Vol au-dessus d’un banc de baleines

    mardi 4 octobre 2016

    banc

    Quand la baleine dévoile son ventre blanc aux observateurs du ciel. (Crédit : Mata Tohora)

     

    Un pilote a permis à l’association Mata Tohora d’observer les baleines depuis le ciel. L’association a pu effectuer un comptage des mammifères sur un temps court. Il faudrait toutefois multiplier les survols pour constituer un panel de données représentatives.

     

    Si grandes, et pourtant si petites vues du ciel. Les baleines à bosse qui peuplent actuellement nos eaux offrent un nouveau visage en prenant de la hauteur. Les mégaptères sont plus facilement observables par les privilégiés qui peuvent survoler les océans. Une chance offerte par un pilote à l’association Mata Tohora, mandatée par la direction de l’environnement, pour faire appliquer les règles d’approche des cétacés et observer les mammifères marins.

    La semaine dernière, sa présidente, Agnès Benet, a abandonné son costume de justicière pédagogue pour reprendre ses habitudes de biologiste marine. Au cours d’un vol d’environ trois heures qui lui a permis de longer les récifs de Tahiti, Moorea et Tetiaroa, la scientifique a pu effectuer un véritable comptage. Bien plus pratique que la seule embarcation gonflable dont dispose l’association, il s’agit “d’un moyen technique qui dépasse tous nos souhaits”, confie la présidente de Mata Tohora.

    Ce jour-là, ce sont ainsi 21 baleines qui ont été comptabilisées. Un chiffrage qui n’a pas forcément valeur scientifique. “Cela n’est pas significatif. Nous n’avons vu que deux baleines à Moorea ce jour-là. Le lendemain, nous en avons comptabilisé deux fois plus. Il faudrait faire plusieurs vols pour avoir une moyenne significative. L’idéal serait de réitérer l’expérience régulièrement”, explique ainsi Agnès Benet, toujours ouverte aux propositions de pilotes qui voudraient effectuer des heures de vol au profit de l’association.

    Faute de moyens, il n’existe en effet aucune donnée sur le nombre de baleines venant se reproduire ou donner naissance dans les eaux polynésiennes. Impossible donc de déterminer une tendance à la hausse ou à la baisse de la population de cétacés et de l’éventuel impact de l’activité humaine sur les mammifères marins. “Cela permet toutefois d’avoir une vue d’ensemble sur un temps court.

    Si la biologiste n’a pas vu d’orques ce jour-là, elle a néanmoins remarqué bon nombre de baleines entrées dans le lagon, probablement pour se protéger des mâles qui les harcelaient. Sur les clichés fournis par l’association, les baleines semblent souvent nager en trio. “En ce moment, nous voyons souvent des configurations du type “une maman, un bébé et un mâle escorte”, qui cherche à s’accoupler”, confirme la scientifique.

    À noter qu’en avion aussi, il existe des règles d’approche : il est interdit de descendre à moins de 300 mètres du niveau de la mer. La distance reste toutefois suffisante pour apprécier la beauté majestueuse des baleines à bosse.

     

    Florent Collet

     

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