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Zika : une mutation à l’origine des malformations congénitales

vendredi 29 septembre 2017

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Les chercheurs expliquent comment le Zika, autrefois relativement inoffensif, est devenu une menace pour la santé publique mondiale. L’épidémie de 2013-2014 en Polynésie française avait été foudroyante. (© archives LDT)

Le Zika, principalement transmis par le moustique, est apparu il y a plusieurs décennies, mais il n’est que depuis peu à l’origine de malformations congénitales en raison d’une mutation remontant vraisemblablement à 2013, a révélé hier une étude menée par l’Académie chinoise des sciences à Pékin.

Cités par le journal Science, les chercheurs expliquent comment un virus autrefois relativement inoffensif est devenu une menace pour la santé publique mondiale. Une date qui correspond à l’épidémie foudroyante qui a frappé toute la Polynésie française en 2013 et 2014, six ans après la Micronésie.

Une seule mutation dans l’une des protéines du virus serait à l’origine des graves malformations du fœtus constatées. “Ce changement intervenu dans la couche protectrice du pathogène a rendu le virus plus susceptible de tuer les cellules cérébrales en développement chez la souris et l’homme”, explique l’Agence France Presse, qui souligne que le génome a beaucoup changé entre 2010 et 2016.

Repéré en 1947 en Ouganda sur un singe, le Zika est à l’origine d’infections humaines dans plusieurs pays africains et asiatiques à partir des années 1970. En 2015, des souches appartenant à la lignée asiatique sont apparues au Brésil, avant de s’étendre à une quarantaine de pays du continent américain.

L’épidémie survenue à Tahiti et dans les îles avec plus de 32 000 cas symptomatiques consultants estimés (donc bien moins que le nombre réel de malades) a été la première grande épidémie due au Zika dans le monde.

Selon la Direction de la santé, la très grande majorité des patients a présenté des signes cliniques mineurs, mais des formes aiguës ont été constatées pour 297 malades, relevant la fréquence de l’éruption cutanée et des douleurs articulaires. Des formes graves ont été décrites pour la première fois, en particulier des atteintes neurologiques.

Les syndromes de Guillain-Barré (SGB) ont représenté la complication la plus fréquente au fenua, comme par la suite en Amérique latine et aux Caraïbes.

La possibilité d’une transmission materno-fœtale et le risque de transmission par voies sexuelle et transfusionnelle ont également été montrés. La survenue de malformations neurologiques congénitales, issues de grossesses exposées, dont des microcéphalies, et leur association avec l’infection à Zika ont pu être décrits début 2016.

Les raisons de l’émergence du virus au fenua sont inconnues, mais des conditions favorables comme l’absence d’immunité de la population avant l’introduction du virus et la présence d’au moins deux espèces de moustiques potentiellement vectrices (Aedes aegypti et Aedes polynesiensis) étaient présentes. La souche qui a émergé en Amérique est très proche génétiquement de celle qui a circulé dans le Pacifique et principalement à Tahiti, laissant supposer une introduction au Brésil en provenance du Pacifique.

Aujourd’hui, le Zika s’est propagé dans 84 pays. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plusieurs dizaines de vaccins sont actuellement à l’étude, mais aucun ne sera disponible avant 2020.

D.G.

 

 

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