Yachts : “Au moins un milliard de francs” de retombées

    samedi 22 août 2015

    Les célébrités hollywoodiennes profitent de cette saison fraîche pour fréquenter les hôtels de très haut standing du fenua. Jennifer Aniston ou Léonardo DiCaprio, pour ne citer qu’eux, se sont récemment dorés la pilule sur les plages de Bora Bora et Tetiaroa. 
    Mais d’autres fortunés, moins connus du grand public, bien que tout aussi riches (voire même bien plus), disposent quant à eux, localement, de leur propre pied-à-terre. Ou plutôt pied-à-mer. 
    Chaque année, en moyenne, une cinquantaine de yachts, soit des navires de luxe d’au moins 25 mètres de long, jettent l’ancre en Polynésie. Leurs propriétaires, têtes couronnées des pays du Golfe, oligarques russes ou dirigeants de multinationale, y séjournent de temps à autre au gré de leurs voyages effectués en jets privés. Pourtant, au début des années 1990, à peine “trois yachts” sillonnaient chaque année nos eaux. 
    Le déclic s’est produit en l’an 2000 avec l’organisation de la célèbre Coupe de l’America en Nouvelle-Zélande, se souvient Étienne Boutin, qui a fondé l’agence maritime Tahiti Océan en 1995 : “Cet événement a créé un véritable buzz. Ces personnes riches ont découvert le Pacifique Sud qu’elles ne connaissaient pas et y sont revenues”. 
    Parallèlement à leur arrivée, de multiples prestataires de services se sont développés au fil du temps : agences maritimes gérant paperasserie et ravitaillement, chantiers navals, frigoristes, électriciens, mécaniciens et autres y trouvent aujourd’hui leur compte. 
    “Selon moi, il y a localement une centaine d’entreprises qui bénéficient de leur venue. Cela donne beaucoup de boulot à tout le monde”, souligne Étienne Boutin. 
    Alain Blin ne le contredira pas. À la tête du chantier Technimarine à Motu Uta, il a investi, en 2010, 180 millions de francs dans un élévateur pouvant supporter des navires d’un poids allant jusqu’à 300 tonnes. 

    “Luxe absolu”

    “L’idée était qu’avec ce matériel, j’étais en mesure de sortir de l’eau tous les bateaux de pêche locaux et, en complément, des yachts. Aujourd’hui, j’effectue le carénage pour quatre ou cinq d’entre eux par an. Nous faisons également quelques petits travaux mécaniques. De nombreux amis, prestataires, travaillent aussi régulièrement sur ce type de navires”, explique-t-il. 
    Pour autant, l’activité “yacht” ne représente à l’heure actuelle qu’une part “marginale” de son chiffre d’affaires. 
    Les retombées économiques indirectes pour le Pays générées par ces super-riches sont néanmoins conséquentes même si elles ne sont pas quantifiées avec précision. 
    “Cela rapporte au moins un milliard de francs par an. Les gens qui séjournent sur ces bateaux, mais aussi les équipages, ont les moyens. Et, contrairement aux passagers des paquebots de croisière, eux consomment local et beaucoup”, croit savoir Étienne Boutin. “À chaque fois que je mets un bateau en carénage, l’équipage dort à l’hôtel. Ils font le plein de vivres, de gasoil. Il y a une vraie consommation”, renchérit Alain Blin. 
    Car les propriétaires de yachts ont des moyens sans limite. Un agent du Port Autonome, qui monte régulièrement à bord de ces navires, est toujours autant émerveillé. 
    Par le raffinement des lieux, certes, mais pas seulement : “C’est le luxe absolu mais ce qu’il y a de plus beau à l’intérieur, ce sont souvent les femmes”. 

    “De plus en plus gros”

    Peu de Polynésiens intègrent, en revanche, à temps pleine les équipages bien que des entreprises locales tentent de les placer, comme l’explique Étienne Boutin : “Ce sont des places recherchées. Mais c’est un avant tout un monde anglo-saxon où l’on retrouve des Anglais, des Néo-Zélandais, des Australiens et des Sud-Africains. En 2012, pourtant, deux Tahitiens ont été embauchés comme équipiers sur un bateau de 50 mètres et ils sont toujours à bord aujourd’hui.” 
    La plupart de la cinquantaine de yachts à mouiller dans les eaux polynésiennes y revient régulièrement, se félicitent également les professionnels du secteur. 
    Seul problème : les nouveaux arrivants surpassent en taille les plus anciens. 
    “Nous disposons d’une bonne capacité d’accueil pour les navires ne dépassant pas les 60 mètres. Au dessus, il n’y a quasiment rien. Il faudrait que le Port Autonome invertisse dans un quai qui leur serait destiné. Ils viendraient”, assure Étienne Boutin. 
    “Nous sommes obligés de jongler avec les arrivées dans le port de Papeete et les paquebots ont la priorité”, constate pour sa part un membre de la capitainerie : “On manque un peu de place car ces bateaux sont de plus en plus gros. On en voit maintenant de plus de 100 mètres”.
    Habituellement, les yachts quittent le fenua à l’orée de la saison cyclonique. Leur destination privilégiée ? La Nouvelle-Zélande qui compte de multiples chantiers spécialisés. Ils y seront mis au sec jusqu’au retour des beaux jours. 

    J-B. Calvas
    jcalvas@ladepeche.pf

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    dadi 2015-08-24 06:53:00
    des retombées pour qui? parce que dans la rue c'est de plus en plus dur!!
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