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Zoom sur Are Raimbault, un jeune réalisateur polynésien qui trace son chemin

jeudi 9 février 2017

are raimbault

(© Vaiana Hargous)


C’est un petit événement dans le grand. Un jeune réalisateur polynésien a fait son entrée au Fifo par la petite porte de la catégorie Écrans océaniens. Are Raimbault, 26 ans, a vu son premier moyen-métrage documentaire, Putahi Kotahitanga (lire ci-dessus), être projeté hier soir à la Maison de la culture. L’occasion pour nous d’en apprendre un peu plus sur ce film éligible au vote du public et sur son réalisateur.

D’où est venue l’idée de ce documentaire ?
À la base, l’idée de ce documentaire vient de Viri Taimana et Tokainiua Devatine, du centre des métiers d’art, qui sont les cofondateurs de cet événement, le Putahi, qu’ils ont créé avec Don Ratana, un artiste maori qui est enseignant à la faculté d’éducation de l’Université de Waikato, à Hamilton (en Nouvelle-Zélande, NDLR). Cet événement se déroule à peu près tous les deux ans, un coup en Nouvelle-Zélande, un coup en Polynésie, et a pour objectif d’inviter différents artistes de toute l’Océanie.
On peut y retrouver des artistes de Hawaii, Tonga, Polynésie, Nouvelle-Zélande, Fidji et Nouvelle-Calédonie, et tout ça dans l’objectif de créer une circulation d’artistes en Océanie.

Tous travaillent ensemble pendant deux semaines, ils vivent en communauté, s’influencent les uns les autres dans leur travail et, à la fin des deux semaines, ils exposent leurs travaux.

En 2012, l’équipe du Putahi a réalisé un livre pour laisser une trace pérenne de ce rassemblement d’artistes, et en 2016, Viri voulait changer un peu le format de cette trace, c’est pour cela qu’ils m’ont demandé de les accompagner en Nouvelle-Zélande pour tourner ce documentaire. Le tournage a duré deux semaines, en janvier 2016, et le montage a pris trois mois, d’août à octobre. J’avais déjà travaillé pour l’association des élèves du centre des métiers d’art (CMA) en 2014. J’avais réalisé un mini-documentaire sur la réalisation des trophées du Fifo, puisque ce sont les élèves du CMA qui réalisent les trophées du festival chaque année. Ce mini-documentaire a été projeté le soir de la cérémonie de remise des prix et l’équipe du CMA a beaucoup apprécié mon travail, je pense que c’est pour ça qu’ils m’ont rappelé pour ce projet d’envergure.

Il semble que ce documentaire n’a pas uniquement retenu l’attention du Fifo…
Oui, nous avons été sélectionnés au Festival Rochefort Pacifique, qui est un grand rassemblement de cinéma et de littérature d’Océanie en métropole, et on a également été sélectionnés au Festival de l’histoire de l’art de Fontainebleau, toujours en métropole. On a été sélectionnés par un jury de scientifiques et d’artistes, donc on est extrêmement heureux de ça. Et puis, pour l’instant, on a été sélectionnés aussi au Nuku’alofa Film Festival, qui est le festival du film de Tonga. On a d’autres festivals dont on attend la réponse, puisque là on travaille dur à exporter notre documentaire. Mais je suis aux anges, plein de gratitude, honoré d’être au Fifo et d’avoir travaillé sur ce documentaire. En plus, je suis le seul Polynésien dans la sélection en tant que réalisateur !

Parlez-nous un peu de vous, comment en êtes-vous venu à la réalisation ?
J’ai été piqué par le cinéma quand j’étais en classe de 1re. Au lycée, comme beaucoup d’adolescents, je ne savais pas trop ce que je voulais faire et puis j’ai vu le film Contact, de Robert Zemeckis, avec Jodie Foster. J’ai été complètement transporté par ce film et je me suis dit : c’est ça que je veux faire dans ma vie. Je veux permettre aux gens de s’évader de leur quotidien pendant une ou deux heures et leur faire du bien, tout simplement.
Du coup, tout de suite après le lycée, je suis allé étudier la réalisation cinématographique à l’Université de Montréal, au Canada. J’y suis resté trois ans et, après avoir obtenu mon diplôme de majeur en cinématographie en 2011 je suis revenu en Polynésie et j’ai ouvert ma patente de réalisateur. Depuis cinq ans, j’ai travaillé en tant que réalisateur de vidéos pour différentes entreprises en Polynésie. J’ai fait des vidéos institutionnelles, des vidéos de sécurité, des vidéos promotionnelles, de la publicité pour Internet et puis j’ai également été cadreur de plateau à Polynésie 1ère et monteur du programme de télé de TNTV. J’ai beaucoup travaillé et, petit à petit, mes projets ont pris de l’ampleur jusqu’au documentaire Putahi Kotahitanga, qui est mon projet qui a le plus d’envergure aujourd’hui. J’ai également gagné un festival de court-métrage en 2011, qui s’appelait le Tahiti Nui Ananahi et qui se tenait à l’assemblée. C’était juste après mes études, c’était un documentaire engagé sur l’environnement qui s’appelait To ‘oe fenua, te ‘oe natura.

 

Avez-vous d’autres projets en cours ?
Je suis en train de terminer un autre documentaire, toujours sur l’art océanien, mais cette fois-ci focalisé un peu plus sur les arts kanak et polynésien, puisque j’ai suivi la visite des trois femmes peintres kanak les plus connues, qui sont Denise Tiavouane, Paula Boi Gony et Micheline Néporon, qui étaient en résidence pendant une semaine au centre des métiers d’art en octobre dernier. Ce documentaire, qui est une commande du CMA et de la délégation à la famille et à la condition féminine, est sur le point de se terminer, et après ça, je pense que je me concentrerai un peu plus sur des projets de fiction.

 

Propos recueillis par V.H.

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