Vendée Va’a 2015 : la course stoppée jeudi pour cause de mauvaises conditions

    vendredi 15 mai 2015

    Pour sa sixième édition, la Vendée Va’a a réuni plus d’une vingtaine de pirogues dont deux équipes polynésiennes, EDT et Air Tahiti Nui, et deux équipes féminines.
    Partis plus tôt que prévu des Sables-d’Olonnes jeudi matin, afin d’éviter au mieux un coup de vent annoncé, les rameurs ont été surpris après trois heures de course par un vent fort et des creux supérieurs à deux mètres.
    Ordre de faire demi-tour a été lancé. Toutefois, trois pirogues ont pu atteindre l’île d’Yeu, tandis que des rameurs en déroute ont pu être pris en charge par les bateaux suiveurs. Trois pirogues ont été à la dérive dont EDT Va’a et ATN et celle d’une équipe féminine.
    Mercredi soir, au briefing général, Philippe Vallée, directeur de la course, avait prévenu : “Ce sera dur et il y aura des dégâts. Je demande à tous de mettre le paquet dès le départ afin de se tenir aussi loin que possible du mauvais temps annoncé.”
    D’ailleurs, le départ avait été avancé à 6 heures du matin au lieu de dix heures. Côté va’a tahitiens, on avait le moral : “La seule crainte, c’est le froid. Mais la grosse houle, le vent, on connaît”, estimait Vetea Sanford.
    De son côté, Doris Hart, la présidente de la Fédération tahitienne de va’a, se voulait rassurante ; elle n’est pas à sa première Vendée Va’a et elle connaît ses champions. Hier, les piroguiers ont été réunis sur le quai du Vendée Globe. Lorsque tout le monde fut prêt, on a dit la prière traditionnelle, puis lentement, chaque pirogue a glissé le long du chenal pour atteindre la haute mer. Lorsque le jour s’est levé, la mer moutonnait quelque peu et l’on a eu du mal, beaucoup de mal, à faire aligner les pirogues pour lancer le départ.

    EDT et Air Tahiti Nui chavirent

    On a cru au miracle vers 10 heures : le soleil a réapparu et le village polynésien était en fête. Et puis les premières infos sont arrivées via l’incontournable Facebook : il y a de la casse. Puis, demi-tour on rentre au plus vite.
    Seules quelques équipes et leur bateau suiveurs ont choisi de continuer, soit parce qu’ils ne se sentaient pas si loin que cela de l’île d’Yeu, soit qu’ils n’ont pu capter le signal radio de retraite. En fait, après plus de sept heures de combat contre des vagues de plus de deux mètres, seule la pirogue “La méduse” de La Seyne-sur-mer a abordé l’île avec derrière elle celle de l’Aviron bayonnais et Va’a Hui Pays Basque. En revanche en arrière, c’était la débâcle. EDT avait chaviré, ainsi qu’Air Tahiti Nui puis une troisième, Mai Tai de l’une des équipes féminines. Trois Polynésiens ont souffert d’hypothermie et ont été pris immédiatement en charge. Six équipes ont ainsi été débarquées à l’île d’Yeu. La pirogue EDT n’avait plus sa balise et l’on pensait qu’elle rejoindrait la côte d’ici au lendemain matin, tout comme ATN et la troisième que l’on pouvait également suivre.
    Édouard Fritch, arrivé de Paris en début d’après-midi, s’est tenu au courant du déroulement des mesures de repli. Le soir, réunion au centre des congrès avec les équipes plutôt éprouvées. Doris Hart gardait le moral : “De toute façon, il faut toujours aller
    de l’avant !” se rassurait-elle. Plus circonspect, Cyrille Taraufau (originaire de Tautira et membre bien connu du Toulon Va’a) analysait la situation : “Actuellement, en France, le poids des pirogues est inférieur à 130 kilos, poids fixé par la Fédération
    française de canoë-kayak. Pour l’Atlantique et ses conditions météo particulières, les pirogues ne sont pas assez rigides. Il faudrait augmenter les conditions de résistance et monter à 150 kilos.”
    Le comité organisateur a pris la décision d’annuler la deuxième étape prévue aujourd’hui, et celle de demain pourrait se limiter à une course face aux Sables-d’Olonnes.

    Ph. Binet

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