Vahine, une journée pour oser

    mardi 7 mars 2017

    conseil des femmes

    Le Conseil des femmes organise la Journée internationale des droits des femmes, demain, à l’assemblée de la Polynésie française. (© Jennifer Rofes)


    Le Conseil des femmes organise une journée dédiée aux vahine, demain, à l’assemblée de la Polynésie française. Le thème “Soyons audacieuses : osons le changement »  sera décliné sur plusieurs stands allant des droits à la santé en passant par l’identité culturelle. Plusieurs animations et démonstrations sont prévues.

    Le Conseil des femmes, fédération regroupant les associations féminines polynésiennes, organise un événement, demain, à l’assemblée de la Polynésie française, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

    Le thème choisi cette année est “Soyons audacieuses : osons le changement”. À travers ce choix, le Conseil des femmes a voulu mettre en avant les associations, qui n’hésitent pas à se battre au quotidien pour apporter leur savoir-faire et leur savoir-être à la société polynésienne, et en particulier aux vahine.

    C’est pourquoi le thème choisi se décline sous plusieurs angles, avec notamment un stand “Osons nous défendre et défendre l’autre”, dans lequel il sera question du droit des femmes et de leurs moyens d’actions.

    Parmi les intervenants, on retrouvera le centre d’informations des droits des femmes et des familles, mais aussi le club TFK Self-defense et le centre d’urgence Pu o te hau, qui accueille les femmes battues et leurs enfants. Mareva Lechat tiendra une mini-conférence sur l’évolution des droits des femmes dans notre société.

    Il y a aura également un stand “Osons écrire”, qui mettra en avant le travail des auteures polynésiennes et offrira un espace d’échanges avec ces écrivaines.

     

    Toutes les facettes de la femme

     

    Au stand “Osons la santé”, il sera question entre autres des bienfaits de l’allaitement avec une conseillère en lactation mais aussi d’endométriose, une maladie commune mais mal connue qui touche une femme sur dix.

    Au stand “Osons la beauté, le bien-être et le bonheur”, il sera possible de s’initier au tai-chi intégral ou encore de découvrir les bienfaits des huiles essentielles.

    L’association Tamarii no Bora Bora, qui mène une action sociale de prévention et d’accompagnement, sera également l’un des interlocuteurs de cet atelier. Cette association a été créée il y a 20 ans suite à la dénonciation de réseaux pédophiles à Bora Bora.

    Un autre stand, “Osons affirmer notre identité culturelle”, proposera de mettre en avant le Fare vana’a, les femmes protestantes, l’association des femmes océaniennes, ainsi que l’association Te taure’a no ananahi, qui mène des actions culturelles et artistiques au profit de la jeunesse de Faa’a.

    Un dernier stand nommé “Osons entreprendre” sera animé par la Tahiti International School, qui propose à nos chères têtes blondes, un autre mode d’éducation, une autre façon d’appréhender la scolarité. 

    Cette journée a pour objectif de faire le point sur les progrès accomplis et sur ce qu’il reste à faire pour que les femmes bénéficient des mêmes droits que les hommes.

    Elle a aussi pour but de mettre en lumière l’évolution de la condition féminine au sein de la société polynésienne et de mettre en avant les champs où il faut encore agir.

    Car, comme le souligne la vice-présidente du Conseil des femmes, Mikaëla Folituu, le travail est encore long.

    “Trop de femmes-enfants se retrouvent enceintes alors même qu’elles n’ont pas atteint l’adolescence. À 11 ans, on ne peut pas devenir mère car on n’est pas sortie de l’enfance. Il y a encore dans notre société trop de tabu et de non-dits sur le viol car oui, à 11 ans, on n’a pas de rapports consentis. À 11 ans, on est encore une enfant et je voudrais que les politiques, en particulier nos élues féminines, se saisissent de ce problème, aillent sur le terrain et mettent un plan d’action pour sauver ces enfants d’aujourd’hui et ces femmes de demain”, a-t-elle martelé.

     

    Oser dénoncer des faits de violence

     

    Selon Mikaëla Folituu, qui se rend dans les quartiers régulièrement, la justice impressionne, elle fait peur et nombre de victimes n’osent pas porter plainte ou dénoncer les faits de violences dont elles sont témoins à cause de l’image qu’elles se font du monde judiciaire.

    C’est pourquoi elle suggère de mener des campagnes d’informations sur le terrain avec des élus, des politiques et des spécialistes du droit pour qu’enfin la parole se délie.

    Le Conseil des femmes envisage également la création d’une maison d’éducation pour jeunes parents.

    “Ce n’est pas une idée nouvelle, mais elle a aujourd’hui encore plus de sens qu’hier”, assure Aline Flore, la trésorière du Conseil des femmes.
    Pour toutes celles qui voudraient donc “oser”, la journée de demain leur est consacrée. De nombreuses animations sont prévues. Chants, danses et démonstrations de self-defense, de boxe féminine et de tai-chi intégral seront par exemple à découvrir jusqu’à 16 heures. 

    Jennifer Rofes

     

     

    Capture d’écran 2017-03-07 à 09.27.18

    Cliquez sur l’image pour l’agrandir

    Capture d’écran 2017-03-07 à 09.27.26

    Cliquez sur l’image pour l’agrandir

     

     

     

      Edition abonnés
      Le vote

      Seriez-vous prêt à accepter de travailler avec une patente si un employeur vous indiquait qu'il ne peut pas vous salarier ?

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete