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La vélorution : pas encore une révolution mais les prémices d’une évolution

lundi 31 juillet 2017

velorution

Jorgi est venu en vélo avec sa petite famille, encadrée par la police, mais c’est en voiture qu’ils repartiront, “par sécurité”. (© Florent Collet)


Une centaine de personnes se sont réunies, samedi dernier, au matin, devant la mairie de Punaauia, pour s’élancer en peloton pour une balade plaisir jusqu’à la pointe des Pêcheurs. Avec cet événement “Mobilité par le vélo”, la commune entend mener sa vélorution et sensibiliser la population à la pratique du vélo et à la sécurité routière. Divers démonstrations et ateliers ont également fait de ce rendez-vous, une véritable journée récréative.

C’est assez symbolique et significatif de la réussite de cette deuxième édition de “Mobilité par le vélo” à Punaauia. Samedi dernier, à 8 heures du matin, Jorgi était au rendez-vous avec sa femme et ses deux jeunes enfants pour parcourir les quatre kilomètres menant jusqu’à la pointe des Pêcheurs, “pour leur faire découvrir le vélo car ils n’en font qu’à la maison”. “On a voulu aller un peu sur la route, comme c’est sécurisé.”

La petite famille a donc profité d’une route spécialement dédiée et de l’encadrement de la police municipale, mais ne ferait pas ce parcours en temps normal “car il n’y a pas vraiment de piste cyclable”. “J’ai peur pour mes enfants”, confie le père de famille.

Jorgi repartira donc seul chez lui, en vélo, pour venir chercher sa petite famille en voiture et les ramener en toute sécurité.

Cette vélorution a ainsi remporté un succès populaire, mais le chemin est encore long avant que la petite reine fasse des routes polynésiennes, son royaume.

“En se mobilisant aujourd’hui, nous montrons aux familles et au grand public que les cyclistes ont leur place sur la route, qu’il ne faut pas avoir peur et simplement respecter le code de la route. Il est vrai que c’est compliqué, mais une fois que la peur est vaincue en étant encadrée, tu as plus confiance en toi ensuite. On espère que cela fasse boule de neige”, explique Félicia Tchung Koun Tai, l’organisatrice de cet événement destiné avant tout à sensibiliser les actuels ou futurs cyclistes souhaitant emprunter les routes de Tahiti.

Une vingtaine de stagiaires issus des quartiers prioritaires ont été formés, début juillet, à la sécurité routière pour ensuite jouer le rôle d’ambassadeurs et prêcher les bonnes pratiques autour d’eux.

 

“Faire évoluer le code de la route local”

 

“C’est pour montrer à ceux qui ont peur de pratiquer le vélo que l’on a le droit d’aller sur la route. Nous avons constaté que la plupart des bénéficiaires sont des femmes qui ont peur d’aller sur la route. Cette formation leur a permis de se sentir en sécurité.”

Reste que les routes du fenua sont loin d’être encore conçues et réfléchies pour les vélos et pour faciliter la cohabitation avec les véhicules motorisés.

Un chantier sur lequel est déjà mobilisée Poerava Van Bastolaer, coureuse cycliste qui a lancé une pétition ayant déjà reçu plus d’un millier de signatures pour un meilleur partage de la route. Elle entend ainsi rencontrer les autorités de l’État et du Pays.

“Il y a beaucoup de choses à mener, comme faire évoluer le code de la route local. Il y a des panneaux à mettre en place, qui existent déjà dans l’Hexagone, ou le fait de permettre aux cyclistes de démarrer plus tôt au feu rouge pour éviter d’être bloqués par les voitures. Avec cette mesure, c’est moins dangereux. Il serait bien aussi d’autoriser les automobilistes à franchir une ligne continue quand ils dépassent des cyclistes.”

Des efforts qui seront encore nécessaires avant de faire du vélo un moyen de transport et non plus seulement un loisir ou un sport.

“J’ai beaucoup de retour de gens qui veulent aller au travail en vélo, mais ne le font pas parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité. Ce n’est pas normal mais je comprends car rien n’est mis en place pour les vélos. Il n’y a qu’une piste cyclable et des bandes cyclables, mais elles ne sont pas entretenues. Il y a des cailloux et des voitures garées. C’est triste”, explique Poerava Van Bastolaer.

Les cyclistes ne sont pas exempts de tout reproche non plus. Ils sont souvent critiqués pour rouler côte à côte, par exemple.

“Beaucoup de gens pensent qu’il ne faut pas rouler à deux de front, mais si la circulation le permet, c’est autorisé par le code de la route”, explique Poerava Van Bastolaer.

“Et quand une voiture arrive, elle doit prévenir par un coup de klaxon de prévention pour que l’on se remette en file indienne. Mais c’est de l’ignorance, il n’y a pas de panneau ni de campagne pour informer les automobilistes des risques de frôler un cycliste.”

Autant de conseils et rappels dispensés samedi dernier lors d’ateliers avec la police municipale et la gendarmerie.

Mais le vélo est avant tout ludique. Pendant que les petits s’amusaient sur des parcours d’obstacles, les démonstrations de freestyle ont montré qu’il était possible de s’adonner aux acrobaties, mais, cette fois, loin des routes les plus empruntées. 

 

F.C.

 

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Le vélo sans les mains, c’est possible, mais pas sur la route. (© Florent Collet)

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La police municipale a dispensé des conseils et sensibilisé les plus jeunes. (© Florent Collet)

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Les enfants s’en sont donné à cœur joie sur le parcours d’obstacles. (© Florent Collet)

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Plus d’une centaine de personnes ont parcouru les quatre kilomètres entre la mairie et la pointe des Pêcheurs. (© Florent Collet)

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