Viti veut faire sa place dans la téléphonie mobile

    vendredi 29 juillet 2016

    Viti

    Mario Nouveau, directeur de Viti, ne s’interdit pas de se lancer un jour dans la téléphonie mobile. (Photo : archives LDT)


    Le gouvernement réfléchit à la possibilité d’installation d’un troisième opérateur

     

    Et si un troisième opérateur de téléphonie mobile s’installait à Tahiti ? La société Viti y pense. En effet, récemment, le fournisseur d’accès Internet, concurrent direct de Vini, aurait manifesté sa volonté de déposer un dossier pour obtenir une licence de téléphonie mobile un jour.

    Le but du jeu pour Viti, profiter, dans les années à venir, de l’extension de son réseau 4G sur toute la Polynésie française pour ensuite jouir des multiples possibilités que cela offre et, en premier lieu, le transport de la voix.

    En effet, là où la 2G ne faisait que transporter le son, et là où la 3G semble ne pouvoir servir qu’à l’Internet, la 4G serait le couplage des deux.

    Selon nos sources, la présidence a déjà reçu ce dossier. Une information que la direction de Viti modère, expliquant qu’elle n’a fait que répondre à une demande du gouvernement dans le cadre des évolutions et des potentiels des nouvelles technologies.

    En effet, selon une autre source au gouvernement, le Pays mène actuellement une analyse sur la taille du marché de la téléphonie mobile et le nombre d’opérateur que ce marché peut digérer. Une analyse qui devrait être présentée dans le courant du mois de septembre.

    Évoquée en soutien, la société Digicel n’est pour l’heure pas concernée par cette entrée dans le monde de la téléphonie mobile.

    Coulée dans ses espoirs en 2010, Digicel, déjà implantée en Guadeloupe, en Martinique ou encore en Guyane mais aussi aux Samoa, Tonga, Vanuatu, Papouasie Nouvelle-Guinée, Fidji et Nauru, n’aurait effectivement pas perdu toutes velléités de revenir tenter sa chance au fenua.

     

    “On va compléter notre couverture”

     

    “Cette rumeur plaçant la société Viti dans la téléphonie mobile n’est pas totalement infondée”, expliquait hier Mario Nouveau, directeur de Viti. “Cette réflexion est liée à une étude que fait le gouvernement. Nous sommes opérateurs, notre boulot c’est d’étendre notre réseau.”

    Problème, l’OPT ne joue pas nécessairement le jeu pour laisser des antennes-relais à prix abordables pour cette extension de réseau. Aussi, Viti songe à développer elle-même son réseau par satellite.

    “Moorea, nous avons l’obligation d’y aller”, explique Raymond Colombier, directeur commercial chez Viti. “Nous serons dans les îles Sous-le-Vent dans un an”, poursuit Mario Nouveau. “En 2020, nous aurons couvert la totalité de la Polynésie.”

    De fait, une fois le maillage réseau installé en 4G, la réflexion est en cours pour proposer une nouvelle offre de service. “Notre activité dans les télécoms pourrait ne pas rester uniquement dans la partie que nous avons. Nous sommes dans l’ère d’Internet des objets ; on va pouvoir améliorer des tas de choses”, poursuit Mario Nouveau.

    “Les professionnels que nous sommes ne peuvent pas ne pas réfléchir… Ne peuvent pas ne pas programmer. On va compléter notre couverture… Qu’est-ce qu’on peut compléter de plus ?” “Nous avons la 4G, si nous voulons faire de la voix, nous pouvons, c’est 5 à 10 % de l’occupation des réseaux, pas plus”, poursuit Raymond Colombier.

    Pendant la demi-heure d’échanges que la direction de Viti a accordée à La Dépêche, Mario Nouveau, comme le directeur commercial, tournera autour du pot.

    “Nous avons un réseau parfaitement adapté pour ça”, explique Raymond Colombier. “On va booster”, s’amuse Mario Nouveau. “C’est peut-être pour ça que nos concurrents ont tant de mal à partager leurs antennes-relais avec nous.”

    Que la société se lance dans le défi ou non, elle aura au moins montré son ambition.

     

    Bertrand Prévost

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