Habillage fond de site

Des voleurs repartent avec le coffre de l’école Manotahi

vendredi 22 septembre 2017

tribunal prévenus

Compte tenu de la tension et des menaces proférées par l’un des prévenus, les gendarmes se sont interposés entre les deux individus. (© Florent Collet)

L’ambiance est tendue dans la petite salle d’audience. Encadré de deux gendarmes, P.R. adresse un regard noir à N.T., laissant peu de doute sur la nature de leurs relations. Lorsque les deux prévenus sont appelés à la barre, les gendarmes viennent se placer entre eux et l’avocate de P.R. l’invite à ne pas faire preuve d’agressivité.

Le 9 septembre, les deux hommes se seraient introduits dans l’école Manotahi, à Punaauia, en écartant des louves à l’aide d’une pioche. À l’intérieur, ils ont réussi à desceller le coffre-fort de l’école en arrachant une partie du mur. Il contenait notamment la recette de la cantine, soit 126 000 F.

Pour faciliter le déplacement de cet objet lourd et volumineux, les deux voleurs l’ont mis dans un bac à poubelle pour prendre la poudre d’escampette.

Mais tous deux ne partagent pas la même version des faits. N.T. a avoué tandis que P.R. conteste et n’apprécie pas que son comparse l’ait impliqué dans l’affaire. Le président du tribunal explique ainsi qu’il a menacé de mort N.T. à quinze reprises.

Il leur faudra cependant patienter pour connaître le fin mot de l’histoire. Les deux hommes ne partageant pas la même version, une avocate commise d’office a dû être déplacée rapidement au tribunal sans prendre connaissance du dossier et l’affaire a été renvoyée au 9 octobre.

 

Parcours chaotiques

 

Pour savoir si les deux hommes allaient être placés ou non en détention, le tribunal s’est tout de même penché sur leurs parcours chaotiques.

P.R., âgé de 27 ans, habitant du quartier Lucky à Papara, est l’avant-dernier enfant d’une fratrie de sept enfants.

Chassé par sa famille à l’âge de 13 ans, il a grandi dans la rue, mais a tout de même réussi à décrocher des emplois de pompier volontaire et de chauffeur qu’il a perdu en raison d’un casier judiciaire qui fait état de 11 condamnations, notamment pour vol et port d’une arme à feu sans autorisation.

Il affirme pourtant s’être calmé depuis la naissance de sa fille. Il indique d’ailleurs vouloir pouvoir s’occuper d’elle pour permettre à sa femme de travailler. “Je pense que ça va lui faire mal si son père n’est pas là”, explique-t-il au tribunal.

Le destin de N.T. est peut-être encore plus sombre. Âgé de 19 ans et SDF, il dort sur la plage à Punaauia, où il est parfois hébergé par un homme pour qui il effectue quelques travaux.

Abandonné à l’âge de 4 ans, il dit ne pas savoir qui est sa famille. Son dossier indique qu’il a  été placé dans plusieurs foyers pour lui éviter “un père méchant et alcoolique”. Malgré son plus jeune âge, lui aussi a un casier chargé avec neuf condamnations.

Comme l’explique le procureur, le vol en réunion, en entrant par effraction, dans un lieu public, leur fait encourir une peine de 10 ans de prison, qui est doublée à 20 ans en raison de la récidive.

Le représentant du ministère public demande également le placement en détention des deux hommes, pour éviter que P.R. ne commette des pressions sur N.T. ou sa famille, et de crainte que N.T. ne se représente pas à l’audience.

Ce dernier ne cache pas sa crainte au tribunal. “J’aimerais ne pas être dans la même prison que lui”, murmure-t-il à la barre lorsqu’il est appelé à s’exprimer une dernière fois.

“Je vais avoir le temps de prouver mon innocence”, indique de son côté P.R.

Il le fera depuis Nuutania, où il a été conduit à l’issue du délibéré. N.T., lui, a été placé sous contrôle judiciaire et devra aller pointer deux fois par semaine à la brigade de Punaauia en attendant le jugement.

 

F.C.

 

 

296
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

Samedi se tient l’élection de Miss France. Selon-vous Miss Tahiti sera :

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete