Vallée de Tefaarahi – Une semaine après la crue… rien n’a été fait

    mardi 17 novembre 2015

    Une semaine après la crue surprise qui a inondé plusieurs maisons dans la vallée Tefaarahi, aucun travaux de curage n’a commencé. Tandis que la population s’inquiète pour le reste de la saison des pluies, des moyens privés considérables sont déployés pour poursuivre des extractions. Le syndicat Haa maitai ia Mahaena a, une nouvelle fois, saisi le procureur et les administrations du Pays pour dénoncer la situation.

    “Faut-il attendre qu’il y ait un mort pour que des travaux soient engagés ?” se demande la population de la vallée Tefaarahi à Mahaena, où mardi dernier, la rivière Tevaifaara est sortie de son lit, inondant plusieurs maisons.
    Une semaine après cette crue surprise, le Pays n’a encore engagé aucun travaux, alors que le syndicat des propriétaires de la vallée Haa maitai ia Mahaena avait alerté – quelques jours avant la crue – le ministre sur l’urgence de curer la rivière dans la zone habitée.
    Ce qui devait arriver, arriva ! Mardi dernier, les flots de la Tevaifaara ont profité des bancs de boue pour passer par-dessus les berges et inonder les parcelles. Sous la menace de la prochaine crue, la population désabusée voit qu’on cherche davantage à pérenniser la poursuite des extractions au fond de la vallée. Car l’entreprise a créé une nouvelle route, l’ancienne ayant été endommagée par la crue.
    Un agent assermenté de l’équipement a été vu sur ce chantier privé, alors que personne de l’administration n’est encore venu voir les travaux à réaliser pour sécuriser le quartier en contrebas.

    Retour au combat
    Et il y a urgence, car en croire son témoignage, cette crue n’est rien à côté de ce auquel il faut s’attendre : “C’est rien, ce sont des aveave” (Ndlr : juste les bouts des tentacules du poulpe). Écœuré par cette situation, le syndicat des propriétaires repart au combat. Vendredi dernier, il a fait la tournée des administrations.
    D’abord, au Service du développement durable (SDR), Terai Tavi et Peter Heduschka (respectivement président et secrétaire du syndicat) ont déposé un courrier pour dénoncer la réalisation d’une nouvelle route – qui a nécessité l’arrachage d’arbres – sans autorisation administrative, ni des propriétaires.
    Il leur a été indiqué qu’un procès-verbal a été dressé pour la réalisation de la première route et qu’il a été transmis au procureur. Le syndicat a ensuite demandé à la direction de l’environnement (Diren) d’intervenir pour les travaux en cours, dès lors que plus de 60 m3 de terre sont déplacés. Enfin, après avoir essuyé le refus du dépôt d’un autre courrier au service de l’urbanisme, c’est au ministre de l’Équipement qu’il a été demandé par écrit le curage en urgence de la rivière.
    Le syndicat dénonce le manque de réactivité du Pays, et rappelle à Albert Solia qu’il est responsable de la sécurité des habitants et des habitations en cas de crue. Il est demandé une réunion de tous les partis concernés, un état des lieux avant l’engagement d’aménagements, la création d’une servitude de curage et un calendrier du suivi des travaux.
    Si le ministre a adressé par SMS au secrétaire du syndicat sa compassion au lendemain de la crue, Peter Heduschka regrette que la seule urgence proposée par Albert Solia soit la constitution d’un comité de suivi, plutôt que d’un curage.
    Le syndicat “refuse catégoriquement” cette création, estimant que le syndicat a compétence dans la vallée, notamment pour éviter les dérapages. Une rencontre avec le président Fritch est avancée pour le règlement des problèmes.
    Enfin, le syndicat a déposé une plainte auprès du procureur contre les sociétés d’exploitation et propriétaire de la parcelle. Il est dénoncé la création de la nouvelle route de pénétration sans autorisation. Il est reproché les dégâts, et notamment les pertes d’assise foncière en aval du site d’extraction.
    Constatant la défiance permanente de l’exploitant vis-à-vis de l’administration, de la justice, des textes et des propriétaires, le syndicat réclame réparation du préjudice, après expertise des surfaces érodées et évaluation de leurs valeurs vénales.
    Une drague a bien été envoyée par l’Équipement dans la vallée, mais pour l’heure, elle n’est pas entrée en action.

    J-L.M.

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