Vers des certifications moins chères ?

    samedi 16 mai 2015

    Ancien élève du lycée Paul-Gauguin et de la première promotion de l’Université de la Polynésie, Vincent Talbot est l’un des cinq directeurs d’Association française de normalisation (Afnor) dans le Pacifique. Il est en poste à Nouméa, mais est actuellement à Tahiti “pour évaluer le marché potentiel et rencontrer les clients déjà en contrat avec Afnor Paris”, explique-t-il. 
    Une dizaine d’entreprises et de collectivités ont ainsi déjà obtenu leur certification comme EDT, la TEP, la Polynésienne des eaux, l’aviation civile, Cegelec, les parfumeries Tiki, Sachet, le laboratoire de cosmétologie du Pacifique ou encore la SPEA. D’autres pourraient suivre suite à sa visite. 
    Avec la décentralisation d’Afnor, la certification pourrait revenir moins cher aux entreprises la sollicitant. 
    “Jusqu’à aujourd’hui, les auditeurs venaient de métropole, il y avait donc le coût du billet d’avion et de l’hébergement, cela mettait aussi des contraintes en termes de timing, l’auditeur ne pouvait pas forcément venir tous les mois”, poursuit Vincent Talbot. “Nous avons, par ailleurs, localement un consultant pour les normes ISO et qui a les qualifications Afnor, il est habilité à faire de la certification sur normes ISO 9001, 14001 et 18001, et il est basé sur le territoire”. 
    Selon le représentant local de l’Afnor, l’économie pour l’entreprise locale qui chercherait désormais à se faire certifier par la branche pacifique serait de “30 à 40 %”.
    Reste à connaître l’intérêt d’une entreprise à se certifier, rare étant les clients à faire attention si l’entreprise est conforme ou non aux normes. “Ce n’est pas pour les particuliers. Cela s’adresse aux clients, mais du type “collectivités”. Lorsqu’elles lancent un appel d’offres, elles aiment savoir que le prestataire est certifié, c’est une garantie de qualité de service et de produit”, démontre-t-il. “Être certifié, c’est un référentiel qui permet de mieux s’organiser et un moyen d’être toujours en veille commerciale ou qualité pour être plus performant. C’est un outil d’amélioration continu.” 
    En effet, la certification est délivrée pour trois ans, mais un audit de suivi a lieu chaque année au cours duquel il est difficile de tricher. “L’auditeur n’est pas dupe, c’est son métier. Il sait très bien comment voir les éléments, il va ouvrir un dossier au hasard, aller discuter avec un ouvrier sur le terrain.”

    “Des normes adaptées aux pays tropicaux”

    Pendant sa visite, Vincent Talbot rencontrera des membres de la chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers (CCISM) pour savoir si la Polynésie souhaite suivre le chemin emprunté par nos cousins du Caillou. 
    “En Nouvelle-Calédonie, notamment dans le BTP, les normes françaises ne s’appliquent pas forcément en raison d’une climatologie différente (cyclones et rayonnements UV plus importants). Il y a donc besoin de créer des normes adaptées aux pays tropicaux. L’Afnor a un accord avec le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour jouer un rôle de conseiller pour adapter les normes françaises à la Nouvelle-Calédonie en intégrant aussi les normes australiennes.” 

    F.C.

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