Voeux: Hollande oppose la réforme et l’audace aux conservatismes et aux populismes

mercredi 31 décembre 2014

François Hollande s’est fait mercredi dans ses voeux pour 2015 le chantre de la réforme, de l' »audace » et de la « confiance » face aux conservatismes et aux populismes, se gardant toutefois de toute promesse ou annonce majeures après une année 2014 qualifiée de « rude ».
L’Elysée avait annoncé des voeux « combatifs ». Et le chef de l’Etat a tenu parole, au moins sur la forme, prononçant pour la première fois cette allocution solennelle de neuf minutes, assis à sa table de travail du palais présidentiel, flanquée des drapeaux européen et français.
« Nous avons toutes les raisons d’avoir confiance en nous mais à une condition: avancer, faire preuve d’audace, refuser le statu quo, écarter la régression », a-t-il lancé d’une voix ferme, usant à foison du « je » comme pour souligner sa primauté au sein de l’exécutif.
« J’ai tenu bon et suivi fermement le cap que je m’étais fixé », a-t-il martelé, prônant la « persévérance », la « constance » et le « travail dans la durée ».
Une manière de tourner la page d’une année 2014 marquée par l’éclatement de sa majorité avec le départ des Verts du gouvernement, le feuilleton de sa vie privée marqué par sa séparation d’avec Valérie Trierweiler, et les scandales qui ont éclaboussé plusieurs ministres et membres de son entourage. Mais une manière aussi de rester dans la course pour la présidentielle de 2017.
Reparti à la conquête de l’opinion, François Hollande, président le plus impopulaire de la Ve République mais dont la cote a connu un léger rebond en décembre, a tenté ainsi de refermer sur une note d’espoir une année 2014 qui, de son propre aveu, a été « rude et jalonnée d’épreuves de toutes sortes ».
2014 restera de fait marquée par une série de sévères revers électoraux pour la gauche, un nouveau dérapage des déficits publics et une croissance atone. Mais c’est surtout sur la question du chômage qui a atteint un nouveau record en novembre que le président Hollande était attendu.
Sur ce point, il est resté prudent après avoir échoué un an plus tôt à « inverser la courbe du chômage », observant simplement que « face au chômage, c’est en faisant preuve d’initiative que nous réussirons ».
 

– la loi Macron, ‘un coup de jeune’ –

 
Le chef de l’Etat en est d’ailleurs persuadé: « La France est prête à se transformer » et « vous y êtes prêts », a-t-il lancé aux Français. « Mon devoir, avec le gouvernement de Manuel Valls, c’est de tout faire, tout entreprendre pour préparer la France de demain, de tout donner pour notre pays », a-t-il poursuivi.
La traduction imminente de cette volonté sera le vote de la loi Macron pour l’activité et la croissance, censée libérer les énergies entrepreneuriales. Prochainement débattue au Parlement, elle donnera, selon lui, « un coup de jeune » à la société française. « La France avancera donc l’année prochaine, dans tous les domaines et pour tous (…) Ce combat, je le mènerai jusqu’au bout, contre les conservatismes, et ils sont nombreux, contre les populismes, et ils sont dangereux », a-t-il souligné.
Le chef de l’Etat n’en a pas moins rappelé l’entrée en vigueur au 1er janvier de son pacte de responsabilité, annoncé lors de ses voeux de 2013, pour lancer un nouvel appel aux entreprises, instamment priées « d’embaucher et d’investir ».
« Devant les menaces qui montent, qui s’appellent terrorisme, communautarisme, fondamentalisme, ce n’est pas en nous divisant, en stigmatisant une religion, en cédant à la peur que nous nous protégerons », a-t-il ajouté.
Cet appel à l’unité du pays et le rappel des « principes » -les « règles communes, la laïcité, l’ordre républicain, la sécurité des personnes, la dignité de la femme »- étaient d’autant plus attendus après la récente série d’agressions à Joué-les-Tours, Dijon et Nantes.
Récemment converti à l’écologie, François Hollande a souligné aussi que l’année 2015 serait « une année essentielle pour la planète », plaidant même pour une « déclaration sur les droits de l’humanité » lors de la conférence mondiale sur le climat que la France accueillera à Paris fin 2015.
« Je ferai tout pour que, à Paris, en 2015, la conférence soit un succès », a-t-il insisté.
Premier à réagir dans un tweet, Manuel Valls a salué un « président déterminé » et « combatif, promettant à l’unisson « un gouvernement mobilisé pour agir pour les Français et retrouver la confiance ». Comme s’ils s’étaient donné le mot, Claude Bartolone, le président PS de l’Assemblée nationale, a vu en François Hollande un président « combatif et optimiste ».
Le chef de l’Etat « n’entend pas les souffrances des Français », a en revanche déploré Pierre Laurent (PCF).
Quant à Laurent Wauquiez (UMP), il a jugé le président « à bout de souffle ». « Après la courbe du chômage qui ne s’est jamais inversée, la pause fiscale qui n’est jamais venue et le pacte de responsabilité qui n’a eu aucun effet sur notre économie, il en est aujourd’hui réduit à implorer passivement un retour de la croissance pour 2015 », a-t-il dénoncé.
« Il ne suffit pas d’agiter beaucoup les mains en parlant +audace+ et +confiance+ pour devenir comme par magie un président audacieux, capable de faire renaître la confiance », a réagi Marine Le Pen (FN).

AFP

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