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Vers une interdiction du shark feeding

jeudi 16 novembre 2017

shark feeding

Selon le nouveau code de l’environnement, il est désormais interdit “d’attirer à soi, de quelque manière que ce soit, des espèces sauvages, notamment par des gestes, bruits ou promesses de nourriture”. (© archives LDT)


La refonte du code de l’environnement, parue au Journal officiel, le 5 octobre, vise clairement l’interdiction du shark feeding. Y est inscrite l’interdiction “d’attirer à soi, de quelque manière que ce soit, des espèces sauvages, notamment par des gestes, bruits ou promesses de nourriture”. À la suite de la publication de ce nouveau code, de nombreuses réformes environnementales sont annoncées par le ministère pour l’année à venir.

Le shark feeding est-il sur le point d’être interdit ? C’est en tout cas très clairement l’esprit de l’article LP 2200-1 du nouveau code de l’environnement (JOPF du 5 octobre 2017) : “Sous réserve des dispositions spécifiques (…) et en l’absence de réglementation contraire, il est strictement interdit, en tout temps et en tout lieu, de perturber de manière intentionnelle le développement naturel des espèces sauvages et des écosystèmes qui leur sont associés. On entend par perturbation intentionnelle la ou les actions menées par un être humain afin d’obtenir, pour son seul divertissement, une modification d’un comportement naturel d’un spécimen d’espèce sauvage.”

Le texte est pour l’instant non applicable en attendant la publication de la partie réglementaire. Mais il se fait ensuite encore plus précis, et il est difficile de dire qu’il vise autre chose que le shark feeding : “Il est notamment interdit : d’utiliser une chose qui, par son bruit ou ses vibrations, est de nature à troubler le calme et la tranquillité des espèces sauvages et de provoquer leur divagation ; d’attirer à soi, de quelque manière que ce soit, des espèces sauvages, notamment par des gestes, bruits ou promesses de nourriture, lorsque cette pratique risque de constituer une gêne pour les autres utilisateurs de l’espace ou d’attirer des prédateurs. En outre, toute action menée par un être humain en présence d’un spécimen d’espèce sauvage doit respecter des principes stricts de sécurité ou de prudence afin de ne pas s’exposer lui-même ou exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente.”

Comme les arrêtés d’application ne sont pas encore parus, que le rapport de la commission du tourisme et de l’écologie de l’assemblée, qui a examiné le texte début août, évoque des “dispositions spécifiques relatives aux mammifères marins ou aux requins”, et que la direction de l’environnement ne répond pas aux sollicitations de La Dépêche de Tahiti depuis une semaine, le doute est encore permis.

Mais hier, au ministère de l’Environnement, la conseillère technique Sylviane Fauvet évoquait sans ambiguïté une “interdiction” du shark feeding et un “encadrement” du whale watching.

 

“Plus rien à proposer aux plongeurs”

 

En attendant l’application définitive de cette réforme du code de l’environnement, le nourrissage des requins reste aujourd’hui autorisé en dehors des lagons à plus d’un kilomètre des passes.

Le shark feeding est une activité pratiquée par de nombreux professionnels de la plongée sous-marine, qui emmènent les plongeurs observer les requins de près, à Tahiti et dans les îles touristiques.

Le site emblématique de l’activité est aujourd’hui appelé la “Vallée blanche”, sur la pente externe du récif en face de l’aéroport de Faa’a. Le nourrissage des requins tigres y est quasiment quotidien toute l’année.

Les professionnels du shark feeding guettent avec impatience les arrêtés d’application. Nicolas Buray, de l’Observatoire des requins de Polynésie, se dit “sous le choc” : “Si on applique le texte, cela veut dire qu’on n’a plus le droit de donner des graines aux oiseaux, que les dispositifs de concentration de poissons pour les pêcheurs sont interdits… Et on a déjà fait des tests à Moorea pour le PGEM (plan de gestion de l’espace maritime, NDLR) : si on arrête le feeding sur les spots de plongée, en trois mois, il n’y a plus de requins et on n’a plus rien à proposer aux clients.”

 

 

Benoît Buquet

 

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