Habillage fond de site

Le vice-recteur Philippe Couturaud s’explique après le différend de jeudi avec les parents d’élèves

lundi 9 octobre 2017

Philippe Couturaud Tea Frogier

Philippe Couturaud, lors de la présentation de la rentrée scolaire avec la ministre en charge de l’Éducation, Tea Frogier. (© DR)

Piqué, mais pas en colère. Le vice-recteur de la Polynésie française, Philippe Couturaud, a eu la courtoisie de venir s’expliquer, vendredi, dans les locaux de La Dépêche sur l’accroc qu’il a eu avec les parents d’élèves lors de la réunion de jeudi.

La une du journal, “Que faites-vous pour nos enfants, M. le vice-recteur”, l’a fait sourire. Non pas d’un sourire narquois, mais de ce sourire bon enfant qui veut surtout dire : “OK, je suis vice-recteur, j’ai des responsabilités, et quand quelque chose dérange, c’est sur moi que l’on tape… c’est normal.”

Cependant, cet inconditionnel de la pédagogie, qui nous a parlé de longues minutes de son parcours et de ses combats pour l’éducation, tenait à remettre certaines choses à leur place.

“En novembre, la ministre et moi   irons à Paris pour définir les moyens dont nous avons besoin l’année prochaine. Cette enveloppe est construite en fonction de l’année précédente et en fonction des contraintes nationales. On définit ainsi le budget. C’est ainsi que le budget de cette année a été constitué”, explique le vice-recteur.

“Cette année, on a beaucoup financé de remplacements au premier semestre (janvier à juin 2017). Plus que d’habitude. Plus d’arrêts maladie, plus de remplacements à faire et on a surconsommé. Et à la rentrée, il n’y a pas eu de mise en place de brigade de remplacement.”

Et c’est là que le bât blesse. Les associations de parents d’élèves se sont immédiatement saisies du problème et se sont retournées vers le vice-rectorat. Une première fois, peu de temps après la rentrée, et une seconde fois, il y a quelques jours.

“Il y a des gens qui sont tombés malades et la ministre Tea Frogier n’avait pas les moyens de les remplacer. Je dis bien la ministre, puisque c’est elle qui a le budget que je lui confie.”

En effet, les budgets 140 et 141 de l’Éducation nationale passent bien dans les mains du vice-recteur, mais ils sont ensuite délivrés au ministère de l’Éducation de la Polynésie française pour être redispatchés dans les filières.

“Nous avons donc décidé d’un commun accord de faire une réimputation budgétaire et de prélever les moyens sur un autre budget pour les mettre sur le budget du personnel et ainsi recruter des enseignants.”

 

“Je suis responsable des deniers publics”

 

Et c’est là que l’administration, avec ses lourdeurs, a provoqué les retards de recrutements.

“Tout ça prend un peu de temps. Il faut trouver les moyens financiers, avoir l’accord de la ministre en Polynésie, avoir l’accord de Paris, puis trouver le personnel. Il ne faut pas croire que l’on reste là, les bras croisés, à regarder la situation comme certains parents d’élèves semblent le croire.
S’il manque quelqu’un dans un collège, la ministre me saisit. Elle me propose un remplaçant et je fais vérifier par mes inspecteurs qu’il est apte à enseigner. Puis je regarde le budget, alors que c’est à elle de s’en occuper puisque je le lui ai donné en début d’année et qu’elle en a la gestion.
Je représente l’État, je contrôle les dépenses… S’il n’y a pas l’argent, je ne signe pas le contrat. Alors oui, je suis le grand méchant. Je suis responsable des deniers publics et c’est mon rôle de regarder l’utilisation des 520 millions de francs par an. Alors là, oui, il faut regarder les comptes, transférer les crédits d’un poste de dépense vers un autre… cela prend du temps.”

Et évidemment, cette grogne, peut-être légèrement aiguillée par les élections territoriales à venir, se reporte sur le grand argentier.

Et la lecture des mécontents est simple, c’est l’État qui bloque et c’est scandaleux. “C’est plus compliqué que ça”, explique le vice-recteur. “Les parents d’élèves ont raison, il y a des profs qui manquent, mais il faut le temps de mettre en place le processus d’affectations nouvelles. (…) Il ne suffit pas de dire que Paris n’a qu’à envoyer l’argent.”

 

Bertrand Prévost

 

• À lire aussi :

Réunion sous haute tension entre vice-recteur et parents d’élèves

 

 

10
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Samedi se tient l’élection de Miss France. Selon-vous Miss Tahiti sera :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete