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Vendée Globe  : le voilier de course en déroute sera (bien) réparé à Fare Ute

samedi 24 décembre 2016

heinui blin technimarine

Hier matin, Heinui Blin, chef des opérations à Technimarine, espérait avoir la chance d’être sollicité pour réparer le bateau de course en déroute. À Fare Ute, le voilier du Vendée Globe est attendu de pied ferme. (© Marie Guitton)

 

 

Mardi, un skipper du Vendée Globe (une course de voile en solitaire autour du monde) a mis le cap vers Tahiti à la suite d’une grave avarie de quille. À Papeete, ce sont les spécialistes en carénage, mécanique et menuiserie de l’entreprise Technimarine qui s’attacheront à réparer l’Imoca 60. Recevoir à Fare Ute ce voilier d’exception, l’un des monocoques les plus rapides du monde, est un défi qu’ils assurent être capables de relever.

 

 

Il était troisième au classement du Vendée Globe, la célèbre course en solitaire autour du monde, lorsqu’une avarie de quille a cassé ses espoirs de podium.

Mardi, le skipper Paul Meilhat, alors qu’il se trouvait au milieu du Pacifique Sud, entre la Nouvelle-Zélande et le cap Horn, a décidé de virer vers le nord-ouest pour quitter les vents violents et les risques de grosse mer.

Il s’était donné deux ou trois jours pour choisir son cap, en fonction de la météo. L’information a été confirmée hier à La Dépêche de Tahiti : le skipper a finalement décidé de remonter vers Papeete, qu’il pourrait atteindre dans une semaine.

Dès lors, la question se pose  : la Polynésie française a-t-elle vraiment les moyens, matériels, techniques et humains, de prendre en charge son voilier  ? Paul Meilhat est parvenu à maintenir sa quille dans son axe, grâce à un système de cales, mais lui qui aimerait finir le circuit sait que cela ne lui permettra pas de franchir le tempétueux cap Horn, à l’extrémité sud de la Terre de feu chilienne.

Il doit à tout prix remplacer le vérin de sa quille, fissuré sur une quarantaine de centimètres. Cette pièce rare de 90 kg, qui permet en principe de faire basculer la quille latéralement jusqu’à 40 degrés, pour contrebalancer la force du vent dans les voiles et éviter au bateau de chavirer, lui sera envoyée par avion par son “écurie” SMA dans les meilleurs délais.

“C’est une sorte de piston à énergie hydraulique, un tube à l’intérieur duquel il y a un autre tube, et qui permet de faire bouger la quille pour jouer sur la stabilité du bateau”, explique Heinui Blin, chef des opérations à Technimarine. D’après nos informations, c’est cette entreprise de Fare Ute, récemment rachetée par Vini Vini, qui devrait s’occuper du voilier.

 

Des spécialistes “compétents

 

S’il en fait la demande (ce n’était pas encore le cas hier après-midi), Paul Meilhat pourra être assisté par le Joint Rescue Coordination Centre French Polynesia (JRCC), le centre de coordination de sauvetage aéro-maritime de Polynésie française.

Ensuite, ses possibilités seront comptées. Le Port autonome prend habituellement en charge les gros tonnages, comme l’Aremiti ferry, alors que l’Imoca 60 pèse moins de huit tonnes. “On fait dans l’industrie, pas dans le secteur de la voile”, précise Stéphane Perez, le PDG de Chantier naval du Pacifique Sud.

Nautisport industries, à Taravao, affirme aussi qu’il “n’aura pas ce privilège”, vu ses techniques de manutention et le tirant d’eau du bateau.

Restent Raiatea carénage services, mais qui indique être fermé jusqu’au 9 janvier, et donc Technimarine, à Papeete.

Tous les professionnels estiment que ce sera cette entreprise qui sera sollicitée. “En général, ce genre de clientèle vient ici, souffle aussi Heinui Blin. On s’est déjà occupé de bateaux de course. Par exemple, celui qui a gagné la dernière Tahiti Pearl Regatta sortait de carénage chez nous.”

Il y a deux poids, deux mesures, entre les poulains “classiques” d’à peine 10 mètres qui s’affrontent entre Raiatea, Bora Bora et Taha’a, et l’Imoca 60 qui, du long de ses 18 mètres, compte parmi les monocoques les plus rapides du monde.

Mais Technimarine dispose des outils nécessaires  : “On pourra le sortir de l’eau avec cette machine, qui peut lever jusqu’à 75 tonnes, explique le chef des opérations en montrant du doigt l’un des élévateurs à bateau. Ensuite, il y a le calage sur des blocs béton, ou l’étayage avec une structure métallique.”

Quelle que soit la suite des opérations, la vingtaine d’employés en CDI et la dizaine de CDD en formation, spécialisés en carénage, mécanique et menuiserie, seraient “tous compétents”, selon Heinui Blin. “On a un tissu industriel local capable de faire ce genre de réparation”, confirment les concurrents.

Reste à espérer que Paul Meilhat n’aura pas besoin d’autres pièces rares que les magasins d’accastillage ou de boulonnerie de Fare Ute ne sauraient fournir. Et qu’il parvienne à naviguer entre les jours chômés de cette fin d’année  : Nautisport, par exemple, sera fermé pour inventaire du 2 au 10 janvier et les salariés de Technimarine seront en week-end long à partir de 14 h 30, vendredi prochain, pour ne rouvrir que le mardi 3 janvier.

“On a toujours une équipe d’astreinte quand il y a une urgence, précise Heinui Blin. Mais en principe, une urgence, ça veut dire voie d’eau  : si le bateau coule…”

 

Marie Guitton

 

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