Valls rentre dans le rang et exclut de démissionner

    mardi 29 novembre 2016

    Le Premier ministre Manuel Valls est actuellement en visite  officielle en Tunisie. (Photo : Fethi Belaid / AFP)

    Le Premier ministre Manuel Valls est actuellement en visite officielle en Tunisie. (Photo : Fethi Belaid / AFP)

     

     

    Après un mano à mano avec François Hollande tout au long du week-end dernier, Manuel Valls est rentré dans le rang hier, excluant visiblement de démissionner au nom de son “sens de l’État” et d’affronter le président lors de la primaire organisée par le Parti socialiste (PS).

    Alors qu’il était dans l’avion qui l’emmenait en Tunisie pour une visite officielle, le chef du gouvernement a laissé filtrer par son entourage la teneur d’un déjeuner décisif à l’Élysée avec le chef de l’État. Puis à son arrivée, Manuel Valls a confirmé en personne qu’il ne pouvait y avoir “aucune confrontation au sein d’une primaire entre le président de la République et le Premier ministre”.

    “Il est hors de question qu’il y ait la moindre crise institutionnelle” au sommet de l’État, a-t-il ajouté lors d’un point presse conjoint avec son homologue tunisien Youssef Chahed, décrivant un déjeuner à l’Élysée dans “un climat serein, de confiance, où nous abordons d’abord les questions de l’État”.

    Manuel Valls a ainsi laissé comprendre qu’il écartait toute démission de Matignon, surtout au “moment précis où la France fait face à la menace terroriste”.
    Le Premier ministre a désamorcé, au moins provisoirement, la bombe qu’il avait lui-même lâchée au cours du week-end, n’excluant pas de se présenter contre le chef de l’État dans la primaire organisée par le parti socialiste les 22 et 29 janvier, dans une interview au Journal du Dimanche.

    L’ambiance du déjeuner a été “tout à fait cordiale et studieuse”, a assuré pour sa part l’entourage de François Hollande, assurant que, “bien entendu”, l’action de l’exécutif allait pouvoir se poursuivre sereinement.
    Dans la matinée, le chef de l’État avait encore intensifié son bras de fer avec son Premier ministre par la voix de ses soutiens.

    “Il n’y aura pas de primaire entre le président de la République et le Premier ministre”, a ainsi affirmé sur Europe 1 le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, fidèle lieutenant de François Hollande.
    “Cela n’existe pas, ça ne peut pas s’imaginer sauf dans des esprits qui ont un petit peu tendance à confondre leur ressentiment personnel avec l’intérêt général”, a-t-il insisté, avec le président (PS) de l’Assemblée nationale Claude Bartolone en ligne de mire.

    Ulcéré par le livre de confidences Un président ne devrait pas dire ça…, celui-ci avait jeté un pavé dans la mare en évoquant une double candidature de François Hollande et Manuel Valls à la primaire de la gauche.

     

    “Mais où va-t-on ?”

     

    “Voir le quatrième personnage de l’État proposer une crise institutionnelle, mais où va-t-on ?”, s’était ému hier matin le député Olivier Faure, porte-parole du PS. Moins virulent mais tout aussi clair, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a dressé le même constat sur France 2 en se prononçant “pour la primaire de toute la gauche, pas nécessairement avec la totalité de l’exécutif”.

    “La déclaration de Claude Bartolone était très malvenue (…) car je pense qu’il ne peut pas y avoir d’opposition entre un président de la République et un Premier ministre”, a renchéri la maire de Lille, Martine Aubry.
    Dans ce climat délétère, François Hollande ou Manuel Valls sont de toute façon au plus bas dans les sondages, avec chacun 9 % seulement d’intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle, selon une enquête Harris Interactive publiée dimanche dernier au soir. De quoi alimenter l’inquiétude au sein du PS, à cinq mois de l’échéance.

    “Peut-être y a-t-il des pulsions suicidaires parfois chez certains de nos dirigeants”, s’est désolé Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne, sur LCP. “Ce qui se passe en ce moment dans l’exécutif n’est bon pour personne”, a de son côté estimé sur RTL Laurent Wauquiez, président par intérim des Républicains. “Je leur dis : “Ressaisissez-vous !” Il reste cinq mois, ça ne peut pas aller jusqu’au bout.”           

     

     AFP

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