Une zone biomarine à Faratea : les professionnels sont consultés

    jeudi 8 septembre 2016

    faratea

    Trente hectares sont réservés pour Biomarine, mais les 50 hectares de la zone de Faratea pourraient être occupés si les projets le méritent. (Photo : Florent Collet)

     

    Des bassins pourraient être construits sur 30 hectares de la zone industrielle

     

    Je ne vais pas lancer un pôle biomarine si nos professionnels n’ont pas d’intérêts à y aller”. Le fiasco de Faratea aurait-il servi de leçon à Teva Rohfritch ?

    Promise à une grande destinée puis laissée à l’abandon depuis plusieurs années, la zone du sud de l’île doit faire l’objet d’une reconversion.

    Nous changeons de démarche. Le Pays ne vient pas décréter un projet. Nous construisons avec nos professionnels”, a expliqué le ministre en charge de l’Économie bleue, à l’issue d’un premier tour de table avec une quinzaine de représentants œuvrant dans l’aquaculture en Polynésie. Un nombre “signe d’un terreau favorable”, selon le ministre.

    Sur la cinquantaine d’hectares que compte la zone, une trentaine a été réservée pour ce projet Biomarine “et plus si affinités, la zone est quand même vide”.

    Le président l’a confirmé en conseil des ministres, nous allons aider des projets qui peuvent sortir de terre et créer de l’emploi. J’ai dit aux aquaculteurs que s’ils ont des projets qui prennent toute la zone, ils prendront toute la zone.” 

    Le premier avantage pour les professionnels est avant tout foncier, principale problématique pour eux, d’autant plus lorsque cela nécessite d’être en bord de mer.

    C’est sûr que nous manquons d’espace pour pouvoir nous développer un peu plus. Nous allons bientôt arriver à saturation et le marché nécessite quand même plus de crevettes et ce secteur nécessite une certaine superficie. Nous allons atteindre un plafond de 120 tonnes. C’est une activité limitée en termes de rentabilité. Donc il nous faudrait passer à une taille peut-être plus grande pour pouvoir atteindre une économie d’échelle”, explique ainsi Gérard Siu, administrateur de la société Aquapac.

     

    Mutualisation des moyens

     

    Le second atout du projet Biomarine sera la mutualisation des moyens. “Cela les a surpris dans la démarche, car jusqu’à aujourd’hui, chacun travaillait tout seul dans son coin. Mais ça veut dire que chacun investit dans une station de pompage, de traitement des eaux… Là, le Pays va venir sur une formule de lotissement aquacole et fournir les équipements communs.

    Le ministre espère aussi que cette “Silicon Valley à nous de l’aquaculture” crée une émulation, un partage des savoir-faire et des techniques et permette de faire émerger de nouveaux projets.

    Une zone devrait être laissée au projet de recherche et développement, en quelque sorte un atelier relais de l’aquaculture. Le Pays mettra ces terrains à disposition.

    Si certains veulent acheter, pourquoi pas ? Mais cela veut dire qu’ils ont aussi la responsabilité de la maintenance.

    Chacun des aquaculteurs potentiellement intéressés va désormais passer un entretien avec la direction des ressources marines pour préserver leurs petits secrets de fabrication et leurs demandes particulières par rapport au projet qu’ils souhaiteraient installer sur place.

    Ces requêtes devraient permettre de définir un cahier des charges global pour dimensionner les équipements mis en place par le Pays, comme le pompage de l’eau de mer ou le traitement des eaux usées, et mettre aussi en commun toute la partie réseau afin de diminuer les coûts de l’électricité qui représentent près de 30 % des charges des aquaculteurs.

    Une consultation qui aura lieu lors des deux prochains mois. Le ministère espère ainsi proposer un cahier des charges d’ici la fin de l’année pour lancer l’appel à projets début 2017 pour que “les projets prêts à démarrer avec des professionnels aguerris polynésiens puissent se lancer”, ambitionne Teva Rohfritsch, qui pense que les aquaculteurs ont été séduits par ce projet.

    De prime abord, on sent un peu une surprise car ils n’ont pas l’habitude de travailler comme cela, que le Pays leur demande de définir ensemble le champ. Mais c’est aussi le changement de gouvernance que souhaite le Pays, construire avec eux. Mais après, j’ai quand même vu des yeux briller et je crois qu’un certain nombre ira rapidement voir la direction des ressources marines pour présenter son projet.

    Parmi les aquaculteurs présents hier, on notait des producteurs ou des porteurs de projet dans les domaines du poisson, des crevettes, des algues, des bénitiers, ou encore de centres d’écloserie ou de grossissement.

    Et si l’on réussit ce projet, pourquoi ne pas mobiliser d’autres fonciers du Pays”, promet Teva Rohfritsch.

     

    F.C.

     

        Retrouvez dans notre édition du jour :       

    • Interview : Gérard Siu, administrateur d’Aquapac et président du Cluster maritime  

     

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