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Violée par son père pendant 10 ans : “Son pardon je n’en veux pas”

mardi 20 février 2018

assises

Il aura fallu deux tests ADN pour que le père reconnaisse les viols, a minima. (© Florent Collet)

De ses 9 ans à ses 19 ans. Des viols, des menaces, des coups, des insultes et une enfant née de cette relation incestueuse. Des scarifications, des tentatives de suicide. Le silence d’une mère et les dénégations d’un père.

Le cauchemar d’Adeline* durant une décennie avait déjà valu à son père d’être jugé par la cour d’assises l’an dernier. Il avait été condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Mais l’homme de 54 ans a trouvé la peine trop lourde. Il a donc décidé de faire appel, au grand désespoir de sa victime. “Je ne voulais plus en reparler”, confie-t-elle à la barre hier, alors qu’elle doit à nouveau revenir sur les faits.

Dans son box, Claude*, son père, les yeux fermés, ne cesse de secouer la tête pour démentir ce que sa fille lui reproche. Une constante pour l’accusé qui a toujours nié les faits, lorsque la jeune femme, alors âgée de 19 ans, les a révélés.

Une fillette est née de ces rapports incestueux, mais il faudra que deux tests ADN prouvent sa paternité pour que Claude reconnaisse des rapports, mais uniquement à partir de l’âge de 16 ans, et ce même si la fille était déjà enceinte à 15 ans.

“Quand elle avait envie, j’acceptais. Quelques fois, c’est moi qui avais envie”, explique l’homme, malgré les preuves qui s’accumulent et les déclarations de sa fille. “Elle n’a pas envie de dire la vérité, moi je ne veux rien cacher, je dis toute la vérité”, se défend-il en référence au pacte de secret qu’il aurait lié avec elle.

Mais la jeune femme, elle, n’attend plus qu’une chose de la justice. “Ne plus jamais le revoir, c’est catégorique”, affirme-t-elle d’un ton mélangeant la colère et la tristesse. “On ne peut pas dire que le premier jugement m’a apaisé, car cela reste. Peut-être qu’il est en prison, que je ne le vois plus, mais cela reste en moi. Il a gâché toute ma vie, et pas seulement la mienne, celle de ma fille aussi.”

La jeune fille poursuit quelques minutes plus tard : “Ses excuses, je n’en veux pas, son pardon, je n’en veux pas. Pour moi, ce n’est pas mon père, c’est rien du tout. Mon seul père, c’est mon grand-père qui a été là pour moi. Mon père n’a été là que pour me faire souffrir.”

Peinant à reconnaître ses torts, il faut des questions très directes de son avocate pour que Claude reconnaisse sa honte, admette a minima ses torts : “J’ai détruit son honneur à elle, à moi aussi, mais c’est le sien qui a été bafoué. » L’audience prendra fin aujourd’hui, Claude encourt 20 ans de réclusion criminelle. 

F.C.

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