XVes Jeux du Pacifique – Bilan des sports collectifs

    mercredi 22 juillet 2015

    Les sports collectifs tahitiens n’ont pas réussi à décrocher de médaille d’or en Papouasie-Nouvelle-Guinée alors qu’il y en avait eu deux en Nouvelle-Calédonie (basket-ball et volley-ball féminins). À l’exception du football
    qui a fait mieux qu’en 2011, les autres sports co ont obtenu un classement identique à celui de Nouméa pour deux d’entre eux (basket-ball masculin et beach-volley féminin) et à la baisse pour les autres (basket-ball féminin, volley-ball féminin et masculin et beach-volley masculin). Le rugby à VII tahitien n’a, comme d’habitude, pu envisager monter sur le podium, la discipline mettant en scène aux Jeux du Pacifique des équipes de réputation mondiale. Le bilan des sports collectifs est donc globalement moins bon qu’il y a quatre ans, mais il faut souligner que le niveau d’ensemble a été plus relevé à Port Moresby qu’il ne le fut à Nouméa.

    Patrice Bastian

    Football : entre satisfaction et regret

    Le football tahitien a fait mieux qu’à Nouméa en passant du bronze à l’argent. Mais cette satisfaction
    est atténuée par une finale ratée contre la Nouvelle-Calédonie. La sélection tahitienne U23 (catégorie d’âge imposée pour la première fois aux Jeux) s’était fixée le podium pour objectif et, en ce sens, elle n’a pas déçu. Elle fut également à la hauteur tout au long du tournoi, exceptée la finale déjà évoquée. Tahiti s’était mis en jambe (30-0) contre une pitoya-ble équipe de Micronésie (plus de cent buts encaissés en trois matches), avant d’aborder un match décisif contre le Vanuatu pour la qualification pour les demi-finales. Parfois bousculés, les Tahitiens ont eu du caractère pour retourner la situation et gagner 2-1. Ils en ont eu aussi contre une rugueuse équipe fidjienne pour décrocher le nul (0-0) malgré deux expul-sions en fin de match. Ils ont continué à être solides en demi-finale face à la Papouasie même s’ils se sont fait peur en fin de match lorsque les Papous sont revenus à 2-1. Et puis vint la finale au cours de laquelle les Tahitiens sont totalement passés à côté. Les Néo-Calédoniens livrèrent certes une grosse production, mais cela leur fut d’autant plus facile qu’ils affrontèrent un adversaire qui avait perdu ses valeurs collectives et qui était sans inspiration. Tahiti avait loupé son match au plus mauvais moment, mais la campagne des joueurs de Patrice Flaccadori restera quand même une réussite.

    Basket-ball féminin : le titre perdu, mais du bronze quand même

    Médaillée d’or à Nouméa, la sélection féminine s’était envolée vers Port Moresby avec l’objectif de garder son titre, d’autant qu’elle disposait d’un potentiel très intéressant. Mais c’était sans compter sur les équipes des Samoa américaines et plus encore de Fidji qui disposaient d’un effectif comprenant quelques joueuses qui jouent en universités américaines. Si les filles de Georgy Adams n’ont pas eu de problème en matches de poule pour remporter leurs trois rencontres (Papouasie-NG, Nauru et Guam), elles se sont heurtées aux Samoa américaines (63-75) et Fidji (48-72) en play-offs, ces deux défaites les écartant de la finale. Leur mérite a été d’oublier leur déception pour rebondir (62-51) lors du match pour le bronze contre la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les Tahitiennes étaient à leur place derrière les Samoa américaines et Fidji qui a survolé le tournoi, y compris en finale.

    Basket-ball masculin : ils ne pouvaient mieux faire

    La sélection masculine tahitienne a connu un parcours presque similaire à celui des femmes. Similitude également avec deux équipes qui étaient aussi au-dessus du lot chez les hommes, Guam et Fidji. Similitude enfin quant au match pour le bronze, les deux sélections s’imposant contre la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les joueurs de Honoura Bonnet ont réalisé un premier tour sans faute avec quatre victoires (Guam qui ne disposait pas encore de son joueur professionnel, Salomon, Samoa et Kiribati). Coup d’arrêt en play-offs avec deux défaites contre la Papoua-sie et Fidji, mais la victoire sur le fil (78-77) contre les Samoa américaines permettait aux Tahitiens de se qualifier pour les demi-finales. Ils étaient alors largement dominés (89-57) par Guam qui avait récupéré son pro qui évolue en Australie, Wesley Tal. Mais le capitaine Meuel et ses partenaires avaient les ressources pour prendre leur revanche (83-73) sur la Papouasie et remporter la médaille de bronze. C’était le maximum qu’ils pouvaient espérer. Guam a logiquement décroché l’or contre Fidji.

    Volley-ball féminin : l’or s’est joué à rien

    Le tournoi féminin de volley-ball a commencé par un coup de tonnerre avec la victoire sèche en trois sets des Samoa américaines face à Tahiti qui restait sur douze médailles d’or obtenues lors des treize dernières éditions
    des Jeux du Pacifique. Et Tahiti peinait de nouveau le lendemain contre Fidji, ne l’emportant qu’au tie-break. Les Tahitiennes enchaînaient heureusement ensuite les victoires en poule, puis en demi-finale contre la Nouvelle-Calédonie. Elles retrouvaient les Samoa américaines en finale et n’avaient pas l’étiquette de favorites compte tenu du parcours impressionnant des Samoanes. Mais Valéria Paofai-Vaki et ses coéquipières livrèrent une finale extraordinaire d’intensité pendant cinq manches (Tahiti avait gagné la deuxième et la quatrième) y compris lorsque Valéria se blessa et ne put participer au quatrième set et au tie-break. Ce dernier engendra un énorme suspense. Les Tahitiennes furent tout près de l’emporter lorsqu’elles menèrent 13-12 et qu’une attaque de Taiana Tere était déclarée faute alors que le contre adverse semblait avoir touché le ballon. Ce sont finalement les Samoa américaines qui l’emportaient 17-15 pour s’octroyer la médaille d’or. Mais Tahiti méritait tout autant de monter sur la plus haute marche du podium, ce qui ne consolait pas les filles de Claude Sanidin. Ceci étant, la sélection féminine tahitienne n’avait jamais rencontré une équipe du niveau des Samoa américaines aux Jeux du Pacifique.

    Volley-ball masculin : ils espéraient mieux

    L’objectif annoncé était la médaille d’or et pour ce faire, le volley tahitien masculin avait fait revenir tous ses joueurs qui évoluent en métropole. Mais l’amalgame a tardé à prendre et Tahiti a dû se contenter du bronze à Port Moresby, soit moins bien qu’à Nouméa où les joueurs d’Abel Temarii avaient décroché l’argent, battus en finale par Wallis qui a gardé son titre à Port Moresby. Les Tahitiens s’étaient baladés en poule en remportant tous leurs matches 3 sets à 0 (Kiribati, Papouasie, Salomon, Guam). Ils paraissaient s’être mis en confiance, mais grosse désillusion en demi-finale avec une sévère défaite (3-0) contre la Nouvelle-Calédonie qui n’apparaissait pas pourtant potentiellement supérieure à Tahiti. Le collectif n’avait pas fonctionné et les joueurs ont eu tendance à vouloir sauver l’équipe individuellement. Ce fut mieux lors du match pour le bronze contre les Papous que les Tahitiens battaient de nouveau 3-0. Mais le bilan était tout de même moins bon qu’envisagé au départ.

    Beach-volley féminin : elles pouvaient prétendre à l’or

    La jeune paire tahitienne constituée de Heiani Vaki et Vaimiti Lee Tham est parvenue à monter sur le podium malgré son manque d’expérience. Et si au départ, toutes deux et leur entraîneur Hervé de Vathaire auraient signé pour le bronze, c’était plutôt une petite déception que l’on voyait poindre dans le camp tahitien lors de la remise des médailles. Cela tenait à une demi-finale fort mal négociée alors que les deux Tahitiennes semblaient parties pour sa qualifier pour la finale. Auteurs d’un parcours quasi-parfait en poule et en play-offs (une seule défaite contre le Vanuatu), Heiani et Vaimaiti se retrouvaient en position de force contre Samoa en demi-finale alors que les deux équipes étaient à un partout et que les Tahitiennes menaient 9-4. Mais elles craquaient totalement en réception et voyaient la finale leur échapper. Et si elles avaient la satisfaction de décrocher le bronze le lendemain contre la Papouasie, elles nourrissaient des regrets lorsqu’elles voyaient les Samoa américaines remporter l’or alors qu’elles leur étaient intrinsèquement supérieures. Mais vue leur jeunesse, Heiani et Vaimiti auront l’occasion de se rattraper dans quatre ans.

    Beach-volley masculin : la grosse déception

    Vainqueurs aux Mini-Jeux deux ans plus tôt à Wallis-et-Futuna et face à des adversaires qui étaient sensiblement les mêmes qu’à Port Moresby, Steeve Tauraa et Terau Ena débutaient le tournoi en favoris. Ils confirmaient leur statut en matches de poule, mais chutaient à deux reprises en play-offs contre les Samoa américaines et la Nouvelle-Calédonie. On ne sentait pas la paire au mieux et cela ne tenait pas seulement au physique de Terau Ena, handicapé par des douleurs au genou. Aussi, lorsque le duo tahitien se fit sortir en quart de finale par les Papous sans avoir vraiment bataillé (21-17, 21-10), on ne fut pas plus étonné que cela. La déception était grande, mais le duo constitué de Steeve Tauraa et Terau Ena était en fin de cycle, ce que l‘on n’avait pas pressenti lors de la préparation à Tahiti.

    Rugby féminin : Tahiti n’aurait pas dû y être

    Deux cent soixante-six points encaissés en six matches, zéro marqué, la sélection féminine tahitienne n’avait rien à faire à Port Moresby. Il n’y a pas de championnat de rugby féminin à Tahiti, aussi, difficile de bâtir une sélection qui puisse tenir la route face à des nations huppées comme l’Australie (une première aux Jeux) ou Fidji et même des pays plus modestes en matière de rugby à VII. L’entraîneur Teiki Dubois a eu beau mettre en place une longue préparation, ses filles n’étaient pas au niveau car manquant par trop de vécu en compétition. Si le rugby féminin ne se développe pas au fenua dans les années à venir, inutile d’envoyer une sélection aux prochains Jeux.

    Rugby masculin : le gratin mondial et les autres

    Dixième sur douze à Nouméa, septième sur dix à Port Moresby, les éditions des Jeux du Pacifique se suivent et se ressemblent pour le rugby à VII tahitien. Mais il est vrai que les joueurs du fenua ne peuvent prétendre rivaliser avec des nations comme Fidji, Samoa, la Papouasie-Nouvelle-Guinée ou Tonga, des habitués du circuit mondial. Les Tahitiens ne peuvent avoir pour ambition à ce niveau que de viser la meilleure place possible en phase de classement. Ce fut la septième en Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais les protégés de Roland Frogier ne sont pas passés loin de faire mieux. Ils ont en effet été battus dans les dernières secondes (21-14) par les Salomon lors de leur premier match de classement, la défaite les versant dans la rencontre pour les septième et huitième places au lieu des cinquième et sixième. Ils finirent par un succès (21-10) face au Vanuatu, soit leur deuxième victoire du tournoi après celle acquise contre Guam en poule. La sélection tahitienne a fait ce qu’elle a pu et n’a pas rechigné au combat, mais elle se situait très loin de l’élite.

    MOOREA56 2015-07-22 20:18:00
    BOF!!!!!!!!!!!!!!!!!
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        Allez-vous voir Vaiana ?

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