La vigilance orange reste de mise

    vendredi 20 janvier 2017

    intempérie taapuna

    La route de Taapuna, complètement défoncée par le passage de l’eau. (© Catherine Quiniou)

     

    Depuis deux jours, la pluie s’est intensifiée sur les archipels de la Société et des Australes, toujours placés en vigilance orange. Selon Météo France, ces conditions météo, qui n’ont rien d’exceptionnelles, ne devraient pas s’arranger avant ce week-end. Tour d’horizon des différents dégâts constatés au fenua, entre inondations et arbres arrachés.

     

    La saison des pluies s’est bel et bien installée en Polynésie française depuis le début de semaine. Les averses succèdent aux trombes d’eau, le tout accompagné de vents parfois assez violents et d’une houle qui ont bloqué les navires une bonne partie de la journée dans leurs rotations.

    Depuis lundi, la pluie qui s’était invitée par petites touches a décidé de redoubler d’efforts, histoire de faire comprendre qu’en Polynésie, la saison des pluies, ce n’est pas une vue de l’esprit.

    Hier, deux malheureux touristes japonais qui venaient de se marier, en ont fait les frais. Perdus au quai des ferries attendant un transfert qui ne viendrait pas pour les conduire à Moorea, ils finissaient leur semaine de vacances comme ils l’avaient commencé… mouillés.

    Si les pluies n’ont pas provoqué d’inondations équivalentes à celles qui ont ravagé Hitia’a o te Ra et Mahina en décembre 2015, elles ont tout de même laissé les stigmates de leurs passages un peu partout.

    Arbres arrachés, routes et servitudes inondées comme à Moorea, et surtout ces images qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux, dont la montée de Taapuna, transformée en torrent avec son bitume arraché, émietté, soulevé par l’eau.

    Jointe par téléphone hier, en milieu de journée, l’antenne locale de Météo France n’était guère rassurante sur la journée à venir et le week-end.
    Les îles du Vent restent placées en vigilance orange, ainsi que les Australes qui essuyaient alors le corps de la dépression tropicale. Pour autant, on relativisait : “C’est la saison des pluies. Ce n’est ni exceptionnel, ni dramatique”, expliquait-on. “Il y a eu de fortes précipitations au nord-ouest et en montagne. L’amélioration se fera dans le courant du week-end. Samedi, les pluies devraient être moins violentes et dimanche, quelques rayons de soleil pourraient timidement refaire leur apparition.”

    Sur leur site Internet, les consignes étaient claires. “L’axe perturbé stagne sur Tahiti et Moorea, entretenant une certaine activité pluvieuse. Les cumuls de précipitations sont localement très importants, principalement sur le relief et les côtes nord et ouest. Par ailleurs, le vent de nord-ouest est assez fort à fort avec des rafales pouvant atteindre 80 kilomètres/heure jeudi soir et entraînant une mer forte avant amélioration vendredi.”

     

    Appels à la prudence et prise de précautions

     

    À l’heure ou vous lisez ces lignes, vous avez donc dû passer une soirée plus qu’humide. Mêmes indications pour les Australes, qui de plus doivent affronter une forte houle.

    Alors, hier, les appels à la prudence se sont faits de toutes parts. La fermeture des écoles de Moorea était déjà actée dès mercredi soir et, hier, les écoles de Mahina et quatre écoles de Faa’a (Farahei Nui cycle 3, Verotia, Heiri et Piafau) fermaient elles aussi jusqu’à lundi.

    Sur les routes, le haut-commissariat encourageait les automobilistes à limiter leurs déplacements.

    À Mahina, des arbres coincés dans la Ahonu et à Amoe ont été retirés, tandis que des fuites à la cantine de l’école Nuutere et des inondations dans les quartiers de la pointe Vénus ont été constatées.

    Comme à chaque période de forte houle, la plage a aussi grignoté sur le littoral.

    Luc Faatau, nouveau ministre de l’Équipement, aurait pu craindre le pire pour sa première semaine d’entrée en fonction. Mais même si elles sont impressionnantes, les pluies n’avaient hier soir pas causé de dégâts majeurs.

    “Les dégâts sont surtout relevés dans les résidences ou dans quelques servitudes privées, comme la route de Taapuna que le syndicat de copropriété souhaite traiter lui-même. Au niveau des dégâts sur les installations publiques, on peut dire que l’on a de la chance”, expliquait-il par téléphone.

    “Les services de l’équipement sont tous en alerte. On surveille les cours d’eau. Ça monte, mais ça va. L’inondation de Mahina s’est produite dans une cuvette où, malheureusement, les constructions se sont faites sans évacuation d’eau.”

    La campagne de curage des rivières lancée par son prédécesseur Albert Solia donne peut-être ses premiers fruits. Peu de lits de rivières ont débordé.

    “Cela aurait pu être pire”, convient Luc Faatau. “Nous n’avons pas eu d’éboulements, pas de glissements de terrain… Pour l’évacuation de l’eau, c’est un peu plus compliqué.”

    Hier soir, la pluie tombait encore dru sur une Polynésie française qui s’apprêtait à passer une nuit de plus à écouter, surveiller, le bruit de l’eau sur les tôles, en espérant que rien de grave ne se produise.

     

    Bertrand Prévost

     

    Plus d’informations dans notre édition du jour ou au feuilletage numérique

     

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Recensement : Êtes-vous prêt à répondre à toutes les questions même intime malgré une garantie de l'anonymat ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete