Yashika Nand au chevet du corail malade, rose et blanc

    dimanche 24 mai 2015

    Yashika Nand, étudiante en master à l’Université du Pacifique Sud à Fidji termine actuellement un stage au Criobe.
    Elle étudie et compare l’état des coraux de Fidji et de Moorea sur certaines zones et se penche en particulier sur deux maladies spécifiques. Si le blanchiment du corail dû à la montée de la température n’est pas irréversible, en revanche la maladie déclenchée par une bactérie qui “rosit” le corail est, elle, autrement inquiétante.

    Dans le cadre d’un partenariat entre l’Institut des récifs coralliens du Pacifique (IRCP), le centre de recherche insulaire et observatoire de l’environnement (Criobe), la société des nouveaux hôtels (SNH) et la société polynésienne de développement durable (SPDD) un appel d’offres international a été ouvert aux jeunes chercheurs étrangers ou français voulant réaliser des études sur les récifs coralliens de Polynésie française. Yashika Nand, étudiante en master sur la maladie des coraux à l’Université du Pacifique Sud à Fidji, a obtenu l’une des quatre bourses offertes en 2015.
    Yashika travaille en étroite collaboration avec le professeur David Lecchini, responsable des bourses IRCP et les docteurs Laetitia Hédoin et Véronique Berteaux, chercheurs au Criobe. Son objectif : faire un état des lieux des coraux malades à Moorea. Comme Yashika mène une étude similaire sur les coraux à Fidji, l’intérêt pour cette première phase du programme de recherche est de comparer les résultats entre ces deux espaces maritimes.

    Le séjour de Yashika en Polynésie est de deux semaines. Il a débuté le 11 mai et se terminera donc ce dimanche. Trois zones ont été inspectées par cette jeune étudiante : le récif côtier de Teavaro près de la baie de Vaiare, la baie de Papetoai et un site de Tiahura.

    “Dans mes recherches, deux maladies sont prises en compte, celle qui produit le blanchiment du corail et celle qui rend le corail rose. Les causes de ces maladies sont différentes : pour le blanchiment il s’agit du départ de certaines algues vivant au sein du corail qui les protège, en période de hausse de température de l’eau de mer. Le corail vidé de sa substance protectrice blanchit mais ne meurt pas. Après une baisse de température de l’eau, les algues colonisent à nouveau le corail, qui retrouve sa vitalité.”

    Plus graves sont les maladies qui transforment le corail et lui donnent une couleur rose : “Il est attaqué par un virus ou une bactérie qui, à terme, tue le corail.”

    Cette situation a été constatée par l’étudiante dans les eaux de Fidji. Cela permet aux chercheurs d’établir une première analyse : le corail polynésien n’est pas particulièrement malade. “Certaines zones sont plus touchées que d’autres (causes anthropique ou naturelles), d’autres ne le sont pas du tout. En ce qui concerne les zones inspectées et notamment les plus dégradées, on peut considérer que 30 % de la surface inspectée ont été atteintes par l’une des deux maladies.”
    Le rôle de Yashika est donc d’observer l’environnement touché dans la zone lagonaire de Polynésie et d’établir des comparaisons avec les zones atteintes de Fidji afin, d’une part, de faire une évaluation de l’étendue des maladies et de commencer à dégager les raisons qui provoquent ces maladies. Pour le blanchiment, l’une des causes principales est connue, pour les autres, la présence des parasites reste encore inexpliquée. Ce sera justement le sujet d’une autre étude traitée lors de sa thèse qu’elle soutiendra après son master.

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

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