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Vers une relance de la filière bois

vendredi 6 avril 2018

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Après deux ans de fermeture, la scierie de Papara a repris son activité, il y a tout juste deux mois.

Après deux ans de fermeture, la scierie de Papara a repris son activité, il y a tout juste deux mois. Son inauguration officielle a eu lieu hier, en présence du ministre l’Économie, Teva Rofritch, et de plusieurs représentants des ministères de l’Agriculture et du Logement. Elle apparaît aujourd’hui comme un maillon essentiel dans la filière bois, que le Pays souhaite développer dans les années à venir.

Il faut valoriser nos ressources propres. Toute une chaine bois est en train de s’instaurer. Nous avons des forêts qui, aujourd’hui, sont arrivées à maturité. Il y a maintenant cette industrie de transformation de bois d’envergure qui vient s’ajouter aux deux autres mises en place aux Australes et aux Marquises. Et derrière, il y a tous les projets de logements de l’Office polynésien de l‘habitat à réaliser. Il nous faut relancer la construction en bois. C’est quelque chose qui revient à la mode. Mais au-delà de la mode, c’est important d’utiliser les ressources de Polynésie en Polynésie”, affirmait hier Teva Rofritch.

La scierie de Papara travaille exclusivement le bois local : le pin des Caraïbes, en provenance de Tahiti. Elle assure le bûcheronnage et le débardage du bois avec une équipe de bûcherons locaux expérimentés, ainsi que sa transformation en bois de construction, tuiles, palettes, copeaux pour paillis et bois de combustible.

C’est également elle qui s’occupe de traiter le bois par autoclave, ce qui lui permet d’obtenir un bois d’excellente durabilité pouvant être soumis à des facteurs de risques de 1 à 4.

Douze emplois ont ainsi été créés pour assurer l’ensemble de ces activités, mais le gérant, Emmanuel Gabriel, prévoit déjà de doubler ces effectifs d’ici la fin de l’année. Le Pays, quant à lui, appporte son soutien à la filière en assurant le transport du bois depuis l’exploitation forestière jusqu’à la scierie, ainsi que la location du matériel de traitement.

 

Une filière qui battait de l’aile

 

C’est un pari un peu fou dans lequel s’est lancé Emmanuel Gabriel, il y a un an et demi, en reprenant la scierie de Papara, alors que la filière bois battait de l’aile. Mais aujourd’hui, il peut se réjouir de son investissement puisque le gouvernement vient d’approuver deux arrêtés, mercredi, en conseil des ministres, pour définir le cadre réglementaire normatif du pin des Caraïbes dans la construction.

Ces arrêtés vont vraiment nous simplifier la vie. En effet, on va pouvoir vendre notre bois plus facilement, puisqu’il a un classement C18 et C24, qui est reconnu par le Pays et qui est entièrement dans les normes. Le grand changement, c’est que, désormais, le pin des Caraïbes pourra être utilisé dans tous les marchés publics, ce qui n’était pas le cas avant. C’est une grande avancée pour la filière bois”, explique Emmanuel Gabriel.

La scierie réalise d’ailleurs, actuellement, la charpente en bois local d’une résidence OPH sur le territoire, conçue par l’architecte R. Anastase.

Il existe trois scieries sur le territoire : une à Tubuai, aux Australes, une autre à Nuku Hiva, aux Marquises, et désormais celle de Papara.

Si, aujourd’hui, le bois local ne représente que 5 % du bois utilisé dans la construction, au fenua, le Pays espère bien inverser la tendance, dans les années futures.

Sur les 350 000 m3 de bois de pin des Caraïbes répartis sur l’ensemble du fenua, le Pays autorise, chaque année, un prélèvement de 23 500 m3 par ces trois opérateurs privés, sous réserve que chaque arbre abattu soit remplacé par un nouveau.

Si la scierie de Papara ne croule pas encore sous les commandes, Emmanuel Gabriel reste très confiant pour l’avenir de son entreprise : “On en est qu’aux balbutiements de l’aventure. On y croit parce que c’est un produit noble, sain, écologiquement et socialement responsable, puisque le bois et les emplois sont locaux. On ne piétine sur les plates-bandes de personnes. On s’inscrit juste en remplacement des entreprises qui exploitent du bois à l’étranger”.

E. P.

 

Classement des bois et agrément des scieries

Deux arrêtés constituant le cadre réglementaire normatif pour la mise en œuvre des bois provenant des pins des Caraïbes locaux (Pinus du fenua) dans la construction, ont été approuvés par le conseil des ministres.

Le premier concerne la définition des normes des bois de pin des Caraïbes et l’officialisation de son référentiel technique et le second concerne l’agrément des gérants de scierie et autres professionnels de la filière forêt/bois pour effectuer le classement visuel des bois issus des forêts polynésiennes.

Le potentiel de production des forêts polynésiennes représente près de la moitié de notre consommation, dont à peine 5 % est aujourd’hui couverte par la production locale.

Le Centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (Cirad) a effectué l’ensemble des mesures, analyses et tests nécessaires permettant de classer le bois de pin local selon deux catégories PP1 et PP2 (Pinus polynésien n° 1 et n° 2) et d’y associer, selon la norme de juillet 2016, deux classes de résistance mécaniques caractéristiques de sciages utilisables pour les charpentes industrielles et pour la réalisation d’éléments lamellés-collés (PP1), et de sciages utilisables pour les charpentes traditionnelles et les maisons à ossature bois (PP2).

Caroline Perdrix

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