Villa Stencer : un chantier de 2,8 milliards

    vendredi 19 août 2016

     Villa

    Pour Édouard Fritch, la Villa Stencer répond aux besoins des ménages “qui ont des moyens, mais pas suffisamment”. (Photo : Florent Collet)

     

    L’immeuble de 114 appartements sera livré fin 2017-début 2018

     

    Stencer, la contraction de Steeve et Spencer, les prénoms des enfants de Marcel Taib, le promoteur de ce nouveau projet immobilier.

    Le dirigeant de Fenua Building Engineering (FBE) a fait le premier pas vers un nouveau et imposant bébé, hier, avec la pose de la première pierre de la Villa Stencer, à l’entrée ouest de la ville, au-dessus du cimetière de l’Uranie.

    Un projet conséquent, estimé à 2,8 milliards de francs pour celui qui est déjà l’origine des résidences Iris, Vaihiapa et des futures Villa Pamatai et New Mahana, qui a été cédée depuis à l’entreprise Boyer.

    Ce sont ainsi 114 logements qui seront livrés d’ici la fin de l’année 2017 ou début 2018. Après des débuts poussifs, les travaux de terrassement ont attiré les acheteurs et près de la moitié des appartements aurait ainsi trouvé preneurs.

    Il y a une demande, mais il ne faut pas se louper sur le site. L’idéal, c’est Papeete centre-ville. Là, nous sommes sûrs de vendre. Il faut aussi penser le projet avec l’architecte. Nous avons une adéquation qui, à la sortie, n’est pas trop mauvaise”, se réjouit ainsi le promoteur, avant de décrire un projet qui tente de s’intégrer dans le paysage en reprenant les courbes de la colline avant le passage des tractopelles.

    L’architecte, Pierre Lacombe, a également laissé plus de places aux fenêtres qu’au béton et veillait à la qualité des revêtements et au bon ruissellement des eaux pour éviter un vieillissement trop précoce.

    Un immeuble neuf, c’est bien, mais il ne faut pas qu’après quelques années, il devienne lépreux.” 

     

    Idéal pour les jeunes couples

     

    L’épaisseur des cloisons, dalles et fenêtres devrait également assurer une bonne acoustique. Mais c’est probablement le prix (250 000 F le m2) qui satisfait le plus le promoteur, sur ce marché très concurrentiel et dans un contexte pas forcément facile.

    Nous avions prévu de faire ces programmes-là, donc nous y allons coûte que coûte. C’est un risque évidemment, car nous n’avons aucune aide, il n’y a pas de défiscalisation. Nous sommes donc obligés de baisser nos prix et d’augmenter la prestation pour faire concurrence aux produits défiscalisés, et nous continuons parce que les entreprises m’appellent quotidiennement pour savoir quand nous démarrons tel ou tel programme parce que leurs 30 employés sont sans activité. Donc on y va, on est téméraire.” 

    Un courage salué par les entreprises sous-traitantes, à l’image de Bertrand Kondratowicz et sa société de peinture, carrelage et faux plafonds : “Grâce à ce projet, nous allons conserver nos douze emplois, cette année, et j’espère qu’il y aura une suite. Le secteur du bâtiment est dur. Il ne faut pas croire que l’on gagne des sous. Avoir un chantier comme cela, c’est un ballon d’oxygène pour l’année 2017, même si c’est alimentaire. Cela permet de garder l’entreprise et les petits chantiers à côté qui permettent de faire du bénéfice.

    Un moteur à la relance économique voulu par le gouvernement, bien heureux de se voir épauler face à une demande forte.

    Contrairement à mes prédécesseurs, je crois que le logement est un réel besoin en Polynésie. Lorsque l’on regarde les chiffres des années précédentes et les demandes de logement déposées à l’OPH (Office polynésien de l’habitat, NDLR) qui sont montées jusqu’à 7 000, cela signifie qu’il y a un vrai besoin au niveau de la population. Le gouvernement a multiplié ses efforts, nous en sommes à 8 milliards d’investissement par an dans le logement social et passons d’une trentaine de logements livrés en 2012 à plus de 500”, explique ainsi Édouard Fritch, satisfait de voir un privé répondre au besoin d’une certaine classe de la population.

    Il y a des jeunes ménages qui ne peuvent investir plus de 15 ou 20 millions pour se loger, qui ont des moyens, mais pas suffisamment.
    Ce genre de projet vient répondre à cette demande d’une partie de la population. Ici, un appartement avec deux chambres va être vendu entre 18 et 20 millions de francs, c’est à la portée des jeunes qui travaillent et qui veulent emprunter à la banque sans se serrer la ceinture à en mourir.” 

    Et entre le logement social et les projets tels que la Villa Spencer, la mise en place des opérateurs privés de logement social viendra compléter la gamme de logements en fonction des revenus.

    Ces derniers bénéficieront de la défiscalisation nationale et d’une aide du Pays à hauteur de 20 à 25 %.

     

    F.C.

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