XVes Jeux du Pacifique – Bilan des sports individuels

    jeudi 23 juillet 2015

    Après les sports collectifs (voir notre édition d’hier), place au bilan des sports individuels avec une première partie aujourd’hui, l’autre étant programmée dans notre édition de demain. Parmi les huit sports analysés ce jour, la natation ressort nettement du lot grâce à son équipe masculine qui a largement dominé sa discipline aux Jeux. Pour le reste et mis à part le tennis qui ne s’était pas vraiment fixé d’objectifs, les résultats ont été conformes ou inférieurs aux prévisions.

    Patrice Bastian

    Natation : la vague du succès

    Neuf médailles dont seulement deux en or (Rainui Teriipaia en brasse) à Nouméa, vingt-deux médailles dont huit en or à Port Moresby, le comparatif situe bien la dynamique retrouvée de la natation tahitienne ces dernières années. Toutefois, cela ne concerne que les hommes, la natation féminine tahitienne, absente à Nouméa, n’ayant été représentée que par deux jeunes filles à Port Moresby, Mehani Bernardino et Alizée Diaz. La moisson d’or a été en partie collective avec les trois titres en relais (4×100 NL, 200 m NL et 4×100 m 4 nages), Rahiti De Vos se distinguant sur le plan individuel avec quatre médailles d’or (200, 400 et 1 500 m NL et 200 m papillon). Teiki Dupont a complété le capital d’or grâce à sa victoire sur 200 m dos. Stéphane Debaere a, lui, été abonné aux médailles d’argent (50 m brasse, 50 m papillon, 50 et 100 m NL) barré par l’idole papoue Ryan Pini ou le brasseur tongien Amini Fonua. Stéphane s’est toutefois rattrapé en relais tout comme Hugo Lambert qui a décroché trois médailles d’argent et deux de bronze à titre individuel. Pour ses cinquièmes Jeux du Pacifique, Rainui Teriipaia, multi-médaillé d’or, a encore décroché deux médailles de bronze. L’émulation a fort bien fonctionné au sein du groupe et les bons résultats enregistrés d’entrée ont porté la natation tahitienne sur la vague du succès.

    Athlétisme : l’élite en phase de renouvellement

    L’athlétisme tahitien a fait moins bien à Port Moresby (9 médailles dont 2 d’or) qu’à Nouméa (18 médailles dont 8 en or), mais cela était prévu dans la mesure où la discipline est en période de transition avec le renouvellement de son élite. Les deux médailles d’or obtenues au stadium Sir John Guise l’ont été par deux athlètes confirmés et qui se distinguent au niveau national, Tumatai Dauphin (poids) et Raihau Maiau (longueur). L’unique médaille d’argent a aussi été décrochée par un athlète confirmé, Georges Richmond, qui a encore tenu son rang en prenant la deuxième place du semi-marathon à 50 ans passés. Élodie Menou (10 000 m), Lucie Tepea (perche), Christian Chee Ayee (poids handisport) et Heiata Brinckfield (3 000 m steeple), tous quatre médaillés de bronze, ont aussi du vécu, mais tous les autres membres de la sélection sont jeunes, voire très jeunes, et ils ont démontré qu’ils devraient être mûrs dans quatre ans pour monter sur les podiums. Loïc Mevel (5 000 m) et Gwoelani Patu (javelot) ont toutefois déjà goûté au podium en décrochant du bronze. Et si les autres n’ont pas terminé dans le tiercé de tête de leur discipline respective, ils ont quasiment tous battu leur record personnel. À noter aussi que le niveau de l’athlétisme fut en nette progression à Port Moresby par rapport aux éditions passées, ceci expliquant aussi que l’athlétisme tahitien n’ait pas obtenu plus de médailles. Mais l’on peut déjà envisager que ce sera beaucoup mieux dans quatre ans.

    Tennis : trois bronzes qui donnent le sourire

    Les deux entraîneurs, Patrice Cotti (hommes) et Olivier Fabre (femmes), s’étaient gardés de fixer des objectifs précis à leurs protégés, la berezina néo-calédonienne (0 médaille) quatre ans plus tôt les incitant à la retenue. Aussi, les trois médailles de bronze décrochées sur les courts de Port Moresby ont comblé la sélection tahitienne d’autant qu’elles ont été obtenues dans un contexte très relevé. Ce n’était pas attendu, mais ce sont d’abord les féminines qui ont agréablement surpris avec deux médailles, l’une par équipes, l’autre en doubles dames avec le duo Estelle Tehau-Mayka Zima. Ravahere Rauzy n’a pu aller au terme des Jeux pour cause de blessure (accident de bus), la jeune (14 ans) Naia Guitton prenant date pour l’avenir. Ce fut aussi le cas pour Rehiti Chin Meun et Reynald Taaroa, les possibilités de médailles chez les messieurs reposant principalement sur les épaules de Heve Kelley et Angelo Yersin. Tous les deux ont décroché le bronze par équipes, mais n’ont pu monter sur les podiums en simples et en doubles. Heve Kelley a joué le match pour le bronze en simples, mais l’a perdu, usé par la multitude de matches et manquant de fond physiquement suite à une préparation chahutée par le passage du Bac. Ce n’est probablement que partie remise pour Heve qui n’a que 18 ans et qui est programmé, s’il utilise bien sa marge de progression, pour décrocher de l’or dans quatre ans et au-delà.

    Triathlon : pas favorisé par les circonstances

    Point de médaille d’or pour le triathlon tahitien en Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais ce fut d’abord le fait de circonstances défavorables plutôt que de contre-performances. Si, chez les hommes, le Néo-Calédonien Audric Lucini était intouchable pour Benjamin Zorgnotti, qui a néanmoins livré une belle course pour décrocher l’argent, Salomé de Barthez a été spoliée d’une médaille d’or qui aurait dû lui revenir chez les dames. Alors qu’elle revenait sur la Néo-Calédonienne Charlotte Robin lors de la course à pied, le parcours était réduit de deux kilomètres pour cause d’incompétence de l’un des officiels chargé de guider les coureurs. Con-séquence, Salomé devait se contenter de la médaille d’argent alors que si la course à pied avait bien fait les cinq kilomètres, elle finissait devant la Néo-Calédonienne, c’est une certitude. Tahiti décrochait aussi de l’argent par équipes avec les classements cumulés de Benjamin Zor-gnotti, Salomé de Barthez et du jeune Keanu
    Lorfèvre qui a pris une bonne cinquième place chez les messieurs. Déception par contre avec la sixième place de Laurent Barra dont on attendait mieux, Poerava Van Bastolaire et Kari Armour-Lazzari faisant 6 et 7, un rang conforme à leur possibilité. Tahiti a fait globalement moins bien que ce qu’envisageait l’entraîneur Éric Zorgnotti, mais c’est d’abord le fait de la malchance de Salomé de Barthez.

    Squash : le niveau était trop relevé

    Le retour du squash tahitien aux Jeux du Pacifique s’est fait dans la douleur. Sur l’ensemble de tous les tableaux, seulement deux matches gagnés par Agnès Chantre dans le tournoi par équipes et par Ridge Chung en simples messieurs, lequel a laissé entendre qu’il allait plutôt se consacrer au tennis à l’avenir, conscient qu’il lui sera difficile de décrocher un jour une médaille en squash compte tenu du niveau relevé des Jeux. Ceci étant, Patrick Morelle, l’entraîneur des sélections, considère que le déplacement à Port Moresby fut une bonne expérience et qu’il faudra en tirer les leçons pour que la discipline progresse à Tahiti à l’avenir. Mais n’oublions pas que la sélection féminine a bien failli réaliser l’exploit de décrocher la médaille de bronze face aux Fidjiennes dans le tournoi par équipes, car Heimana Chung et Isabelle Olite n’étaient pas passées loin de s’imposer dans leur match. L’écart n’est donc pas si énorme et cela doit laisser des espoirs aux Tahitiens d’être plus compétitifs aux Jeux du Pacifique à l’avenir.

    Force athlétique/haltérophile : victime de ses dissensions à Tahiti

    Deux médailles pour huit athlètes, le ratio est très moyen pour la force athlétique tahitienne, et il fut nul pour l’haltérophilie qui n’a rien obtenu avec six athlètes en compétition dans une discipline qui offre pourtant une multitude de médailles (3 par catégories de poids, 1 pour chaque mouvement et pour le total) alors que la force athlétique ne met en jeu qu’une médaille par catégorie de poids, celle du total. Dans ce marasme, mention bien quand même en force athlétique à Manoa Fanaura, qui a décroché la médaille d’argent en +84 kg dames, et à Hinaui Teotahi, médaillé de bronze en -93 kg messieurs. Christian Pothier, le président, n’a pas caché que les dissensions internes à Tahiti, qui ont abouti à la création d’une fédération dissidente, n’avaient pas permis d’envoyer les meilleures sélections possibles à Port Moresby et que cela expliquait le piètre bilan en haltérophilie et en force athlétique.

    Body-building : en net retrait par rapport à Nouméa

    Comme la force athlétique et l’haltérophilie, le body-building tahitien n’a pas franchement brillé à Port Moresby. Mais si cela était envisageable pour les deux premières, le bilan du body-building est très décevant par rapport aux prévisions. Même si la disci-pline souffre aussi de dissensions au fenua, les six athlètes qui sont partis en Papouasie-Nouvelle-Guinée visaient l’or. Au final, Tahiti n’a obtenu qu’une médaille d’argent (Stanley Bruneau, -100 kg) et deux médailles de bronze (Gary Colombani, -70 kg, et Jean-Yann Maitere, -90 kg). Rappelons que le body-building tahitien avait obtenu six médailles dont quatre d’or chez les messieurs, agrémentées de deux médailles d’argent chez les dames (il n’y en avait pas à Port Moresby). Il va falloir assainir la situation à Tahiti si le body-building tahitien veut retrouver son niveau d’antan, et cela vaut aussi pour la force athlétique et l’haltérophilie.

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