Habillage fond de site

Violences faites aux femmes : la Polynésie française particulièrement concernée

mercredi 20 décembre 2017

 

Les violences  au sein des couples sont très répandues  en outre-mer  et notamment  en Polynésie française  et en Nouvelle-Calédonie (DR).

Les violences au sein des couples sont très répandues en outre-mer et notamment en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie (DR).


Le conseil économique, social et environnemental (Cese) a été sollicité
en juillet 2016 par le Premier ministre pour rendre un avis sur les violences faites aux femmes dans les territoires ultramarins. Ce rapport de 242 pages a été remis hier à Annick Girardin, ministre des Outre-mer, et s’intitule “Combattre les violences faites aux femmes en outre-mer”. Cette enquête pointe du doigt un fait alarmant : les territoires ultramarins sont particulièrement touchés par ce type
de violences. C’est le cas notamment
de la Polynésie française et de la
Nouvelle-Calédonie.

 

Les territoires d’outre-mer, points noirs en matière de violences faites aux femmes. C’est en tout cas la conclusion alarmante du conseil économique, social et environnemental (Cese). Intitulé “Combattre les violences faites aux femmes en outre-mer”, ce rapport long de 242 pages a été commandé par le Premier ministre en juillet 2016 et remis mardi à Annick Girardin, ministre des Outre-mer.

Si l’île de La Réunion fait figure de bonne élève, avec des taux de violences égaux à ceux de l’Hexagone, les autres territoires ultramarins comme la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie présentent des taux beaucoup plus élevés que la moyenne nationale.
Ce rapport démontre notamment que dans “l’ensemble des territoires ultramarins, la très grande majorité des atteintes volontaires à l’intégrité physique sont des violences non crapuleuses, autrement dit des violences exercées au sein du milieu familial et notamment des violences conjugales” (voir page suivante).  

Saint-Martin est le territoire d’outre-mer avec le plus haut taux de victimes pour cet indicateur. Suivent ensuite la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. Selon le directeur général des outre-mer  (DGOM), elles ont augmenté dans les territoires entre 2010 et 2015, particulièrement à Mayotte et en Guyane, puis en Nouvelle-Calédonie, à La Réunion et en Polynésie française.

Homicides au sein du couple : le fenua particulièrement touché

Selon les conclusions de l’enquête, la perte de dignité liée à la perte de leur emploi par les hommes a souvent été identifiée, notamment en Polynésie française, comme une source potentielle de violences faites aux femmes. L’entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, ou ONU-Femmes, identifie également les disparités au niveau économique, éducationnel et professionnel dans la relation intime entre les hommes et les femmes comme un facteur aggravant de violences subies par ces dernières. Ce facteur a été souligné à plusieurs reprises par divers interlocuteurs comme déterminant dans les violences faites aux femmes.

Plus alarmant encore, à partir de 2010, une enquête présente un ratio du nombre d’homicides pour 100 000 habitants permettant d’identifier les départements proportionnellement les plus touchés par les homicides au sein du couple. Les DOM-COM apparaissent régulièrement parmi les plus touchés, en particulier la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. Et en 2015, la Polynésie française présentait le plus fort ratio nombre de faits/habitant.

Des dispositifs de protection encore à la traîne

Pour lutter contre ce fléau, la grande majorité des territoires ultramarins organise des campagnes de sensibilisation sous des formes diverses : affichage, spots télévisés, forums, débats, clips vidéo… De son côté, la Polynésie française a organisé à trois reprises des Assises de l’aide aux victimes et de la prévention de la délinquance, dont les dernières datent de fin 2016. Les violences sexuelles et les violences intrafamiliales étaient notamment des thèmes phares. La Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes du 25 novembre et la Journée internationale des femmes du 8 mars sont également l’occasion de manifestations particulières dans tous les outre-mer.

Par ailleurs, les associations offrent un soutien logistique aux victimes et diffusent une information pratique, tant curative que préventive. Par exemple, un service de point info famille, d’écoute, d’aide aux victimes, d’hébergement ou d’accueil de jour.

Au niveau juridique, depuis la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites aux femmes, “toute personne victime de violences vraisemblables et en danger dans le couple peut demander une ordonnance de protection”. Le juge aux affaires familiales ne délivre cette ordonnance d’une validité de six mois qu’au regard des éléments dont il dispose, la requête devant remplir certaines conditions afin d’objectiver la vraisemblance des violences, le danger et l’urgence. En Polynésie française, le dispositif se met progressivement en place. L’ordonnance de protection n’a été transposée qu’en décembre 2012 sur le territoire. Trente-huit demandes d’ordonnance ont été formulées au mois de novembre 2016, contre 14 demandes en 2015.  

L’éloignement du conjoint violent est recherché, le cas échéant au cours de l’enquête et avant la levée de la mesure de garde à vue, ou à l’audience de jugement (par exemple, sursis avec mise à l’épreuve assorti de l’interdiction de paraître au domicile de la victime et/ou d’entrer en contact avec celle-ci). Cependant, l’Association polyvalente d’action judiciaire (Apaj) regrette que l’éviction du conjoint violent ne soit pas assez pratiquée en
Polynésie.

Désiré Teivao

Désiré Teivao
0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

French Bee, compagnie aérienne low cost, enchaîne les retards, annulations ou “problèmes techniques”. Pour vous :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete