Visite au fenua de Louis Aliot, vice-président du Front national

    lundi 5 décembre 2016

    alliot FN

    Louis Aliot a été accueilli, vendredi dernier, au soir, par une poignée de militants Front national du fenua, dont Éric Minardi, le représentant local du parti. (© Vaiana Hargous)

     

     

    Louis Aliot, député européen et vice-président du Front national (FN), est arrivé vendredi dernier, au soir, de la Nouvelle-Calédonie, pour présenter aux Polynésiens, le programme outre-mer de son parti, dans le cadre de la présidentielle de 2017. Il sera également amené à rencontrer les huit maires qui ont donné leur parrainage à Marine Le Pen, les partisans locaux et d’autres personnalités du fenua dont le nom n’avait pas été dévoilé vendredi dernier.

     

     

    Quel est l’objet de votre venue en Polynésie française ?
    Je viens dans le cadre de la présidentielle. Marine (Le Pen, NDLR) a développé à La Réunion et à Mayotte, il y a quelques jours, le programme de l’outre-mer, pour replacer tout simplement l’outre-mer au centre des préoccupations de la métropole, parce que
    beaucoup de métropolitains, aujourd’hui, ont tendance à croire que l’outre-mer ne sert à rien et coûte cher.

    Donc, pour nous, il s’agit de démontrer l’inverse, que c’est une richesse pour notre pays et que la France n’est la France que parce qu’elle est aujourd’hui sur l’ensemble des océans.

     

    Quels sont vos objectifs en venant ici ?
    Je suis parlementaire européen. Je siège à la délégation Afrique-Caraïbes-Pacifique et donc la Polynésie française, et au-delà le Pacifique, représente un enjeu environnemental. On parle beaucoup d’environnement au Parlement européen, par rapport à la montée des eaux.

    De ce point de vue-là, il y a des programmes d’actions concrètes qui sont menés – pas assez – et puis il y a tout l’aspect institutionnel des îles dont il faudra que l’on parle quand même, puisque ce n’est toujours pas réglé.

    Et j’espère qu’avec nos amis de Polynésie, nous allons pouvoir confronter notre vision à la fois métropolitaine et polynésienne pour savoir quelle est la meilleure solution pour l’avenir.

     

    Ici, il y a un candidat à la présidentielle, Oscar Temaru. Qu’en pensez-vous ?
    Oui, on devait être dans le même avion, mais il n’y était pas parce que je crois qu’il n’a pas obtenu les parrainages qu’il escomptait en Nouvelle-Calédonie…
    Mais ce serait, pour une fois, un candidat qui vient de l’outre-mer français et je trouve ça très bien.

     

    Est-ce que la décision de François Hollande de ne pas se présenter change quelque chose ?
    Oui, ça change beaucoup de choses pour la métropole, et surtout pour l’état du parti socialiste, qui est en très grande difficulté puisqu’il est désormais divisé en deux, c’est-à-dire les pro-Valls et les anti-Valls, et que la primaire, très certainement, ne réglera pas ce problème-là.

    Donc de ce point de vue, on va vers des turbulences de la gauche très importantes. La droite a réglé le problème. Nous avons, nous, notre candidate, donc tout se passe pour le mieux pour l’instant.

     

    En métropole, le FN affiche une belle progression. Comment l’expliquez-vous ?
    C’est Marine Le Pen, il faut quand même le dire, tout le travail qu’elle a fait pour améliorer l’image du Front national et du Rassemblement Bleu Marine, et puis tous les gens qui sont venus aussi grossir nos rangs. On est passé de 18 000 adhérents quand Marine a pris le Front National, pour arriver aujourd’hui à plus de 80 000.

    Nous avons été en tête de tous les scrutins, au premier tour en tout cas. Ça a été valable aux régionales, aux départementales, aux européennes. Nous avons douze mairies.

    Les enquêtes d’opinion nous prédisent pour l’élection présidentielle entre 25 et 30 % et au moins un groupe à l’Assemblée de 50-60 députés si Marine ne gagne pas la présidentielle.

    Donc il y a une dynamique, clairement, et à quoi l’attribuer ? J’allais vous dire à la personnalité de Marine, mais aussi, il faut quand même le dire, à l’échec total des politiques que mène la France depuis 40 ans. Ils se sont succédé à droite, ils se sont succédé à gauche, systématiquement pour exactement la même politique.

     

    Cette dynamique nationale est-elle arrivée en Polynésie ?
    Oui, les scores que nous avions il y a 20 ans en Polynésie et ceux d’aujourd’hui ont beaucoup évolué, y compris dans les effectifs. C’est vrai que c’est un territoire très lointain pour nous. La Calédonie était beaucoup plus proche.
    Mais on s’aperçoit qu’il y a un rééquilibrage et que les scores de la Polynésie sont aujourd’hui du même niveau et je pense qu’ils progresseront encore.

     

    Comment transpose-t-on les idées du FN en Polynésie, notamment au sujet de l’immigration ?
    Justement, vous ne la transposez pas de la même manière. C’est plutôt sur la défense de la France, de la grande France, de son outre-mer précisément. Vous défendez un aspect économique, défense des populations, de tout ce qui fait l’économie locale en très grande difficulté.

    Et je pense que des territoires aussi vastes que cela, mais aussi peu peuplés et aussi éloignés de Paris, méritent une attention particulière et on peut comprendre une autonomie parce que la Polynésie est pratiquement autonome, comme la Nouvelle-Calédonie, on ne peut le comprendre qu’à l’intérieur de la République française.

    Donc moi, je viens aussi défendre ça, pour maintenir le territoire à la République française et à la France.

     

    Que pensez-vous du projet d’arrêt de la surrémunération des fonctionnaires d’outre-mer ?
    On s’est prononcé contre, on ne voit pas les grosses économies que ça va faire. Il y a beaucoup plus de gaspillage qui pourrait être évité et je pense que ça fait partie justement des appuis au développement de ces territoires. Et vraiment, vouloir couper ces crédits-là, ça ne rime à rien.

     

    Propos recueillis par V.H.

     

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