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Il y a 50 ans, la première bombe H

jeudi 23 août 2018

 

La bombe H a été placée sous un ballon à une altitude de 520 m. Canopus est le tir ato- mique le plus puissant jamais réalisé par la France. (Photo : ECPAD)

La bombe H a été placée sous un ballon à une altitude de 520 m. Canopus est le tir atomique le plus puissant jamais réalisé par la France. (Photo : ECPAD)


Canopus est le nom du premier test par la France d’une arme à fusion nucléaire, dite bombe H. Cet essai nucléaire, le plus puissant jamais réalisé, a été effectué le 24 août 1968 à 8h30 au-dessus de Fangataufa. Tous les habitants de l’atoll de Tureia ont été évacués. Ceux de Mangareva, Reao et Pukarua ont inauguré leurs “abris.”

Devoir    de    mémoire… Il y aura 50 ans demain, la France est devenue la cinquième nation thermonucléaire, après les États-Unis, l’Union soviétique, le Royaume-Uni et la République populaire de Chine. Canopus explosa le matin du 24 août 1968 dans le ciel de Fangataufa.

L’énergie développée par la bombe d’environ trois tonnes fut colossale : 2,6 mégatonnes, soit plus de 170 fois l’énergie de la bombe de Hiroshima… ou plus que l’énergie totale développée par toutes les bombes conventionnelles de la Seconde Guerre mondiale.

La population de Tureia fut évacuée, les populations de Mangareva, Reao, Pukarua inaugurèrent leurs “abris”, sans que le Centre d’expérimentations du Pacifique (CEP) évoque officiellement les risques de retombées radioactives.

Comme en 1966, la force Alfa avec le porte-avions Clémenceau et ses bâtiments d’accompagnement fut constituée pour la campagne de tirs de 1968 : le déploiement du tiers de la flotte de guerre française constituait une démonstration de force.

Ce jour-là, à Mangareva, naissait un petit garçon que ses parents prénommèrent Jean Canopus. Quelques mois plus tard, lors d’un passage sur l’île, le ministre Robert Galley insista pour devenir son parrain. La France a effectué 46 essais nucléaires atmosphériques aux Tuamotu : 42 à Moruroa et 4 à Fangataufa.

L’énergie totale dispersée par ces explosions atmosphériques a été d’environ 13 000 kilotonnes, soit environ 860 fois l’énergie développée par la seule bombe de Hiroshima.

 

Folle course à la puissance

 

Le 13 février 1960, les ingénieurs militaires français avaient “réussi” le tir de leur première bombe A en plein Sahara. La course à la bombe H s’engageait déjà. L’obligation de passer aux essais souterrains en Algérie n’arrangeait pas les expérimentateurs qui, pour la bombe H, exigeaient des essais dans l’atmosphère.

Le 1er  novembre 1952, les Américains avaient testé leur première bombe H au-dessus de l’atoll d’Eniwetok et les Britanniques à Christmas en 1957-1958. À la surprise générale, moins d’un an après les Américains, l’URSS faisait exploser sa première bombe H au-dessus du Kazakhstan. Les “alliés de la France” voyaient d’un mauvais œil la France faire cavalier seul, refusant de se ranger comme les Anglais sous la tutelle américaine. Profitant d’une immense contestation internationale et du monde scientifique, les États-Unis, l’URSS et le Royaume-Uni s’allièrent en signant le traité d’interdiction des essais dans l’atmosphère.

Ce traité de Moscou fut signé le 5 août 1963. Les trois “Grands” savaient que la France et la Chine engageaient des recherches pour la bombe H. Et donc, que les deux pays devraient procéder à des essais aériens pour mettre au point ces bombes H, mille fois plus puissantes que les bombes A. Ils voulaient verrouiller le club des superpuissances.

Les ingénieurs du CEA n’arrivaient pas à mettre au point la technologie de la bombe H. Pour accélérer la découverte, le patron du CEA a mis en place des équipes de recherche différentes, qui travaillaient quasiment en concurrence.

La deuxième campagne de tirs à Moruroa était à peine commencée que, triomphale, la Chine, le 17 juin 1967, faisait exploser sa première bombe H. L’orgueil national français en prenait un sacré coup. Ce fut, paraît-il, une colère mémorable du général De Gaulle. Selon Pierre Messmer, alors Premier ministre, le général menaça de dissoudre le CEA et de confier aux Armées la recherche pour les armes nucléaires.

 

DG avec Moruroa.org

 

tureia nucléaire

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canopus

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bombe nucléaire

Dix minutes après l’explosion de la première bombe thermonucléaire française au-dessus de Fangataufa, la tête du nuage atteignait 24 000 m d’altitude. La trajectoire des retombées s’est orientée en direction du nord- est. Selon l’armée, des retombées ont été détectées à Tureia, puis à Pukarua et Reao le lendemain matin.

bombe H atomique nucléaire

Des avions Vautour ont été envoyés en “pénétration pilotée” dans le nuage radioactif. Ils ont effectué en tout 7 pénétrations avant d’aller se poser sur la piste de Hao. En 2006, le ministère de la Défense a reconnu qu’en une seule fois, deux aviateurs avaient reçu près de 4 fois la dose annuelle maximale admissible, selon les normes en vigueur dans les années 1960.

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