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Yael Naim en concert à la Casa Mahina ce vendredi

jeudi 26 avril 2018

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La douceur à l’état pur. Yael Naim est sans doute encore plus douce que ses chansons et le public de Moorea, le week-end dernier, a été conquis par l’artiste, qui se produira demain à Tahiti, à la Casa Mahina. Son ou plutôt ses univers ne manquent pas de charme envoûtant, mais c’est sans aucun doute “New Soul” (qui a été la chanson de la publicité pour le MacBook Air d’Apple) qui a fait d’elle une artiste planétaire. Rencontre.

 

 

Faire la promotion de ce que l’on fait, dans les médias, ce n’est pas trop pénible ?

On a la chance de faire notre musique, de s’exprimer. Qu’on puisse parler de ça, vivre de cela, c’est chouette. Après, évidemment, je préfère faire de la musique que des journées entières de promo, mais cela fait partie du métier.

 

Vous disiez à la radio pouvoir tout dire dans vos chansons. Est-ce naturel pour vous de parler de vos chansons ?

Dès fois, je peux essayer d’expliquer, mais il n’y a pas tout dans l’explication, il y a beaucoup d’inconscient qui passe. Il y a des chansons où je peux parler de tel ou tel mot, d’autres sont plus mystérieuses, même pour moi.

 

Vous disiez voir des images quand vous composez. Le clip et les images sont-ils tout aussi importants que la musique ?

Oui, mais cela va au-delà du clip. Quand on a écrit Older, on n’a pas fait de clip, mais je vois de l’eau, des personnes âgées. Chaque chanson évoque, sans se forcer, une image. Les deux mondes – musique et image – sont quand même liés.

 

Vous ouvrez cela aussi à d’autres arts…

Oui, aujourd’hui, j’ai de plus en plus envie de briser les barrières entre les arts. Je m’intéresse en ce moment beaucoup à l’art contemporain et à l’art numérique, pour une collaboration. Le moment sur scène ne doit pas être juste un moment où on écoute, mais que cela soit une immersion dans quelque chose.

 

Vos chansons mais vous aussi respirez la douceur. Qu’est-ce qui vous met en colère, hors de vous ?

La douceur cache parfois une colère que je n’arrive pas à sortir sur le coup, alors j’accumule. Ce qui peut me mettre en colère, ce sont mes propres frustrations que je n’arrive pas à exprimer. D’un point de vue plus large, ce qui me frustre, c’est quand on n’arrive pas à se comprendre. Aujourd’hui, on a vite envie d’avoir une opinion car c’est plus rassurant, et on a vite envie d’appartenir à un camp, pour se sentir soutenu et soutenir sa position. C’est ce qui me fait le plus peur. J’aimerais qu’on se rapproche pour essayer de se comprendre, partout.

 

Vous n’aimez pas les camps, vous préférez être dans une forêt que dans un pays, vous n’aimez pas le concept de world music…

La world music, c’est différent. Ce qu’on comprend, c’est nous et tous les autres, c’est world. Pour les Américains, la musique française, c’est world. C’est un gros fourre-tout où l’on met tout le monde. Il y a de la folk qui vient de Chine, d’Afrique…

 

Votre site Internet pour l’album Older est superbe et très bien écrit. J’ai retenu une phrase : “On se dit enfin qu’ils aiment (Yael Naim et David Donatien, son compagnon, NDLR) de toute évidence la musique et l’époque”. Vous aimez notre époque ?

Il y a beaucoup de problèmes certes, mais il n’y a pas que du négatif, par rapport à d’autres époques. Les femmes sont plus libres, la conscience se développe un peu plus, mais on est loin d’être dans une utopie. Mais je n’aimerais pas être en 1940, par exemple.

 

Les réseaux sociaux, Facebook, qu’en pensez-vous ?

C’est un outil génial, je trouve. On peut être libre et parler à une communauté, avec des gens directement. Mais c’est aussi un danger car on ne vit pas le moment, on vit pour paraître. C’est un outil à utiliser avec sagesse comme beaucoup d’autres choses.

 

Quand vous avez enregistré “New soul”, pensiez-vous faire un hit mondial ?

Non, pas du tout. Pour moi, j’appelle cela des petites chansons. J’étais prétentieuse, je viens de la musique classique, je voulais jouer avec des philharmoniques mais à ce moment-là, cette nouvelle âme était un moment de relâchement total, presque d’abandon, j’avais vécu beaucoup de déceptions professionnelles et personnelles. Tout est simple, les textes et la musique étaient enregistrés en une heure dans l’ordinateur. Je ne m’y attendais pas du tout, mais on sentait comme si rien n’était impossible car on avait bien travaillé, dans le bon ordre et on a pris le temps de faire la musique que l’on aime. Il n’y avait pas d’attente mais tout miracle était possible.

 

Vous composez depuis l’âge de 11 ans et avez dit à la radio avoir même “plus composé que fait à manger”. C’est un moment particulier dans une journée ou composez-vous n’importe où, n’importe quand ?

J’ai un instrument, j’improvise et un morceau en sort. Je sais maintenant quand cela vient et j’appuie sur record, où que je sois, devant tout le monde, ou seule, isolée. Cela m’est déjà arrivé de composer dans l’avion, sur ordinateur, avec un casque. Mais mon moment préféré, c’est la nuit, où c’est le plus chouette pour composer.

 

Qu’avez-vous ressenti lors de votre concert à Moorea, au-delà du public ?

Déjà, la nature est dingue, c’est une grande chance de vivre dans cette nature. Après, j’étais contente de pouvoir être juste là et les gens sont particulièrement gentils, accueillants, ici. On l’a senti sur scène, c’était un beau moment.

 

Vous avez sorti l’album “Older” en 2015. Avez-vous une date de sortie du ou des prochains albums ?

Non, nous sommes en train de les créer, cela peut être rapide ou très long. J’ai envie de faire deux projets mais ne sais pas dans quel ordre. Cela peut finir entre un mariage des deux qui finissent en un album. Des chansons arrivent, d’autres partent.

 

Sans le dire, vous avez parlé d’album concept. Tout doit se tenir dans un album ?

J’ai de plus en plus envie que cela se tienne. Avant, c’était plus des périodes de vie avec des chansons qui naissent et je gardais les plus importantes pour faire un album. Cela donne une unité. J’aimerais encore plus d’homogénéité dans la production, avec moins de différences d’univers. J’aimerais choisir une contrainte et jouer avec elle. J’ai un projet que j’aimerais monter qui s’appelle “night songs”, un projet qui tourne autour de la nuit. Je ne veux pas de chansons trop différentes, qui fassent sortir du rêve. On pourra grave s’ennuyer ou partir avec moi, c’est un pari risqué, mais le risque ne me dérange pas.

Propos recueillis par Christophe Cozette

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