Yolande Wong Lam à nouveau condamnée pour détournements de fonds

    vendredi 29 janvier 2016

    Hier, Yolande Wong Lam, déjà mise en cause dans l’affaire Sofipac, était condamnée par la cour d’appel de Papeete, avec deux autres prévenus, pour des faits présumés de détournements de fonds et d’abus de confiance.
    Principale mise en cause avec Gérald Teriierooiterai dans ce dossier, ils ont été déclarés coupables d’avoir détourné 180 millions de francs, entre juin 2000 et septembre 2003, et fait 15 victimes, principalement des agriculteurs et perliculteurs. Ils ont été condamnés à deux ans de prison, dont un avec sursis, et une mise à l’épreuve de trois ans pour elle, et à un an de prison avec sursis et une mise à l’épreuve de trois ans pour lui. Ahmade Patel, le troisième prévenu, a quant à lui été condamné par la cour d’appel à deux ans de prison, dont un avec sursis, et trois ans de mise à l’épreuve.
    Tous trois ont également écopé d’une interdiction de gérer pendant cinq ans. Des peines bien plus sévères qu’en première instance puisqu’à l’époque, les prévenus n’avaient été condamnés à aucune peine de prison, mais à de fortes peines d’amende : de 10 à 40 millions de francs, selon le degré d’implication des cinq prévenus. Avec obligation d’indemniser solidairement la quinzaine de victimes. Graziella Wong Lam et Kay Siao Yen Lan Gobrait ont quant à eux été relaxés.

    Les faits

    Dans les faits, Gérald Teriierooiterai avait dans un premier temps pour projet de créer une entreprise de téléphonie mobile. Cependant, n’arrivant pas à trouver de prêt bancaire, il aurait décidé, avec l’aide de Yolande Wong Lam, de procéder à un montage financier lui permettant d’emprunter plus que la somme nécessaire.
    Pour son projet, Gérald Teriierooiterai avait besoin de 40 millions de dollars, mais demandait un crédit de 100 millions de dollars (10,5 milliards de francs). En effet, dans ce genre de montage, l’emprunteur obtient des liquidités utilisables librement. Le reste de la somme empruntée est obligatoirement investi dans des supports spéculatifs. Pour ce faire, trois sociétés ont été créées, dont Sofipac et Euram Finance, les fonds circulant entre elles. Yolande Wong Lam aurait même inscrit, à son insu, sa fille Graziella Wong Lam comme associée d’une de ces sociétés.
    Finalement, 15 personnes ont confié 50 000 dollars (5,2 millions de francs) chacune, dans l’espoir de récupérer au bout de six mois un million de dollars (105 millions de francs).
    L’utilisation de l’ensemble des 180 millions de francs reste obscure. Yolande Wong Lam aurait retiré 140 000 dollars (14,7 millions de francs) en effectif. L’un des avocats de la partie civile a indiqué lors de sa plaidoirie : “On ne comprend rien parce que tout est fait pour ça.” Il  a ajouté par ailleurs que “si l’on écoutait tout le monde, il ne s’est rien passé ici et personne n’est responsable de rien. Il y a pourtant 15 victimes et 180 millions de francs en cause.” L’avocat général avait indiqué au moment de ses réquisitions qu’“on a amené les gens à souscrire du vent”.

    M.-C.C.

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