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Washington menace de passer à l’action en Syrie

jeudi 6 avril 2017

Le chef de  la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a mis  en garde  la Russie sur son soutien indéfectible  à Damas. (Photo : Mandel Ngan/AFP)

Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a mis en garde la Russie sur son soutien indéfectible à Damas. (Photo : Mandel Ngan/AFP)

Donald Trump a menacé hier de passer à l’action en Syrie au lendemain d’une attaque chimique présumée imputée au régime de Damas, que le président des États-Unis a qualifiée d’“odieuse” et d’“affront à l’humanité”.

Son chef de la diplomatie Rex Tillerson a également mis en garde la Russie sur son soutien indéfectible à Damas, pendant que le Conseil de sécurité de l’ONU négociait une résolution de condamnation de cette attaque qui soulève une indignation internationale.

Au moins 86 personnes, dont 30 enfants, ont été tuées lors d’un raid mené mardi sur Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d’Idleb. Les médecins ont relevé tous les symptômes d’une attaque chimique : pupilles dilatées, convulsions, mousse sortant de la bouche.

“Cette attaque sur des enfants a eu un énorme impact sur moi”, a lancé Donald Trump lors d’une conférence de presse avec le roi Abdallah II de Jordanie. Le président républicain a reconnu que son “attitude vis-à-vis de la Syrie et d’Assad avait nettement changé”, soulignant que “ce qui s’était passé était inacceptable”.

 

“Beaux petits bébés”

 

Avec ce raid imputé au régime syrien, de “nombreuses lignes” ont été “franchies”, a-t-il souligné, en allusion à la “ligne rouge” que s’était fixée son prédécesseur Barack Obama à propos des attaques chimiques du régime syrien. Donald Trump a évoqué “les petits enfants et même de beaux petits bébés” qui ont péri. “Leur mort fut un affront à l’humanité. Ces actes odieux par le régime d’Assad ne peuvent pas être tolérés”, a-t-il martelé à la Maison Blanche.

Il n’a toutefois pas dit ce qu’il comptait faire. Depuis le début du conflit en mars 2011, la Syrie divise les Occidentaux et les Russes, bloquant tout effort multilatéral pour mettre fin à une guerre qui a fait plus de 320 000 morts.

Mais alors que Donald Trump a maintes fois plaidé pour se rapprocher de son homologue russe Vladimir Poutine, en particulier pour régler la crise syrienne, son administration s’est montrée hier très sévère contre Moscou.

Le secrétaire d’État Tillerson a prévenu qu’il était “temps que les Russes réfléchissent vraiment bien à la poursuite de leur soutien au régime Assad”. Le ministre américain, attendu les 11 et 12 avril à Moscou, a ajouté qu’“il n’y avait aucun doute dans (son) esprit : le régime syrien sous la gouverne de Bachar al-Assad est responsable de cette attaque atroce”.

Même fermeté à l’ONU de l’ambassadrice américaine Nikki Haley qui a fustigé la Russie pour n’avoir pas su tempérer son allié syrien. Elle a menacé de mesures unilatérales des États-Unis en cas d’échec d’une action “collective” des Nations unies.

 

AFP

 

 

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