai un problème dans le courant, elle me renvoie à la case départ. Et il y a toujours des bateaux qui pêchent ou qui se promènent dans les parages. Je sors régulièrement du golfe, peu importe les conditions météo qu’il y ait la tempête ou de forts coefficients.”

 

Objectif Te Aito à Tahiti en 2018

 

Voilà des conditions bien différentes des houles de Polynésie, mais elles forgent un athlète. Manuarii Manutahi possède un palmarès imposant dans l’hexagone. Il a remporté le “Merathon Locmariaquer-Auray” (Morbihan) quatre fois entre 2013 et 2016, et le Te Aito de Combrit-Sainte-Marine (Finistère) en 2016 et 2017.

L’an dernier, il a terminé deuxième aux championnats de France de Cherbourg. Et depuis deux ans, il brille lors des épreuves sélectives pour les championnats de France : premier à Crozon et Cherbourg en 2015, deuxième à Plougescant en 2016, quatrième à Toulon et vainqueur dans le Pays basque en 2017. “Je serai de la partie au Te Aito de Toulon les 23 et 24 septembre, et au moins sur un sélectif national pour participer aux championnats de France l’an prochain”, promet-il déjà.

Mais son rêve absolu serait de revenir pour la course reine en V1 à Tahiti en 2018 : “J’ai fait le Te Aito de Tahiti en 2007 en junior, puis en 2009 et 2016 en senior. Si je réussis à venir en juin prochain, mon objectif serait d’arriver à rentrer dans le top 100. Je sais que le niveau monte d’année en année à Tahiti et que ça sera une course très difficile, mais je me dis toujours que lorsqu’on s’en donne les moyens on peut tout faire.”

Pour revenir au fenua, il a besoin d’un soutien financier. Le journal Ouest France avait annoncé le 7 août sa recherche des sponsors : “Depuis la parution de l’article de Ouest France je n’ai pas eu de nouvelles, c’est plus difficile d’avoir des partenaires ou sponsors dans le monde du va’a en France. Alors ce message s’adresse également aux sponsors de Tahiti.” 

 

Benoît Buquet

 

 

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