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Le yacht Tohitika a sombré vendredi dernier

lundi 8 janvier 2018

tohitika

Privé de radio, le capitaine du Tohitika a appelé les secours par téléphone, avant même de déclencher sa balise, puis préparé l’abandon du bateau, qui a sombré dans la soirée. (© JRCC)

Le bateau de croisière Tohitika, dont les 14 passagers ont été évacués sains et saufs vendredi dernier, en fin d’après-midi, au nord de Tahiti, par un hélicoptère Dauphin alors que l’embarcation était victime d’une voie d’eau, a sombré dans la soirée.

“Samedi, des recherches ont été effectuées par hélicoptère ainsi que par le Gardian de la marine, sans succès”, a expliqué, samedi dernier à La Dépêche, Clément Jacquemin, le directeur du Joint Rescue Coordination Centre (JRCC) qui dirige toutes les opérations de recherche et de sauvetage aéronautiques et maritimes dans la zone.

“La balise de détresse n’émettait plus”, a-t-il précisé. “Son signal a été perdu vendredi soir vers 20 heures, probablement l’heure où il a sombré entre 2 000 et 3 000 mètres de fond.”

Le directeur du JRCC estime que le sauvetage s’est déroulé dans des conditions certes difficiles mais satisfaisantes, car le Tohitika disposait d’une balise, d’un radeau de survie et de gilets de sauvetage, comme le lui impose la réglementation.

“Ça n’est pas toujours le cas”, a admis Clément Jacquemin. “Comme le compartiment machine a été envahi par l’eau, le bateau était privé d’électricité et n’avait donc plus de radio. C’est une chance que le Tohitika était encore à portée du réseau de téléphonie mobile de Tahiti. Il aurait dû d’emblée déclencher sa balise, sans attendre.”

Vendredi dernier, à 16 heures, le centre de recherche et de sauvetage en mer est averti qu’un navire de tourisme polynésien, avec 14 personnes à son bord (il peut accueillir jusqu’à 30 passagers), se trouve en avarie totale de propulsion.

“Après avoir rapidement localisé l’embarcation au nord de l’île de Tahiti grâce au déclenchement de sa balise de détresse, le JRCC, sous l’autorité du haut-commissaire de la République, engage l’hélicoptère Dauphin interadministrations de la flottille 35F ainsi que le remorqueur portuaire et côtier (RPC) Manini pour une mission de recherche et sauvetage”, a indiqué René Bidal, le représentant de l’État dans un communiqué diffusé samedi dernier.

“À 17 heures, l’hélicoptère arrive sur zone et commence l’opération de treuillage pour évacuer les naufragés, sains et saufs, vers Tahiti. À 18 h 10, ils sont pris en charge par les pompiers de Faa’a et de Papeete, coordonnés par la direction de la protection civile”, indique le haut-commissaire, qui précise que parallèlement à l’opération de recherche et sauvetage, il a décidé de l’envoi d’une équipe d’évaluation de la base navale de Papeete à bord du RPC Manini afin de réaliser, notamment, une analyse de l’état du navire et du risque que ce dernier pouvait représenter pour l’environnement. Il souligne que des mesures ont par ailleurs été prises pour assurer la sécurité de la navigation.

Le capitaine du Tohitika, Tepea Guillain, a expliqué à nos confrères de TNTV qu’après trois heures de navigation depuis Tahiti en direction de Tetiaroa, de l’eau a pénétré dans la cale arrière : “Je pense que c’est le poids de la glacière à l’arrière qui a fait qu’une vague est passée à l’arrière. (…) Ça nous a bien stoppés. Les pompes de cale se sont arrêtées de fonctionner. Après plusieurs tentatives, impossible de vider l’eau. (…) La vigilance, c’était d’abandonner le navire.”

Le capitaine a alors appelé Tahiti par téléphone mobile, puis a déclenché sa balise, mis à l’eau le radeau de survie et demandé à tous les passagers de s’équiper de leurs gilets de sauvetage.

À quelques dizaines de minutes près, cette même opération de sauvetage en mer réalisée de nuit aurait été beaucoup plus délicate à mener à bien.

 

Damien Grivois

 

naufrage tohitika

 

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