Le Vatican désavoue toute ordination sans son aval

    mardi 8 novembre 2016

    L’Église non officielle aurait procédé à plusieurs ordinations d’évêques sans l’accord du Vatican,  qui a lancé hier un avertissement désavouant toute nomination d’évêque faite sans son aval. (© DR)

    L’Église non officielle aurait procédé à plusieurs ordinations d’évêques sans l’accord du Vatican, qui a lancé hier un avertissement désavouant toute nomination d’évêque faite sans son aval. (© DR)

     

     

    Le Vatican – qui espère aboutir à un rapprochement historique avec la Chine après 65 ans de brouille – a lancé hier un avertissement à son alliée, la partie clandestine de l’Église catholique chinoise, désavouant toute nomination d’évêque faite sans son aval.
    Le Vatican et la Chine n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis 1951. La douzaine de millions de catholiques chinois est divisée entre une “Association patriotique”, dont le clergé est choisi par le Parti communiste, et une Église non officielle, dont les évêques nommés par Rome sont tolérés mais pas reconnus par Pékin.

    Or cette Église non officielle aurait procédé à plusieurs ordinations d’évêques sans l’accord du Vatican, selon des sites catholiques spécialisés.
    “Le Saint-Siège n’a autorisé aucune ordination et n’en a pas été officiellement informé. Si de telles ordinations ont eu lieu, elles constitueraient une violation grave des normes canoniques”, a déclaré hier le porte-parole du Saint-Siège, Greg Burke, dans un communiqué.

    “Il est illicite de procéder à des ordinations épiscopales sans le mandat pontifical nécessaire”, a-t-il stipulé.
    Selon l’agence d’informations Églises d’Asie, “entre cinq et dix” évêques ont été ordonnés ces dernières années au sein de la partie clandestine de l’Église catholique, sans le feu vert du Saint-Siège.

    Parmi eux, “l’évêque” Paul Dong Guanhua s’est récemment affiché publiquement, en déclarant que son ordination s’inscrivait dans le cadre de dispositions accordées par Rome dans les années 1980 en cas de persécution. Mais ces dispositions ont été révoquées en 2007 par le pape Benoît XVI, sous peine d’excommunication.

    Depuis son élection début 2013, le pape François cherche à se rapprocher du régime chinois, dans l’espoir de rétablir le lien avec les catholiques de Chine.
    Une délégation chinoise est attendue début novembre à Rome “pour un dernier tour de négociations”, a indiqué récemment le père belge Jeroom Heyndrickx, qui fréquente l’Église de Chine depuis la fin des années 1950 et suit de près les tractations avec le Saint-Siège.

    Aux termes de l’accord en préparation, le pape reconnaîtrait quatre évêques de l’Association patriotique sur les huit qu’il refusait de consacrer jusqu’à présent.
    L’accord devrait en revanche ignorer la trentaine d’évêques nommés par Rome et qui ne sont pas reconnus par Pékin, ce qui aurait créé un immense malaise au sein de l’Église non officielle se jugeant persécutée par le régime communiste.
    Le rapprochement entre Rome et Pékin ne devrait pas s’accompagner d’un rétablissement des relations diplomatiques, même si le pape rêve de pouvoir se rendre un jour en Chine.

     

    AFP

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