Victimes et acquittés de l’affaire Outreau s’apprêtent à revivre un nouveau procès

jeudi 14 mai 2015

Victimes et acquittés de l’affaire de pédophilie d’Outreau, considérée comme l’un des pires fiascos judiciaires de ces dernières années, s’apprêtent à revivre un nouveau procès, avec l’ouverture mardi à Rennes de celui de Daniel Legrand fils, l’une des 13 personnes mises hors de cause dans cette affaire en 2005.
« On est reçus à Matignon, on est indemnisés… et là, on me rejuge, c’est absurde. On s’acharne sur moi, j’ai déjà tout dit et maintenant il faut encore y revenir », confie à l’AFP Daniel Legrand, 33 ans. Défendu par une demi-douzaine de ténors du barreau, anciens défenseurs des « acquittés », il se sent « plutôt serein et confiant, même si un peu anxieux ».
Poursuivi pour des viols et agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans en réunion qu’il est accusé d’avoir commis alors qu’il était mineur et qui n’ont jamais été jugés, il encourt 20 ans de réclusion (son acquittement en 2005 portait sur des faits qui auraient été commis quand il était majeur).
Le dossier d’Outreau (Pas-de-Calais) a éclaté en février 2001 et débouché, après deux procès, à Saint-Omer en 2004 puis en appel à Paris fin 2005, sur l’acquittement de 13 personnes sur les 17 initialement mises en examen, après parfois trois ans de détention provisoire.
Côté victimes, chez les fils de Thierry Delay et Myriam Badaoui Delay, condamnés à 20 et 15 ans de réclusion pour les avoir violés avec un couple de voisins, la souffrance n’est pas moindre, selon leurs avocats.
Trois d’entre eux, les plus âgés, Chérif, Dimitri et Jonathan Delay, ont finalement décidé de se constituer partie civile.
« Les enfants Delay ont été laissés à la rue, on ne s’est pas beaucoup penché sur la destruction qu’ils ont subie et le désemparement qui est le leur, sur leurs souffrances », explique Me Léon Lef-Forster. 
Seul le troisième de la fratrie, Jonathan, a annoncé qu’il viendrait à la barre. 
« Ils ne sont pas parties civiles pour dire que Daniel Legrand ne leur a rien fait, mais au contraire qu’il a fait partie de ceux qui, à l’époque de la minorité de l’intéressé, leur ont fait subir des sévices », ajoute Me Lef-Forster.
Néanmoins, les défenseurs des enfants Delay « ne vont pas essayer d’obtenir des jurés et des magistrats qu’ils considèrent que la décision (d’acquittement) doit être remise en cause », souligne-t-il, en réponse aux attaques de certains défenseurs de Daniel Legrand.

AFP

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