Habillage fond de site

Visite ministérielle – Sur le terrain, les représentants de la société civile ont de nombreux besoins

jeudi 16 février 2017

outre mer égalité

 

La ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, sera en visite officielle en Polynésie française à partir de demain. Transition énergétique et numérique, condition féminine, rencontre avec les sinistrés des inondations du 22 janvier…

Plusieurs thématiques seront abordées lors de son séjour et feront l’objet d’échanges avec les responsables politiques de Polynésie. Mais qu’attend la société civile ?
La Dépêche de Tahiti a interrogé plusieurs acteurs de la vie culturelle, sportive, médicale ou sociale. Leurs besoins sont nombreux… et précis.  

Marie Guitton

 

Tepuanui Snow, président de la Fédération associations de parents d’élèves (Fapeep) : “La création du statut juridique des aides maternelles en Polynésie”

tepuanui snow

 

“Grâce aux financements du contrat de ville, qui se déploie sur neuf communes de l’agglomération urbaine, des formations sur la parentalité ont été données à Pirae ou Papeete par exemple. Mais qu’advient-il des autres communes qui ne bénéficient pas de ces crédits et dans lesquelles nous avons aussi beaucoup de parents qui veulent devenir de meilleurs parents ?

Dans le cadre du volet de cohésion urbaine du contrat de ville, on parle de réussite scolaire et, pour l’atteindre, de coéducation et de parentalité. Pourquoi les communes qui ne relèvent pas du contrat de ville, mais qui relèvent bien de l’État, ne bénéficient-elles pas de ces mêmes crédits pour la formation des parents ? On veut bien appliquer la cohésion sociale dans certaines communes, mais pas dans d’autres ?

Nous souhaiterions donc demander l’extension de ces crédits à la ministre des Outre-mer. C’est une question politique qui relève de l’État et que nous avions déjà évoquée avec le directeur de cabinet de la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Le deuxième point, que nous avions également soulevé, concerne les Atsem (Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles, NDLR).

Un rapport vient d’être présenté en métropole sur l’évolution “urgente et nécessaire” de leur statut. Or, ce statut juridique n’existe même pas en Polynésie française ! Aujourd’hui, ce sont des femmes de service, des taties, qui exercent le métier d’Atsem sans en avoir la reconnaissance professionnelle, ni le niveau de rémunération.

En juillet 2016, le CESC (conseil économique, social et culturel, NDLR) a adopté un vœu sur la création du statut juridique des aides maternelles en Polynésie. Mais chacun se renvoie la balle. Or, les écoles publiques du premier degré sont de compétence communale et les communes relèvent de l’État.

Donc, ce que l’on demande, c’est que l’État prenne les choses en main. Pour s’occuper des enfants en section des tout-petits, on a besoin d’avoir des personnes formées. Il faudrait au minimum que les femmes de service passent une équivalence du CAP petite enfance. Il existe aujourd’hui 38 sections des tout-petits. Ça serait bien si on arrivait déjà à former 38 femmes de service. La principale difficulté des communes est budgétaire. Donc il faut que l’État les dote de moyens financiers supplémentaires pour leur permettre de financer le fonctionnement de ce personnel.”

 

 

Manouche Lehartel, directrice par intérim du Musée de Tahiti et des îles : “Obtenir en dépôt des pièces maîtresses de la culture polynésienne”

03 manouche Archives LDT

 

“Dans le contexte actuel, étant donné que j’occupe l’intérim de la direction du Musée de Tahiti et des îles pendant trois mois et que l’on travaille sur le projet de futur musée, eh bien, je lui demanderais de nous aider à obtenir en dépôt des pièces maîtresses de la culture polynésienne ancienne, conservées dans des réserves des musées de France.

Il y en a des centaines et des milliers. Il ne s’agit pas de mettre en dépôt chez nous des pilons qu’on a déjà en 500 exemplaires, ni de ‘récupérer’ des œuvres. On connaît parfaitement la clause d’inaliénabilité des collections. Ce dont on parle, c’est d’obtenir en dépôt des pièces maîtresses de notre patrimoine ancien, qui se trouvent probablement par exemple au Musée du Quai Branly et qui ne sont pas en exposition.

Au niveau culturel un peu plus large, je lui demanderais de nous apporter son soutien pour le projet de centre culturel, de médiathèque de Vaiami, pour le classement de Taputapuatea, le classement des Marquises et celui du ’ori Tahiti au titre du patrimoine immatériel de l’Unesco.”

 

 

Élise Maamaatuaiahutapu, dite Tutu, de la fédération tahitienne de va’a : “Arriver à faire vivre le va’a,  l’un des piliers de la culture polynésienne”

élise maamaatuaiahutapu

 

“Le va’a est l’un des piliers de la culture polynésienne, pratiqué par 4 634 licenciés dans 230 clubs. La fédération tahitienne de va’a œuvre pour le maintien de ce sport, fondement de l’identité polynésienne, moteur de la réussite scolaire et sanitaire, et qui aide au maintien de la paix sociale. Ce que nous aimerions dire à la ministre, c’est que nous nous sentons démunis par le peu de moyens dont nous disposons pour arriver à faire vivre ce sport, à plusieurs égards culturels.

La course de la Hawaiki Nui Va’a, par exemple, qui participe au rayonnement de la France des outre-mer dans le monde, est portée par des bénévoles. Nous connaissons les limites de ce schéma d’organisation, d’autant plus que les financements sont toujours remis en question et diminuent au fil des ans, ce qui fragilise davantage la course. Et les conditions sont encore plus défavorables pour toutes les autres compétitions de va’a.”

 

 

Olivier Kressmann, président du Medef – Polynésie française : Que se passera-t-il demain en cas de grosse catastrophe climatique ?”

kressmann olivier

 

“Je suis surpris, étonné, qu’il n’y ait pas la moindre rencontre avec les forces économiques polynésiennes au programme de la ministre. Je pense qu’il y avait au moins un sujet important à aborder : que se passera-t-il demain en cas de grosse catastrophe climatique ? Si une catastrophe dévaste la Punaruu et emporte des centaines de milliards de francs ? C’est le problème de fond de la non-existence du régime CAT NAT (catastrophes naturelles, NDLR) en Polynésie française.

On voit bien, partout dans le monde, que les changements climatiques provoquent des cataclysmes. Ce n’est pas en curant nos rivières qu’on les évitera. Or, on appartient à la République française. Dans le cadre de l’égalité réelle outre-mer, puisque la loi vient de passer, qu’en est-il ?”

 

 

Retrouvez l’intégralité de notre dossier dans l’édition du jour ou au feuilletage numérique

 

 

 

10
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Le Pays a lancé l'opération "plage propre", vous sentez-vous concernés ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete