Violence faite aux femmes – “Les trois-quarts du temps, les blessures d’enfance sont à l’origine du problème”

    dimanche 8 mars 2015

    Pour Sylvia Surlemont présidente de l’association Vahine Orama à Moorea, la violence conjugale est “un phénomène qui concerne énormément d’hommes et de femmes dans le Pacifique et dans le monde entier”. L’association Vahine Orama a pour but d’écouter et d’accompagner les victimes de violences conjugales. “Les femmes appellent pour demander ce qu’elles peuvent faire”.
     L’association les dirige alors vers des services spécialisés tels que les hôpitaux, les gendarmes, ou les médecins selon la gravité des cas. Elle a aussi un rôle accompagnateur auprès des femmes, et les aide dans leurs démarches.

    Il existe une journée contre les violences à l’égard des femmes, qui se déroule le 25 novembre de chaque année. Mais force est de constater qu’une seule journée ne suffit pas à dénoncer les actes abjects que certaines femmes peuvent vivre dans leur quotidien. L’existence d’une journée pour célébrer la femme, montre selon Sylvia Surlemont, que nous vivons dans une “société patriarcale”, où les femmes doivent encore lutter pour leurs droits fondamentaux.  
    Notre souci de l’actualité, met en première ligne de ce quotidien, la violence faite aux femmes. Ce sujet est cependant trop vaste pour englober toutes ses dimensions. Il convient d’abord de le définir. Est considéré comme violence faites aux femmes, un acte agressif, subi par une femme, de la part d’un autre individu : ami, voisin, conjoint, etc. La violence peut s’exercer sous quatre formes différentes : physique, psychologique, sexuelle et spirituelle.
    Aussi surprenant que cela puisse paraître, dans les couples violents, il y a beaucoup de femmes profondément amoureuses. Un comportement qui a son explication. Pour Elisabeth Alary, psychothérapeute basée à Moorea, “ces actes de violences réactivent chez ces femmes, quelque chose d’archaïque”. S’ensuit alors une relation amoureuse inconditionnelle pour leur conjoint, qui rend le détachement difficile. Il est néanmoins important de rappeler que les actes de violences conjugales ne sont pas imputables qu’aux hommes. Sylvia Surlemont rappelle que si “la femme prend des coups, il y a aussi celles qui donnent des coups à leurs hommes”. Une réalité bien triste.

    Cicatrices du passé

    La violence est un acte qui, commis à répétition, masque un passé lourd. “Les trois-quarts du temps, les blessures d’enfances sont à l’origine du problème” explique Sylvia, qui est aussi une bénévole accompagnatrice. “L’enfant qui voit l’un de ses parents battre l’autre, s’il n’y a personne qui lui montre que la réponse n’est pas cela et que ce qu’il voit n’est pas un exemple, quel exemple aura-t-il pour se construire ?”. Une réflexion que partage la psychothérapeute Elisabeth Alary, qui travaille bénévolement pour l’association Vahine Orama. “Lorsque j’entends ce que des hommes ou des femmes ont vécu dans leur enfance, je me demande comment ils ont fait pour aller de l’avant”, s’interroge-t-elle.
    Sylvia Surlemont considère que le problème des hommes violents réside principalement dans le fait qu’une grande partie “ne connaît que cela ; et ils n’ont jamais vu autre chose”. Selon la bénévole, leur “guérison” passe donc par un tiers qui lui montre que la réponse reste avant tout le dialogue et non la violence. Mais cela “demande du temps, de la volonté et du courage”. De plus, elle pointe du doigt le fait que “nous vivons dans une société où l’exemple montré n’est pas le plus beau”. La bénévole, qui travaille avec Elisabeth Hermant, fondatrice de Vahine Orama, estime que pour ces personnes, il est “difficile de faire la part des choses”. C’est en cela qu’elle préconise de faire de la prévention dans les écoles, les collèges et les lycées, pour que les jeunes soient alertés par ces sujets, dès leur plus jeune âge.

    NY

    Lire aussi dans notre édition de ce dimanche notre micro-trottoir « A vous la parole » sur le sujet et notre rencontre avec Marie-Noëlle Epetahui, la présidente de l’association Vahine Orama Tahiti Iti.

    Elisabeth Alary, psychothérapeute, bénévole pour l’association Vahine Orama : “Notre rôle est d’écouter”

    “En Polynésie, la culture fait que les gens sont énormément dans l’émotion, dans leur rapport au corps. Ils ne sont pas habitués à communiquer par la parole. Ce qui donne lieu à des réactions émotionnelles. Le cerveau émotionnel est aux inconscients. Et donc, lorsque quelque chose ne va pas, la personne est très mal, sans réellement en connaître la cause. Elle va réagir instinctivement par une réaction physique. Le fait d’être dans l’émotionnel plutôt que dans l’organisation psychique apporte énormément de qualités humaines. Les réactions de sentiments d’amours sont alors très fortes. Nous voyons souvent des personnes qui s’aiment incroyablement. Étant dans une position psychologique, nous avons un grand respect de la personne, en tant qu’être humain parce que l’on sait qu’il existe une souffrance humaine. Notre rôle est d’écouter ces personnes, et ensuite, d’essayer de leur apporter une compréhension de ce qu’il se passe.”

     

    Étude comparative du cerveau de l’homme et de la femme

    Elisabeth Alary revient sur une étude menée il y a une vingtaine d’années, par l’un de ses confrères psychothérapeute. Son enquête par échantillonnage a mené ce dernier à établir des hypothèses sur le fonctionnement du cerveau de l’homme et celui de la femme. L’explication obtenue par cette enquête de terrain pourrait montrer que l’homme est davantage prédisposé à commettre des actes de violence. Une conclusion qui, bien entendu, est à prendre avec des pincettes. “Les femmes font un va et vient permanent entre la partie cognitive et la partie émotionnelle de leur cerveau. Tandis que les hommes fonctionnent uniquement avec un côté de leur psychisme. Ils sont soit dans le rationnel, soit dans l’émotionnel. Mais pas les deux en même temps. De ce fait, lorsqu’une femme a une contrariété émotionnelle, c’est la raison qui lui permet de relativiser cette émotion. N’être que dans l’émotionnel, fait péter les plombs”.

    Jean 2015-03-09 05:42:00
    Super votre tritre en noir sur fond noir!!! Tres lisible! Bidon va!
    3 neurones 2015-03-08 19:42:00
    Ben voyons, et selon une étude du docteur poivrot, la consommation d'alcool est totalement étrangère à tout ça !!

    C'est facile de ne trouver que des excuses à des écervelés
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