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Les vols n’ont toujours pas repris à Ua Pou

mercredi 29 mai 2019

Heifara Garbet, directeur d’Air Archipels, et Manate Vivish, directeur général d’Air Tahiti, attendent que les garanties de sécurité soient complètes à Ua Pou pour que les vols puissent reprendre.

Heifara Garbet, directeur d’Air Archipels, et Manate Vivish, directeur général d’Air Tahiti, attendent que les garanties de sécurité soient complètes à Ua Pou pour que les vols puissent reprendre. (© Yan Roy)


Lundi, le gouvernement exigeait qu’Air archipels, filiale d’Air Tahiti, reprenne les vols sur les îles de Ua Pou et Ua Huka, interrompus le 17 mai pour raisons de sécurité. Hier, la compagnie indiquait avoir eu les garanties de sécurité pour la reprise des vols à Ua Huka. Concernant Ua Pou, elle estime que les conditions ne sont toujours pas réunies. La direction de l’Aviation civile a proposé des solutions.

“Personne ne pourra imposer à un dirigeant responsable de reprendre une activité alors qu’il n’a pas les éléments qui lui garantissent la parfaite sécurité des vols. Ce n’est pas possible, pas acceptable”, indiquait, hier matin, Manate Vivish, directeur général d’Air Tahiti, en présence du directeur général de sa filiale Air archipels, Heifara Garbet.

Après le communiqué du Pays, diffusé lundi après-midi, exigeant la reprise des vols Air archipels sur les îles de Ua Huka et de Ua Pou, aux Marquises, l’opérateur aérien a pris la parole à son tour. Injoignable lundi, la direction avait choisi de ne communiquer que le lendemain, mardi.

Si les vols Air archipels à destination de Ua Huka et Ua Pou ont été stoppés le 17 mai, à l’initiative de la compagnie, c’est pour des raisons de sécurité, assurait, hier, sa direction. Une décision prise après avoir eu connaissance de rapports d’audit du Service d’État de l’aviation civile (SEAC) datant de janvier, dont aurait eu connaissance la compagnie en avril.

“Nous avons attiré l’attention de la direction de l’Aviation civile de manière à ce que ces écarts soient traités de manière urgente. Sans réponse, nous avons pris la décision de suspendre les vols. Dès lors, des réunions se sont tenues — comme quoi, l’urgence déclenche des choses — de manière à trouver le plus rapidement possible des solutions”, précise Manate Vivish.

 

Atterrissage et décollage modifiés à Ua Huka

 

Lundi, donc, quand bien même le ministre de tutelle, Jean-Christophe Bouissou, indiquait que les problèmes soulevés par cet audit étaient réglés, et que les vols devaient reprendre, la compagnie n’était toujours pas du même avis. Ou plutôt, pas complètement.

Car, hier, les vols ont effectivement pu reprendre entre Nuku Hiva et Ua Huka. Après concertation avec le SEAC, l’activité a redémarré. “On a pu se mettre d’accord avec les aviations civiles, État et Pays, vendredi dernier”, selon Air Tahiti, qui précise que l’avion ne se posera plus, désormais, que dans un sens, opposé à celui
qui était habituel.

Une nouvelle configuration de vol qui suppose d’apprécier différemment les contraintes liées à l’environnement météo, prévient Air Tahiti.

En clair, des annulations plus fréquentes qu’auparavant ne sont pas à exclure. D’ailleurs, un avion a dû faire demi-tour, hier, en raison des vents trop forts pour un atterrissage. À bord de l’avion, un géomètre missionné pour faire des relevés topographiques du site.

 

“La sécurité d’abord”

 

Entre Nuku Hiva et Ua Pou, les vols sont toujours à l’arrêt. Sur cette île, reste en effet un point crucial à traiter : le risque de déformation de la piste au niveau d’une buse passant dessous. Selon Manate Vivish, “quand on demande à la direction de l’Aviation civile (DAC) : ‘dites-nous qu’un affaissement de la piste ne peut pas se produire au niveau de la buse’, elle ne peut pas nous le confirmer.” Il poursuit : “Tant que la sécurité des passagers n’est pas absolument garantie, nous ne reprendrons pas l’activité. La sécurité d’abord. Et puis, il en va aussi de notre responsabilité pénale en tant que dirigeants…

À Ua Pou, des arbres ont percé des trouées d’envol. Des obstacles sont apparus mais la mairie a certainement fait le nécessaire et élagué ces arbres. Nous attendons confirmation. Demeure le problème de la solidité de la piste au niveau de la buse. La réponse doit venir de la DAC”, insiste Air Tahiti.

Contacté, le directeur de la DAC, Georges Puchon, est formel.

 

Travaux “d’urgence et provisoires”

 

Comme le ministre des Transports interinsulaires, il assure qu’aucun écart “majeur” (non-conformité impactant la sécurité et justifiant à très court terme un arrêt de tout ou partie de l’activité aéroportuaire) n’est identifié dans les rapports d’audit des deux aérodromes.

Selon lui donc, l’activité n’aurait pas dû s’arrêter. “Des écarts significatifs ont été relevés, la DAC a proposé un plan d’actions au SEAC qui l’a accepté.”

Face au refus d’Air archipels de reprendre les vols à Ua Pou, Georges Puchon indique que des “travaux d’urgence et provisoires”, sur recommandation du bureau d’études IPSI, consistant à combler les canalisations de la buse pour éviter tout effondrement, doivent être entrepris rapidement.

Le ministre des Transports inter-insulaires a sollicité hier son collègue de l’Équipement en ce sens. Parallèlement, le directeur de la DAC prévoyait de proposer une autre alternative à l’opérateur aérien : un plan de décollage modifié permettant d’éviter le passage au-dessus de la buse.

“Le labo TP a fait des essais avec un camion de 13 tonnes au-dessus de la buse : rien n’a bougé. Un Twin-Otter représente une charge de 5,7 tonnes”, précise aussi Georges Puchon.

De son côté, Air Tahiti dit attendre l’assurance que les vols peuvent reprendre à Ua Pou.

 

YR

 

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