Vahine Orama Tahiti Iti croule sous les appels à l’aide

    jeudi 10 août 2017

    Marie-Noëlle Epetahui

    “Aux heures impossibles, le numéro clé, maintenant, c’est le mien”, précise Marie-Noëlle Epetahui. Son téléphone ne manquera effectivement pas de sonner à plusieurs reprises pendant l’entretien. (© Anne-Charlotte Bouleau)

    Impliquée depuis plus de dix ans dans la lutte contre les violences conjugales, Marie-Noëlle Epetahui, présidente de l’association Vahine Orama Tahiti Iti, fait partie de ces gens qu’on ne présente plus.

    À mi-parcours de l’année, le 8 mars (Journée internationale des droits des femmes) et le 25 novembre (Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes) semblent bien loin… Tandis que le projet de réseau de relais n’est plus d’actualité, sollicitée quasi quotidiennement, Marie-Noëlle Epetahui peine à faire face, entre interventions sur le terrain et accueil à son propre domicile.

    “Rien ne change. Il y a beaucoup de personnes qui ont besoin d’aide et d’écoute, et j’ai l’impression de me battre toute seule. Les services publics sont là, mais ils ne sont pas ouverts 24 heures/24. Aux heures impossibles, le numéro clé, maintenant, c’est le mien. Tout ce que je demande, c’est que le gouvernement ouvre les yeux. Je suis là, mais je suis débordée et je n’ai que très peu d’aide”, confie-t-elle.

    Son téléphone ne manquera pas de sonner à plusieurs reprises durant l’entretien avec La Dépêche de Tahiti et Marie-Noëlle Epetahui prendra le temps de répondre, avec le franc-parler qui la caractérise.

    La veille, elle n’avait d’ailleurs pas pu trouver le sommeil avant trois heures du matin. “J’ai reçu l’appel au secours d’un foyer de Taravao. C’était une situation violente entre une femme et son mari. Ils avaient bu tous les deux. J’ai appelé la police municipale, qui est intervenue, mais la dame m’a rappelée. J’ai même été contactée par ses enfants, qui étaient désespérés”, raconte-t-elle.

    Marie-Noëlle Epetahui s’est rendue sur place pour apaiser la situation. De janvier à juin, elle a assuré 114 prises en charge comme celle-ci. “Et il y en a eu d’autres depuis”, souligne-t-elle. À ce rythme, les 154 interventions de l’an dernier seront bientôt dépassées.

    “J’ai besoin d’aide : je suis à bout de souffle ! Avec toutes les personnes en détresse, je ne comprends pas pourquoi rien n’est fait pour les accueillir à la Presqu’île. Je continue de le faire chez moi. Ce dont j’ai besoin d’urgence, c’est d’une aide financière, pour subvenir aux besoins des personnes que j’héberge. Ça peut aussi être des dons alimentaires, vestimentaires ou autres”, lance Marie-Noëlle Epetahui.

    Élevée au rang de chevalier dans l’ordre de Tahiti Nui en juin 2016, la présidente de Vahine Orama Tahiti Iti ironise. “Une médaille, c’est bien, mais ça ne se mange pas.” 

     

    A.-C.B.

     

    vahine orama iti

     

    violence intervention vahine orama

    De janvier à juin, elle a assuré 114 prises en charge. À ce rythme, les 154 interventions de l’an dernier seront bientôt dépassées. (© Anne-Charlotte Bouleau)

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